Archives nationales, F
2. Il reste de Dussault, critique des Débats, le recueil de ses articles connu sous le nom à^ Annales littéraireê et une savante édition de QuintUien.
qui a lu l'attaque attend la réponse avec impatience: chacun prend parti pour ou contre; les oisifs discutent, les beaux esprits écrivent et cette diversion de l'opinion produit les plus heureux effets.
€ Il y a aujourd'hui un objet sur lequel on enflammerait aisément tous les esprits, c'est la musique. Il n'y a personne à Paris qui ne s'en mêle; ceux qui ne la savent pas môme en raisonnent, et ce ne sont pas les moins passionnés. La musique italienne et la musique française sont en présence. Le Conservatoire de musique a ses prôneui-s; l'Opéra-Buffa a ses fanatiques. Au premier signal, des flots d'encre vont couler et il y aura combat à outrance entre l'harmonie et la mélodie. Si Votre Excellence approuve l'idée que j'ai l'honneur de lui soumettre, je ferai commencer les hostilités dans le Journal de VEmpire par un amateur de la musique cisalpine, et je préviendrai confidentiellement M. Lacretelle pour qu'un champion de la musique française se présente armé de pied en cap dans la Gazette de France. Cette petite guerre pourra durer quelque temps et faire un peu de diversion à la grande *. »
Savary ne se contient pas de joie à l'idée de Lemontey et il écrit à la suite, de sa grosse écriture : Approuvé très fort. C'était au moment des conférences de Dresde, à la veille de la guerre contre la Russie. L'idée est immédiatement mise à exécution ; mais la musique française et la musique italienne ont beau se combattre dans les journaux, bientôt la défaite de notre armée, malgré de superbes et glorieux efforts, détourne le public de la diversion imaginée par la Censure. La conspiration du général Malet qui, dans la nuit du 23 au 24 octobre, fait croire à tout Paris la mort de l'Empereur, augmente les préoccupations et laisse prévoir un redoutable avenir ^