‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 57 sur 220 · I. Archives nationales, F · texte numérisé non relu

I. Archives nationales, F

un peu dissimulée dans réblouissement de la gloire militaire. C'est celte gloire, ce sont ces triomphes que Sauvo, Etienne, Jay et Tissot, les rédacteurs en chef des journaux conservés, sont chargés de préconiser chaque jour, avec mission « de distraire l'opinion ». Le bureau d'où sortent ces articles s'appelle le bureau de Vesprit public. Il dépend du ministère de la police générale : à ce bureau est attaché une commission d'examen des pièces de théâtre, composée c^e Lemontey, Lacretelle jeune et d'Avrigny. Telle est l'organisation de la Censure à cette époque.-

Malgré l'interdiction formelle de fonder un journal nouveau, exception fut faite en faveur des Annales d'éducation, M. Guizot et M"* Pauline de Meulan (qu'il épousa en 1812), tous deux anciens rédacteurs du Publiciste, ayant remarqué qu'il n'existait aucun ouvrage propre à diriger les familles dans l'éducation de leurs enfants, demandèrent au duc de Rovigo, au mois de février 1811, l'autorisation de publier un journal mensuel destiné à remplir ce but. Le ministre consulta Esménard qui répondit : a M. Guizot est un jeune homme d'un excellent esprit et d'une littérature très étendue. M"« de Meulan, qui appartient à une famille distinguée *, a été réduite par la Révolution à écrire dans les journaux et a fait l'usage le plus honorable de son talent, qui lui sert à soutenir toute sa famille. L'un et l'autre écriront dans les vues du gouvernement et sont très en état de composer un journal vraiment utile. La protection éclairée que Votre Excellence accorde aux écrivains fidèles à la dynastie impériale et à la morale publique ne peut être mieux placée *. » Le 16 février, le duc de Rovigo autorisa l'établissement du

1. EHe était fiUe d'un receveur général de la généralité de Paris. Elle perdit son père et sa fortune au début de la Révolution et se chargea de soutenir, avec son talent d'écrivain» sa mère, son firère et ses trois sœurs.

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