Archives nationales, F
2. Le pré.et de police fut assez maladroit dans cette affaire. Il se
L'heure des désastres a sonné... Comment empêcher le découragement des esprits ? Le Journal de Lyon, du 17 juin
1813, n'a-t-il pas la maladresse d'annoncer que la veuve d'un militaire nommé Carrier s'est, de désespoir, jetée dans la Saône. La troisième division de la police rapporte le fait au ministre, avec cette observation significative : « Comment le préfet permet-il la publication de pareils articles qui ne peuvent produire qu'un très mauvais effet?...» On cherche naturellement à cacher le plus longtemps possible aux populations les nouvelles de nos défaites. Le préfet de Bordeaux écrit, le 11 septembre 1813, au ministre delà police; « J'ai reçu la dépêche de Votre Excellence du 7 de ce mois, relative aux événements éprouvés par le corps d'armée de M. le général Vandamme *. Je les ai communiqués confidentiellement à MM. les généraux et à M. le maire de Bordeaux. Celte nouvelle n'est point encore parvenue ici, de manière que nous sommes en mesure de prévenir et de démentir les bruits exagérés que l'on voudrait faire circuler *.»
Les journaux gardent toujours le silence sur la politique et ne contiennent plus que des proclamations, des arrêtés, des circulaires, des discours, des faits divers et des bulletins militaires. La division de la police qui s'occupe de l'esprit des journaux, n'y relève rien de repréhensible de 1813. à
1814. Mais, pendant la campagne de France, les feuilles parisiennes, pour rendre hommage au génie de Napoléon et à la valeur de nos troupes, disent que les Français luttent
laissa arrêter sans résistance et coaduire à la prison de la Force, où il passa plusieurs heures désagréables, tandis que le général Malet se rendait maître de Paris. L'Empereur, après avoir accablé le préfet de police des reproches les plus amers, le condamna à présider une longue et pénible enquête sur la conspiration. Il fut moins indulgent pour le préfet de la Seine, Frochot, qu'il destitua sans pitié. (Voir sur toute cette affaire \%^ Mémoires du duc de Rovigo,i. VI, et l'ouvrage de M. Hamel sur le général Malet,)
1. Vandamme fut fait prisonnier à Culm avec 6.000 hommes par les Russes et son désastre compromit la campagne de 1813.