Correspondance de Napoléon, tome X
les couleurs les plus fausses les Débats, ce qui explique pourquoi Napoléon ne cessait de se çlaindre de ce journal. Le terme qu'il aimait à employer dans ses emportements au sujet des Débais comme des autres journaux, c'était « la bêtise ». On rencontre sans cesse, sous sa plume fiévreuse, cette exclamation: « Ils sont par trop bêtes!... Ils ne disent plus que des bêtises!... Ce n'est que de la malveillance ou de l'extrême bêtise!... » Ce n'est pas précisément par ce défaut que péchait la rédaction des Débais, et l'on ne doit voir dans ce reproche de l'Empereur qu'une boutade. Plus irrité que jamais contre ;ce journal, par suite des dénonciations incessantes de Fouché, Napoléon donna l'ordre au ministre de la police, le 20 mai 1805, d'imposer un censeur aux Débais et défaire connaître cette mesure aux autres journaux. « Prévenez-les, dit-il, que s'ils s'avisent de débiter des nouvelles par trop bêtes et dans de mauvaises intentions, j'en ferai autant de leurs fouilles *. » La Nouvelle Presse libre de Vienne a publi-é, en juillet 1881, une lettre inédite de l'Empereur à Foucho, datée de Milan le 22 mai 1805. tf Au premier mauvais article, écrit Napoléon, je supprime ce journal (les Débats). » Le Souverain faisait dans cette même lettre l'éloge inattendu de la Gazette de Finance, qu'il appelait une feuille animée d'un esprit vraiment national, a De plus, le titre heureusement choisi, observait-il, justifie son existence. Elle ne réveille pas un seul mauvais souvenir de la Révolution. Soutenez cette feuille de toutes vos forces, en lui faisant parvenir toutes les nouvelles qui arriveront à votre connaissance. » Le litre des Débats, au contraire, lui paraissait dangereux, parce qu'il rappelait ces mômes souvenirs de la Révolution. Il proposait à sa place le titre de Journal de VEmpire, lequel fut adopté et maintenu jusqu'en 1814, pour reparaître aux Cent Jours. Exa-