‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 72 sur 220 · Séance du 25 novembre · texte numérisé non relu

Séance du 25 novembre

naliste par ordie de Son Excellence, en leur recommandant d'en rendre un compte favorable *. »

Un poète plus connu, Marie-Joseph Chénier, qui avait dit spirituellement en 1800 :

« Nous avons abjuré le pouvoir despotique,

« Nous avons des Consuls, nous avons un Sénat, « Nous avons un Tribunat, « Et peut-être une République ! »

et fait une assez vive opposition au gouvernement consulaire, consentit, après son expulsion du Tribunat, à mettre une sourdine à ses opinions républicaines et à accepter de l'Empereur une place d'inspecteur de l'Université. Sur le 'conseil de Fouché qui lui avait laissé espérer en récompense un siège au Sénat, il avait composé en 1804 la tragédie de Cyrus, sorte d'apologie impériale. Il essaya de voiler sa conversion subite sous des conseils assez hardis au Souverain, qu'il plaça dans la bouche de Gyrus; mais ces conseils déplurent à TEmpereur qui ferma le théâtre à ses tragédies. Ajoutons que la jeunesse libérale avait châtié par des sifflets la faiblesse de l'ancien conventionnel et fait tomber la pièce. Chénier, irrité, chercha à faire oublier Cyrus en écrivant, en 1805, l'élégie intitulée : la Promc^ nade, qui ne fut d'ailleurs connue que de ses intimes. Il se figurait apercevoir Saint-Cloud, ses naïades s'enfuyant plaintives sous les roseaux, et lui imitant leur exemple, car l'air de la servitude était trop pesant pour lui. Il regrettait de voir ces beaux ombrages n'être plus le séjour des champêtres plaisirs. Saint-Cloud avait vu le dernier jour de la liberté :

a Dix ans d'effortspour elle ont produit l'esclavage !

« Un Corse a des Français dévoré l'héritage. » Il ne se rappelait plus avoir écrit Cyrus, et il disait fièrement :

Page 1