‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 77 sur 220 · Archives nationales, F · texte numérisé non relu

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pensée du bureau de la presse : « Cette production, dit-il, ressemble, par sa grossière licence et par une impiété qui va jusqu'à un athéisme prononcé, à toutes celles que l'auteur a fait paraître depuis huit ans. On s'aperçoit que l'espèce de verve qu'il avait montrée dans ses premiers romans, a fait place à des inventions bizarres, sans cohérence et sans goût. Le bureau de la presse pense que l'auteur et le libraire Barba doivent être mandés devant Desmarets *, chargé de leur signifier qu'une nouvelle production de ce genre sera punie par la saisie de toute la collection des romans de Pigault-Lebrun et peut-être par des peines plus graves *. » Le censeur ajoutait que « des scènes libres et presque crapuleuses font tomber le livre des mains de tout lecteur honnête ». Quel jugement aurait-il porté sur certaines productions de notre littérature contemporaine ? Quel châtiment aurait-il réclamé pour ceux qui, passés maîtres dans l'argot des filles et le jargon des bagnes, ont considéré comme une science et comme une gloire d'appauvrir et d'enlaidir la langue française, si riche et si belle, d'offenser le goût le moins délicat et de tracer avec complaisance le tableau des vices les plus abjects, en se disant orgueilleusement les peintres de la nature?...

Ce qui préoccupait à tout instant la Censure, c'était la crainte des allusions. On fut assez maladroit pour appeler, en 1807, devant le bureau de la presse, le sieur Boiste, auteur d'un Dictionnaire universel de la langue française. On lui demanda les motifs d'un article de ce Dictionnaire, ainsi rédigé; « SpoliateuRjS. m.— Spo/îator, quidépouille, qui vole, g. c. Spoliatrice, s. f. — Buonaparte. »

Boiste répondit simplement que cet article ne pouvait prêter à aucune interprétation maligne ; que, dans un numéro du Moniteur, Bonaparte avait employé le mol de

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