Correspondance de Napoléon, tome X
minant les différents titres des journaux, dans une autre lettre du 1" juin, l'Empereur écrivait : « La Gazette de France est le véritable mot. Le titre du Journal de Paris est aussi convenable ; le titre de Bulletin de VEurope n'est pas mauvais aussi; celui de Courrier français aussi, car je ne suis point de l'avis de n'avoir qu'un journal *. » Puis, résumant son opinion sur la presse, il disait à Fouché : « On ne peut pas dire aujourd'hui qu'ils soient malveillants, mais ils sont par trop bétes. » La bêtise, c'était d'écrire sans but et de ne montrer aucun zèle pour le gouvernement. Les journaux officieux étaient les seuls, aux yeux de Napoléon, qui fussent intelligents et raisonnables. Et cependant Fiévée, consulté à cet égard, avait osé lui répondre : « Ma conviction m'a toujours fait regarder comme une maladresse et, selon les temps, comme un malheur, les journaux soldés avec la prétention de former l'esprit public. La direction d'un journal officiel suffit à un bon gouvernement ; le reste doit être abandonné à une surveillance sans tracasserie, s'il est possible *. »
Pour le journal officiel. Napoléon, suivant Fouché, n'attachait d'importance politique qu'au Moniteur, « croyant en avoir fait la force et l'âme de son gouvernement, ainsi que son intermédiaire avec l'opinion publique du dedans et du dehors ». Quant aux journaux officieux, ne partageant pas l'avis de Fiévée, il les soutenait de son autorité comme de sa bourse. Enfin, sur le troisième chef, « la surveillance sans tracasserie », il déclarait qu'il voulait une organisation de la presse sans employer la Censure, car il ne désirait pas être responsable de tout ce que les journaux pourraient dire. C'était au moment même où les Débats étaient soumis au bon vouloir d'un censeur.
Le zèle des journaux pour le gouvernement n'était pas