Archives nationales
de Paris. Tout lui fut bon pour arriver à ce but . les menaces, les calomnies, les violences. Il alla jusqu'à faire accuser Geoffroy de complicité avec Cadoudal. Cette conspiration contre les Débals devait alioulir au triomphe de la Censure.
Dans sa note à l'Empereur, Fouché avait omis le PubKciste^ et cependant il n'avait pu oublier la réponse de l'académicien Suard, éditeur de ce journal, à la lettre où il le priait de rectifler l'opinion qui s'égarait sur le jugement et la mort du duc d'Enghien : t J'ai soixante ans, monsieur le ministre, disait Suard. Je ne sens pas que ma conscience et mon esprit se soient plus assouplis que mes membres roidis par l'âge. Le jugement et la mort du duc d'Enghien m'ont frappé comme un acte politique que je déplore et qui renverse toutes mes idées de justice et d'humanité. Je ne puis donc redresser une opinion que je partage. » Une telle franchise, une telle indépendance étaient choses rares. Il est vrai que le Publiciste paya plus tard, par mille vexations, l'action courageuse de Suard *.
Fouché se servait aussi de toutes les occasions pour arriver à se venger deGeoffroy et de son journal. Napoléon, circonvenu par lui, écrivit de Luxembourg, le 9 octobre 1804, qu'il voyait avec peine des journaux comme les Débats et le Mercure parler contre les philosophes et les attaquer en masse ^ Il désirait que ces feuilles évitassent tout ce qui pourrait réveiller des haines et des partis, qui avaient tous également contribué à troubler la tranquillité publique. « Cet avertissement, disait-il, doit principalement être donné au Mercurey qui paraît écrit avec plus de virulence et de fiel que n'en ont mis dans leurs écrits Marat et autres