‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 205 sur 220 · LBTTRE DU MINISTRE DE LA POUCE RÉCLAMANT · texte numérisé non relu

LBTTRE DU MINISTRE DE LA POUCE RÉCLAMANT

AU COMTE i*ORTALIS LES DERNIERS

EXEMPLAIRES DE L'aLLEMAGNB.

Archives nationales, F^ 6331.

Le 27 octobre 1810.

A M. le Conseiller d*État Portails, Directeur général de Timprimerie et de la librairie :

Monsieur le comte, par ma lettre du il de ce mois, je vous ai prié de vouloir bien me faire le renvoi de Tcxem plaire complet de l'ouvrage de M"« de Staël qui vous avait été remis par le. sieur Marne. Depuis, j'ai su par la déclaration du même imprimeur qu'il en avait été donné un volume â M. Pages, chef des bureaux de votre département. Je vous serai obligé ùq vouloir bien vous faire remettre ce volume et de me renvoyer avec les trois autres que je vous ai précédemment demandés*

J'ai retiré et fait détruire absolument tous les autres exemplaires qui existaient. J'ai cru devoir y apporter d'autant plus d'attention que j'ai été informé qu'il en avait été fait des lectures de divers chapitres dans quelques maisons, et qu'il importait que cet ouvrage ne fût point ainsi colporté dans les sociétés.

LETTRE DU PRÉFET DU LÉMAN AU MINISTRE DE LA POUCE SUR LES MESURES PRISES VIS-A-VIS DE MADAME DE STAËL.

Archives nationales, ibid. . ..

Genève, 27 octobre 1810.

Monseigneur,, par la lettre que j'ai ou l'honneur d'adress^&rr hier â Votrb Excellence^ je lui ai rendu ;^comp(Q de ce qu^

j'avais fait pour Texécutioa de ce qui m'avait été proscrit relativement à M*« de Staël et à ses enfants. Je crois, Moosei* gneur, devoir ajouter que depuis ma lettre écrite, M»« de Staël est venue de Goppet à Genève, et elle s'est présentée devant moi pour recevoir directement les ordres et communications que Votre Excellence m'a chargé de lui transmettre et que je lui avais fait connaître dès la veille par son fils aîné. Je lui ai répété qu'il lui était défendu de rentrer en France sans une autorisation expresse; et sur la demande qu'elle m'a faite âl'eliet de savoir si Genève et ce département étaient compris dans cette prohibition, je Ihi al répondu que j'attendais à cet égard les explications que Votre Excellence voudrait bien me donner.

Quoique je ne lui aie point parlé de son ouvrage sur l'Allemagne, elle est entrée dans quelques détails sur cet objet et sur les obstacles que le gouvernement avait cru devoir mettre À sa publication. Elle m'a déclaré à ce propos non seulement qu'cllen'essayeraitpas de le faire imprimerhors de France, mais qu'elle était résolue à tout faire pour empêcher qu'il ne le fdt.

Il m'a paru, Monseigneur, qu'elle désirait que cette déclaration de ses intentions filt connue do Votre Excellence et je lui ai p(x)mis de vous en rendre compte. Elle est retournée sur le champ à Goppet, api'ès avoir passé en viron.une heure à Genève.

Je suis. Monseigneur, etc. Le Préfet du Léman, fiarantc.

BULLETIN DE POLICE RELATIF A UN ARTICLE DE LA NOUVELLE GAZETTE DE HAMBOURG SUR l'aLLEMAGNE.

Archives nationales, X¥^ 1511.

Bulletin des journaux étrangers. — Bulletin des 1«' et 2 novembre 1810.

Nouvelle Gazette de Hambourg (de la rive gauche du Rhin, 17 octobre) :

c M»* de Staèl s'occupait, depuis près de huit ans, d'un ourrage littérairo sur la France et l'Allemagne. Ce livre allait paraître; Il avait été approuvé par trois censeurs, loraque tout

1810 DOCUMENTS RELATIFS A MADAME DE STAËL 37a

à coup il a été enlevé par la Police et confisqué par ordi*e du gouvernement. On dit que le Préfet de Blois a lui-mâme retiré le manuscrit et les feuilles imprimées. Aucun exemplaire ne verra le jour. On évalue la perte de Téditeur à 50.000 francs, »

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