Correspondance de Napoléon» t. X
d'ignorants et de fainéants?... » En outre, Lagarde engageait vertement Suard à se défendre d'une sorte d'enthousiasme pour l'Angleterre et la Russie, enthousiasme qui lui avait déjà été reproché *.
Après les avertissements, les mesures rigoureuses. Ce fut du camp de Boulogne, le 7 août 1805, que l'Empereur mit l'embargo sur le revenu des journaux. Il préleva trois douzièmes sur les bénéfices des Débats, douzièmes qui devaient être versés tous les ans au ministère de la police, et il écrivit à Fouché : « Vous généraliserez à l'égard de tous les autres journaux la retenue de deux douzièmes ou trois douzièmes, selon l'importance des profits, pour être appliqués à des pensions qui seront accordées aux gens de lettres *». Cet ordre donnait à Fouché l'occasion de se venger de* Suard. Il la saisit avec joie : Lacretelle aîné fut nommé rédacteur en chef du Publiciste et quatre douzièmes furent prélevés sur les bénéfices du journal, deux pour le gouverment et deux pour le traitement de Lacretelle. Du revenu à la saisie de la propriété, il n'y avait plus qu'un pas. Il fut franchi bientôt, ainsi que nous le verrons.
En attendant la période de la confiscation, la police continuait à surveiller la presse avec la plus grande sévérité et à empêcher surtout la création de nouvelles feuilles. Le sieur Lequatre, imprimeur à Montargis, avait demandé l'autorisation de publier un journal intitulé « Journal de