‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 40 sur 220 · Voir Hatin, t. VII, Hlstoim de la presse · texte numérisé non relu

Voir Hatin, t. VII, Hlstoim de la presse

2. Correspondance de Napoléon, tome XL — Cette mesure était empruntée à l'ancien régime. Dans un remarquable travail de M. F. Brunetière sur la Direction de la librairie sous M. de Malesherbes, nous lisons ce passage : « Une lettre de l'abbé Trublet informe poliment Malesherbes que, s'il veut que l'abbé se charge d'être le censeur des feuilles de Fréron, il faut qu'on lui promette la survivance ou l'expectative de la pension dont jouit Fontenelle, en qualité de censeur précisément. Ces pensions, par un procédé des plus ingénieux, paraîtraient avoir été généralement imputées sur les bénéfices des journaux d'alors, le Mercure de France ou l'Année littéraire de Fréron. » (Revue des Dsux Mondes, n« du 1" février 1882.)

l'arrondissement de Montargis », consacré aux annonces des ventes, locations, hypothèques, etc. Le rapport du bureau de consultation pour la liberté de la presse, adressé au ministre le G août 1805, s'exprime en ces termes : « Certainement on ne peut en promettre un usage plus innocent. Mais il existe déjà un journal du Loiret qui doit remplir l'objet en question. La multiplicité de ces feuilles ne présente d'ailleurs aucun avantage. Le bon esprit préside rarement à leur rédaction, et si la vigilance de la police leur impose la loi des premières convenances, souvent leur excessive platitude en blesse d'autres qui ne seraient pas moins à respecter. Je propose à Votre Excellence de refuser l'autorisation '. » Il va sans dire qu'elle fut refusée. A quel état de servitude n'avait-on pas réduit la presse, pour que des policiers osassent en parler avec un tel mépris?

La lutte continuait plus ardente que jamais entre Fouché et le Journal des Débats devenu Journal de VEmpire. » On mit hors de ma tutelle, dit le ministre de la police, le Journal des Débats, qui eut pour censeur et directeur un de mes ennemis personnels (Fiévée). On crut me donner une fiche de consolation en me laissant arracher le Mercure à la coterie qui Pexploitait au profit de la contre-révolution. Mais le système de me ravir les journaux n'en prévalut pas moins dans le cabinet, et je fus bientôt réduit au Publiciste et à la Décade philosophique *. » Fouché accusait Fiévée d'être vendu aux Anglais pour avoir reproduit des renseignements erronés venus de l'étranger, et Fiévée accusait Fouché d'augmenter ses attributions en exerçant illégalement la censure. L'Empereur leur infligea à tous

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