‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 75 sur 220 · Correspondance de Napoléon, t. XX · texte numérisé non relu

Correspondance de Napoléon, t. XX

Napoléon, au mois d'août 1806, avait charge en outre Fouché de veiller à ce que, dans les annonces des livres, on ne cherchât pas à occuper le public de choses auxquelles il ne pensait plus... *. Il y pensait peut-être trop : car la police, suivant les propres aveux de Fouché, fit alors les perquisitions les plus sévères, saisit et interdit tous les livres sur la Révolution rédigés dans un esprit royaliste. « L'éditeur d7rma ayant publié une grande partie de ces ouvrages, qui rappelaient aux Français la famille royale des Bourbons, fut principalement Tobjet des recherches de la police. Ainsi la perquisition dans ses magasins dura deux jours; presque tous ses livres furent confisqués; il fut arrêté luimôme et conduit à la préfecture *. Un ancien ouvrage fut cause en partie de toutes ces rigueurs : c'était l'histoire des procès de Louis XVI, de la Reine et de Madame Elisabeth. Il avait amené chez l'éditeur plus de trente visites domiciliaires et de nombreuses saisies. Les rares exemplaires restant faisaient fureur. On se les passait sous le manteau et on se cachait pour les lire. Ce fut par les mêmes motifs que la police saisit, le 5 juillet 1806, l'ouvrage de M. de la Varenne sur les Èoénements qui ont amené la chute du trône royal Elle allégua de plu^ que certains « individus existants y étaient calomniés notoirement •. »

Le libraire Barba, dont nous avons parlé quelque peu dans le Théâtre de la Révolution, eut, lui aussi, plusieurs fois maille à partir avec la Censure impériale. La première fois, ce fut au sujet des Souvenirs d'un voyage en Livonie, à Rome et d JVap/es, traduit de Kotzebue. Il demanda, en septembre 1807, quelles raisons avaient provoqué la saisie

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