Archives nationales, F
Napoléon qu'il en composiEi lui-même une critique amère et la fît insérer au Moniteur, Les censeurs se montrèrent moins sévères que le Souverain : ainsi, à propos d'un pamphlet dirigé contre Corinne, Lemontey, Esménard et Lacretelle s'exprimaient de la sorte : « Le bureau de la librairie estime qu'il n'a point à se mêler de petits débats. Les talents et les succès littéraires de M°*' de Staël doivent la rendre elle-même très indifférente à ces obscures agressions *. » L'un des censeurs, Lemontey, malgré ses fonctions, ne pouvait dissimuler son admiration pour l'auteur de Corinne.
L'aîné des fils de M"* de Staël, ayant appris, au commencement de janvier 1808, que l'Empereur allait traverser la Savoie, lui demanda audience à Chambéry, espérant apaiser son courroux. Napoléon voulut savoir où se trouvait sa mère : « Elle est à Vienne ou près d'y arriver. — Elle doit être bien là. Elle doit être contente, elle va apprendre l'allemand 2. Votre mère n'est pas méchante. Elle a de l'esprit, beaucoup d'esprit, mais elle n'est accoutumée à aucune espèce de subordination. Elle n'aurait pas été six mois à Paris que je serais forcé de la mettre à Bicêtre ou au Temple. J'en serais fâché, parce que cela ferait du bruit ; cela me nuirait dans l'opinion. Aussi, dites à votre mère que tant que je vivrai, elle ne rentrera pas à Paris... Paris, voyez-vous, c'est là que j'habite et je n'y veux que des gens qui m'aiment... Si je l'avais mise en prison, j'en reviendrais, mais de l'exil, non. Tout le monde comprend que la prison, c'est un malheur; il n'y a que votre mère qui soit malheureuse quand on lui laisse toute l'Europe ^ ! » Sept
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