Archives nationales, F
LES LIVRES ni
quarante-huit heures pour rAmérique ou pourCoppet. Les scellés sont mis le même jour sur toutes les feuilles de son ouvrage, tandis que des factionnaires sont placés aux diverses issues de Timprimerie Marne. Le 27, le préfet répond que M"* de Staël vient seulement de rentrer au château de Fossé. « Elle a déclaré qu'elle obéira, dit-il ; qu'elle s^ rendra aux Etats-Unis par le port où elle pourra s'em barquer ; qu'elle me remettra ce qu'elle a en manuscrits et épreuves de l'ouvrage qu'elle fait imprimera Paris, dès qu'elle les aura rassemblés, et qu'elle demande que le délai qui lui est fixé par l'ordre du 24 soit prorogé de deux ou trois jours pour régler ses affaires et se procurer des fonds *. »
Le directeur général Portails fut informé inopinément de lamisesousscellésderimprimerieMame et, tout surpris, il écrivit le 25 au ministre de la police :
« Monsieur le duc,
« M. Mame, imprimeur, m'annonce que Votre Excellence a ordonné que l'on saisît chez lui l'ouvrage commencé d'imprimer de Madame de Staël sur l'Allemagne *. Cet ouvrage est actuellement à l'examen d'un des censeurs impériaux et, comme il n'a point été examiné en entier, je n'ai point rendu de décision qui le concerne. Si M. Mame a continué l'impression, quoique j'eusse demandé la communication de l'ouvrage et que j'en eusse ordonné l'examen, ce qui, aux termes de l'article 13 du décret impérial du 5 février 1810, emporte le sursis à l'impression, c'est à ses risques, périls et fortune. Aux termes de l'articlelS, Votre Excellence peut, en ce cas; faire surseoir à l'impression et me requérir de faire examiner ; mais suivant la marche ordinaire, il ne peut y avoir lieu à ordonner de saisie avant l'issue de l'exa-