Archives nationales, P
journal mensuel ayant pour titre : Annales de Véducation^ dans les conditions et sous les restrictions indiquées par Esménard. N'est-il pas curieux de voir le censeur impérial se faisant fort du dévouement et de la fidélité de M. Guizot au gouvernement de Napoléon * ?
Le dévouement d'Esménard était plus ardent, comme on va le voir. Le Mercure de la Roër avait inséré un article intitulé Dialogue sur le bon vieux temps, lequel mécontenta la police. Le ministre, poussé par Esménard, écrivit au préfet de la Roër, le 21 mars 1811: « Les journaux des départements doivent se borner à publier des annonces d'utilité locale oU des extraits des journaux de Paris qui sont placés sous une surveillance continuelle; mais puisqu'ils veulent imprimer des articles originaux sous leur propre responsabilité, il convient de les prévenir que la première fois que ces articles donneront lieu à quelques reproches, comme il arrive aujourd'hui au Mercure de la Roër, la feuille qui contiendra ces articles sera supprimée sans retour. Recevez, » etc. Cette lettre sévère avait, en effet, été inspirée par le bulletin de censure d'Esménard, chargé de l'examen de cet article. Le bulletin daté du
14 mars 1811 était ainsi conçu : « 11 y a longtemps que j'ai dit à Son Excellence qu'on ne viendrait à bout des feuilles de départements qu'en les réduisant à ne renfermer que des annonces. Les journaux de Paris y gagneraient des abonnés, le gouvernement de plus fortes contributions, et le ministère ne serait pas obligé de faire des reproches inutiles et tous les jours renaissants à MM. les préfets, qui sont ordinairement les premiers auteurs des inconvenances et choses déplacées qu'on imprime dans les journaux de leurs départements *. »