RÉPONSE DU PRÉFET DE LOIR-ET-CHER
Archives nationales, ibid.
^ Blois, le 22 octobre 1810.
. JLo Préfet du département de Loir-et-Cher à S. Exe. le Mi^
nistre de la Police :
Monseigneur, j'ai l'honneur de vous adresser, en réponse à ixxtro lettre du 19 de ce mois, les éprouves que m'a remuai M™« de Staël de son ouvrage sur l'Allemagne.
M™« de Staël m'a dit, en effet, qu'elle me remettait toutes les épreuves qu'elle avait; mais elle ne s'est peut-ôtre pas piquée de me dire la vérité. Ce qui me donne lieu de le croire, c'est que j'ai appris, il y a quelques jours, qu'une personne de ce
lêlO DOCUMENTS RELATIFS A MADAME DE STAËL 369
pays-ci, étant allée faire une visite au château do Fossé S pondant que M""* de Staël y était, vit dans Tappartement de la personne qu'elle allait voir un volume broché de Touvrage de cette dame. Étaiont-ce des épreuves qui, étant définitivement corrigées, avaient été mises en volume? C'est ce que j'ignore; mais je ne puis douter de la vérité de ce que je vous annonce, et ce volume ne m'ayant pas été remis, je dois croire qu'il existe d'autres épreuves que celles que m'a fait donner M"« de Staël.
Je vous prie d'agréer, etc. Corbigny.
Note du Ministre : t C'est sans doute le troisième volume qui reste entre les mains de M«« de Staël. Il faut maintenant écrire au Préfet de Genève qu'il enjoigne â cette dame de lui faire remettre ce volume, et sur tous les points que j'ai indiqués précédemment.
« A-t-elle conservé ou envoyé à l'étranger quelque livre ? A qui ? •
BULLETIN DE POLICE RELATIF A UN ARTICLE DE LA GAZETTE DE LAUSANNE SUR LA SUPPRESSION DE L' ALLEMAGNE.
Archives nationales, A¥^ 1511.
Bulletin du 25 octobre 1810.
On signale la Gazette de Lausanne^ t qui se perd en conjectures sur la suppression de V Allemagne par la haute police, alors que l'ouvrage avait été approuvé par la Censure », et qui déplore l'exil de M»« de Staël. Le journal dit qu'elle s'est embarquée au Havre pour l'Amérique. « M"« de Staël, ajoute le Bulletin, aime trop le bruit pour que l'on ignore en Suisse la route qu'elle a prise. »
1. J'allai m'établir dans un terre appelée Poi$é,q\x*\in ami généreux (M. de Salaberry) me prêta. (Dix années d'exil^ p. 137.)
LETTRE DU UINISTRE DE LA POLICE AU PRÉFET DU LÉIfAN
RÉCLAMANT DBS EXEMPLAIRES, LE BCANUSCRIT