‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 86 sur 220 · Il fut remplacé en 1811 par le préfet Gapelle · texte numérisé non relu

Il fut remplacé en 1811 par le préfet Gapelle

ra!l-il, Tintentioa de se fixer à Vincelles, à trois lieues au delà d'Auxerre, dans une maison appartenant à un banquier suisse, le sieur Bidermann. Le 17 mai, on savait déjà qu'elle avait reçu la visite de Mathieu de Montmorency. La police, dans le bulletin quotidien mis sous les yeux de l'Empereur, constatait, le 4 juillet, le fait suivant : « M"* de Staël n'a pu rester tranquille à Auxerre ; elle avait perdu le sommeil. Elle a pris la poste et s'est mise en route pour Blois par Saint-Fargeau et Briare. Elle compte parcourir la circonférence de Paris dans un rayon de quarante lieues. Elle écrit à ses amis qu'elle n'est bien que dans une chaise de poste ou à Paris *. » Telles étaient les plaisanteries des policiers sur les angoisses de cette malheureuse femme !...

Au mois d'août de la même année. M"* de Staël demande un passeport pour se rendre aux eaux de Spa. Immédiatement on recommande au préfet de l'Ourthe une surveillance particulière, prudente, secrète. Le préfet répond, le 17 août, qu'il vient de prendre les mesures nécessaires pour être en état de rendre compte au ministre « de la conduite de cette dame ». Mais M"' de Staël, avisée de la surveillance qui l'attendait, se refuse à aller à Spa et, le 14 septembre, quitte Auxerre pour Rouen 2. Deux mois après, le préfet de la Seine-Inférieure informait le conseiller Real que sa conduite à Rouen n'avait pu donner lieu à une observation défavorable. Le 23 janvier 1807, M"^ de Staël est autorisée ouvertement— et non tacitement, commeseshistoriens Font affirmé — à résider jusqu'au l"avril dans le château d'A- Costa, à Aubergenville, en Seine-et-Oise, où elle termine Corinne. Au mois de mars, elle achète le château de Cernay, près Franconville, mais on l'avise tout à coup qu'elle ne pourra jamais y habiter. Elle sollicite l'autorisation nécessaire, en

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