‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 79 sur 220 · Archives nationales, ibid · texte numérisé non relu

Archives nationales, ibid

remis aux frères de radministrateur Chappe et qu'ils n'avaient pu en rendre compte. Lakanal demandait un chef responsable placé à la tête du service télégraphique et la cessation a de Tintrigue et de la corruption * ». U va sans dire que le ministre de la police prit le parti deChappe contre Lakanal.

Le philosophe Azaïs avait soumis à la censure un discours imprimé, dont Esménard rendit compte d'une façon assez plaisante à Fouché : « Le sieur Azaïs soumet à Votre Excellence un discours imprimé qu'il adresse à Sa Majesté, et dans lequel il annonce le projet d'un ouvrage qui doit dévoiler tous les secrets de l'Univers. Il paraît que le sieur Azaïs exerce plus de prestige dans sa conversation que dans ses écrits. Quelques personnes l'annonçaient, il y a deux ans, comme un Newton qui allait changer le système du monde. Des savants même l'ont regardé comme un charlatan assez spécieux. Le discours qu'il publie est d'un orgueil révoltant et d'une obscurité désespérante. Il fait un très sot rapprochement de sa gloire future avec celle de Sa Majesté ; il voudrait qu'on le crût sur parole le Na* poléon des sciences. Je pense qu'il ne doit être ni encouragé ni arrêté dans une entreprise qui laissera probablement à l'Univers son allure accoutumée (1808)* ». On vengea Azaïs des plaisanteries d'Esménard en le nommant, quelque temps après, inspecteur de la librairie.

L'année 1809 est marquée parla publication des Martyrs. Ici Chateaubriand perd entièrement auprès de Napoléon la faveur que lui avait value le Génie du Christianisme. Le manuscrit doit passer à la censure et subir des suppressions de phrases ou de mots. On prescrit à la presse française de combattre à outrance le nouveau livre du poète, tandis que les journaux anglais s'amusent à y relever les allusions

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