I. Correspondance de Napoléon, t. XV
contre les libertés de TÉglise gallicane. « Je vous prie, disait TEmpereur à Fouché, de bien veiller à ce que ces ridicules discours ecclésiastiques finissent dans les journaux. On ne doit s'occuper de l'Église que dans les sermons '. » Il chargeait en outre le ministre de la police d'examiner tous les journaux qui traitaient ce sujet et de lui en faire un rapport.
Le Publiciste avait étourdiment nommé le comte de Lille, c'est-à-dire Louis XVIIL « Faites connaître au rédacteur de ce journal, écrit Napoléon à Fouché, le 16 octobre, que la première fois qu'il parlera de cet individu, je lui ôterai la direction du journal ; que je désire qu'il soit porté la plus grande attention sur cet objet *. "» Le Publiciste se tint coi pendant six mois ; mais, le 24 mars 1808, il attira sur sa tête un nouvel orage et Fouché lui-même en essuya une partie. » La négligence que vous portez dans la surveillance des journaux, lui manda l'Empereur, me force à supprimer le Publiciste. Cela fera des malheureux et vous en serez la cause. Ayant nommé un rédacteur (M. Jouy), c'est à vous à le diriger. Vous. enverrez copie de mon décret aux autres journaux, et vous leur ferez connaître que j'ai supprimé ce journal, parce qu'il montrait des sentiments anglais, qu'il peignait les soldats français comme des monstres et faisait sa cour aux Suisses, en montrant la nation la plus douce et la plus humaine comme une nation de tigres \ » Le Publiciste allait donc disparaître, quand tout à coup Napoléon se ravise et écrit en post-scriptum de cette même lettre : « Cependant je préfère destituer seulement le rédacteur ; présentez -m'en un autre. » Le Journal de l'Empire et la Gazette de France sont avertis en même temps que, s'ils ne veulent pas être