‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 44 sur 220 · Mémoires d'outre' tombe, t. V · texte numérisé non relu

Mémoires d'outre' tombe, t. V

dépréciait les productions du siècle. Ce rédacteur « perdait la carte >. Il abandonnait son journal à la direction que voulaient lui imprimer les ennemis du gouvernement. Tant de motifs décidèrent la perte de Fiévée. Etienne fut mis à sa place, mais Fiévée parti, il n'y avait plus de Journal des Débats.

En même temps que les journaux de Paris, ceux des dé« partements étaient Tobjet d'une surveillance attentive. Le conseiller d'Etat Real, chargé au ministère de la police des affaires départementales, avait adressé au nom du mi* nistre, le 2 mars 1807, une circulaire à tous les préfets, conçue en ces termes : « Son Excellence, Monsieur, désire connaître le nombre des journaux, papiers-nouvelles ou petites affiches qui s'impriment dans votre département avec les noms des éditeurs et imprimeurs. II sera nécessaire de joindre à l'état que je vous prie de m'adresser» dans la quinzaine, vos observations sur l'utilité de ces différentes feuilles et de me faire connaître le nombre des abonnés de chacune d'elles *. » Nous avons dépouillé cette enquête et nous y avons appris qu'en 1807 aucun journal ne paraissait dans le Cher, les Gôtes^u-Nord, l'Eure, l'Oise, Sambre-et-Meuse et le Luxembourg. Il résulte des renseignements fournis par les préfets que la plupart des journaux de province n'étaient que des feuilles d'annonces locales et se bornaient à reproduire les articles du Moniteur. La presse départementale n'existait pour ainsi dire pas. Le journal parisien le plus recherché à cette époque dans les cafés et lieux publics était le Publiciste. Deux rapports de préfets méritent, entre autres, dans cette enquête, d'être signalés. Le premier est du préfet de l'Allier et daté du 12 mars 1807: «J'ai pris des arrangements, répond-il à M. Real, avec l'imprimeur de la' préfecture, qui continue à

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