‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 90 sur 220 · Archives nationales · texte numérisé non relu

Archives nationales

2* a Elle a repris assez de courage. La bienveillance qu'on lui a

témoignée à Vienne et qu*elle est sûre d'inspirer partout où elle ira,

est une consolation qu'elle consent à accepter. » (Lettres de B. Cons*

tant à M»^ Récarnier, — G. Lévy, 1882.)

3. Voy.itf»«de Staël et la grande -duchesse Marie- Louise, p. 121 à 125.

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ans plus tard, le grand cipitaiae allait savoir mieux que personne quelles étaient les douleurs de Texil. Et quel exil !... Même à Pétranger, M"' de Staël était l'objet d'une active surveillance. Napoléon écrivait, le 28 juin 1808, à M. de Champagny : « M°** de Staël entretient une correspondance très active avec Técrivain Gentz. Ces relations ne peuvent être que nuisibles. Je désire par conséquent que vous fassiez savoir à mes ministres et agents en Allemagne, et particulièrement à celui de Weimar, qu'ils aient à s'abstenir de voir cette dame. Il faut, en outre, la surveiller quand elle vient dans des villes où résident des ambassadeurs *. » Le 7 novembre de cette année. M"' de Staël fit viser son passeport par le chargé d'affairci en Suisse pour se rendre à Besançon. Le préfet du Doubs reçut Tordre, le 26 novembre, de lui refuser tout visa pour une dislance moindre de cinquante lieues de la capitale. On lui recommandait, en même temps, d'informer la police de son arrivée, de sa conduite pendant son séjour à Besançon et de la destination ultérieure qu'eJlc pourrait prendre. Au 8 mars 1809, M"' de Staël n'était pas encore arrivée dans cette ville. Le 8 juin, elle apparut tout à coup à Lyon avec son iils aîné et toute sa maison. Le commissaire général de police prétendit qu'elle était venue assister aux représentations de Talma. On lui demanda le nom des personnes qui l'accompagnaient, avec d'autres détails. Le commissaire répondit que M°** de Staël se proposait, après les représentations de Talma, d'emmener cet artiste pour jouer sur son théâtre de Coppet : « Talma m'ayant parlé de ce projet, ajouta-t-il, je Ten ai détourné, mais je ne sais encore ce qu'il fera. M"* Récamier est arrivée hier au soir : elle vient ici pour M"' de Slaël qu'elle doit suivre à Coppet \ » Cette preuve d'amitié allait valoir à son tour l'exil à M"* Récamier.

1. Lettre publiée par la Nouvelle Pressa libre en juillet 1881.

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