‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 21 sur 220 · Mémoires de Rovigo, t. V · texte numérisé non relu

Mémoires de Rovigo, t. V

2. Ësméaard fut présenté, après son électioQ, à TEmpereur, en même temps que Lemercier. Napoléon reçut aimablement Lemercier; mais les seules paroles qu'il adressa à l'autre académicien furent

Pour reconnaître tant de bienfaits, Esménard s'acquitta en censeur consciencieux de son métier. Rien ne lui écliappa : ni livres, ni pièces, ni journaux. Un rapport du 5 janvier 1811 témoigne assez de son zèle : « Je fais noter, dit-il, les inconvenances que renferment les journaux des départements et qui, presque toutes, sont ordonnées par l'autorité locale. Chaque mois, j'en présenterai le tableau à Son Excellence * . » La fortune d' Esménard devait être brusquement interrompue. Une satire de lui, publiée dans le Journal de l'Empire contre un agent diplomatique du czar, fut la cause de sa disgrâce. On l'exila en Italie. A la suite d'un accident de voiture près de Fondi, Esménard mourut le 25 juin 1811, à la grande joie des écrivains et des auteurs dramatiques, qui ne lui avaient point pardonné ses rigueurs.

Son collègue, Charles-Joseph Lacretelle,plus connu sous le nom de Lacretelle jeune, avait débuté, dès l'origine de la Révolution, dans les Débats en qualité de rédacteur parlementaire. Après le 9 thermidor, il collabora au Précurseur^ et fut plus taixi désigné aux coups du Directoire comme suspect de royalisme. Détenu successivement pendant vingt mois au Temple et à la Force, ce fut à Fouché qu'il dut enfin sa liberté. Le Premier Consul le distingua pour son Précis historique de la Révolution française^ et le fit entrer dans le bureau de la presse. Lacretelle jeune dirigea alors le Publiciste. Cet emploi était pour lui une ressource indispensable, et nous avons lu une lettre de Lacretelle, datée de juin 1806, où il priait ce journal de lui avancer six cents francs sur les deux douzièmes qui revenaient au Gouvernement *. Mais, en 1810, le Publiciste ayant été réuni à la

celles-ci : • £h bien, Esménard, avez- vous toujours votre place à la police? »

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