‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 98 sur 220 · Archives nationales, ibid · texte numérisé non relu

Archives nationales, ibid

Il n'y a plus désormais, malgré la gloire qui ne la quitte pas, il n'y a plus de station ni de chant au Capitole l... » Les ordres les plus sévères sont donnés au préfet du Léman : « Je vous invile, lui mande le ministre de la police, à lui faire connaître qu'elle ne doit point, ainsi que ses enfants, revenir en France sans une autorisation expresse, ni aller en Italie ou dans les autres pays sous l'influence de la France. Dans le cas où cette dame et ses fils quitteraient (ioppet, vous m'en informeriez de suite en me marquant ilans quel endroit ils devront se rendre. Je vous invite également à tâcher de me procurer des renseignijments sur les personnes qu'elle recevra, sur l'esprit et l'objet des réunions qui pourraient avoir lieu chez elle. Il conviendra pareillement que vous vous mettiez en mesure d'être instruit, si elle cherche à faire imprimer de nouveau son ouvrage sur l'Allemagne, qui vient d'être saisi ici, et, dans ce cas, que vous me fassiez connaître où cette réimpression devra avoir lieu *. »

L'auteur exilé, le livre est traqué plus que jamais. M. Lahorie, avocat, co-propriétaire des DébatSy avait eu l'imprudence de lire des fragments de VAllemagne dans plusieurs salons de Paris, notamment un chapitre sur V Attila de Werner, chez M"' de Poix, et d'autres devant M»" Mole, Labriche et d'Houdetot. La police reprend immédiatement à M. Laborie les deux exemplaires que l'imprimeur lui avait conliés. On prie même le directeur de l'imprimerie et de la librairie de remettre au ministre les deux autres exemplaires qui ont été soumis à son examen. Puis la police, triomphante, jette ce cri de joie le 11 octobre : « Aujourd'hui les formes de cet ouvrage ont été rompues et Ton procédera à la destruction de toutes les feuilles -. » Le bulletin des 14 et 15 octobre annonce que l'exécution se ter-

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