Archives nationales, F
article quelconque relatif à la politique, excepté seulement ceux qu'ils pourront copier dans le Moniteur, » La circulaire ajoutait qu'il fallait punir sévèrement ceux qui s'écarteraient de cet ordre et supprimer les journaux qui voudraient faire acte d'indépendance. De plus, deux douzièmes étaient réclamés à la presse de province qui n'avait pas, comme les journaux de Paris, à entretenir des correspondants à l'étranger. Enfin,' un état exact du produit de chaque journal départemental devait être présenté annuellement aux préfets ^
Quand Fouché parle de la presse, il joue habituellement au libéral. Il cherche à faire croire que, dans de nombreuses circonstances, il a adouci les mesures ordonnées par l'Empereur et il rejette sur son maître la rigueur dont il s'est servi contre les journaux. Or, la circulaire que nous venons de reproduire, est sienne. Elle est son œuvre propre étoile le juge. Ne va-t-il pas jusqu'à y déclarer qu'il fera examiner par la police les journaux de départements et qu'il supprimera tous ceux qui n'obéiront pas à ses prescriptions. Nous sommes loin de la tolérance dont il aime à se vanter. Réduire la presse de province au rôle d'écho du Moniteur, lui prendre sans vergogne ses quelques écus, c'était vouloir la tuer ou tout au moins l'annihiler. Avec de telles mesures, le but fut facilement atteint. Le nombre des journaux de départements était, en 1807, de cent soixante dix. Neuf journaux seulement furent exemptés déverser les deux douzièmes, en vertu de décisions gracieuses du ministre. Le produit des douzièmes, prélevé de 1807 à 1809, donna la somme de deux mille sept cent quatre-vingt-onze francs et soixante-deux centimes, sur lesquels treize cent soixante et un francs et quelques centimes furent versés dans la caisse du ministère. Ainsi, c'était pour cette misé-