‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 38 sur 220 · Correspondance de Fiévée, note · texte numérisé non relu

Correspondance de Fiévée, note

suflasant pour PEmpereur : il exigeait encore qu'ils par^ tageassent sa haine contre rAngleterre, ses modes, ses usages, sa littérature, sa constitution. « GeofFroi n'est recommandable que sous ce point de vue, disait-il, et c'est le grand mal que nous a fait Voltaire de tant nous prêcher l'anglomanie *. » Pour une seule fois, le critique littéraire des Débats, qui s'était acharné sur Voltaire et les philosophes, avait raison. D'ailleurs les philosophes n^avaient-ils pas le Journal de Paris pour se défendre?... On voit, par ces diverses déclarations, que la pensée fixe de Napoléon était de faire tout aboutir à sa politique intérieure ou extérieure, d'employer les journaux, comme les ressources du pays, à sa fortune, de ne leur permettre d'insérer que des •nouvelles favorables à ses desseins et même de leur donner des titres à sa guise. « Voulant parler tout seul, dit Paul- Louis Courier, il imposa silence à nous premièrement, puis à l'Europe entière et le monde se tut ; personne ne souffla, homme ne s'en plaignit; ayant cela de commode qu'avec lui du moins on savait à quoi s'en tenir... • Cela était exact, et si quelqu'un avait l'audace de sortir du rang, il recevait immédiatement un avertissement sévère. C'est ce qui arriva au rédacteur en chef du Publiciste^ Suard, qui avait exprimé une appréciation peu flatteuse pour la nation italienne, dans le numéro du 9 juillet 1805. « Comment n'avez-vous pas senti, lui écrit, par ordre, Lagarde, chef de la division de la liberté de la presse, que la publicité donnée à des outrages de ce genre contre la nation italienne ne pouvait qu'être très désagréable à Sa Majesté, au moment même où elle vient de monter sur le trône d'Italie? Avez-vous pu penser qu'elle serait très flattée d'apprendre par le Publiciste que les nouveaux sujets qui l'entourent de tant d'hommages étaient un ramas

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