Archives nationales, F
Jusqu'aux préfets qui étaient devenus suspects! Tant il est dans la nature de la police de se défier de tout le monde. Et c'était à cette administration soupçonneuse, étroite et tracassière qu'on avait abandonné le gouvernement de la presse!... Le préfet de la Dyle recevait Tordre, le 19 avril de la même année, de signifier aux rédacteurs du journal V Oracle de ne publier, en fait de nouvelles politiques, que les nouvelles du Moniteur, et d'être plus circonspects à l'avenir «. On ne supportait naturellement pas les moindres observations défavorables à la France, provenant des journaux étranger^. VHistoire mo^ deme, journal d'Aarau, avait inséré, en juin 1811, des réflexions sur la guerre entre la France et l'Angleterre, trop bienveillantes pour notre rivale. Le miuistre de la police s'en plaignit au duc de Bassano, qui obtint, par l'ambassadeur de France en Suisse, que le journal d'Aarau serait réprimandé par le gouvernement cantonal, avec la promesse qu'il ne se permettrait plus à l'avenir aucun écart de cette nature *.
Partout où elle croyait apercevoir encore flotter un lambeau de liberté, la police accourait pour s'en emparer. Son œil inquisitorial découvrit un jour quels Sérieux inconvénients il y avait à laisser les journaux insérer les jugements en matière criminelle, correctionnelle et civile, en les accompagnant de commentaires. Le ministre demanda, par l'intermédiaire du sieur Le Breton, chef de la 3* division de la police, un rapport sur ce sujet à M. C..., procureur impérial près le tribunal de première instance du département de la Seine. M. C... transmit son rapport au ministre, en ayant soin de mettre en tête ces trois mots : « A lui seul. »
Voici quelques extraits qui suffiront à faire con-
t. Archives nationales, F' 330t.