DIANE DE LYS
Drame en cinq actes *.
PREMIER RAPPORT
10 janvier 1853.
Ce drame quand la passion n'y prêche
pas Tadultère, le vice élégant y raconte son immoralité. Les dangers que pourrait présenter à la scène un ouvrage de cette nature, nous ont paru de trois sortes :
Il atteint la famille, en attaquant les devoirs du mariage ; en peignant sous de fausses couleurs
1 Par M. Alexandre Dumas fils. Interdit pendant huit mois et ne fut représenté que le 15 novembre 1853.
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les censeurs du grand monde, il fournit un texte aux déclamations contre les classes élevées de la société; enfin, il fait revivre sur la scène des théories corruptrices qui avaient envahi le drame et le roman modernes après
En conséquence et à Funanimité, nous ne croyons pas pouvoir proposer l'autorisation de
cet ouvrage.
Approucè :
F. DE Fersigny.
DEUXIÈME RAPPORT
l'i noveuibre I8'j-'i.
Sur les conclusions d'un rapport en date du 10 janvier dernier, M. le Ministre n'a point autorisé la représentation de Diane de Lys.
L'auteur ayant remanié son œuvre, a demandé un nouvel examen. Les modifications ont été capitales; elles ont porté sur les princi-
SÙLS NAI'dLliu.N ll(. .■>'.»
pales situations qui nous avaient paru rendre la pièce inadmissible.
La comtesse (c'est le môme personnage que la marquise de la première version, c'est-à-dire Diane de Lys) n'est plus présentée comme le type des grandes dames, mais, au contraire, comme une exception qui n'entraîne ni comparaison, ni solidarité avec les femmes du monde (cela ressort de l'ensemble du caractère de Diane et est particulièrement établi dans la scène III du premier acte); de plus, elle n'a pas d'enfant, et l'auteur a supprimé tous les passages ou elle semblait, par des théories générales, vouloir justifier sa passion adultère.
Ce personnage est devenu une sorte de Phèdre pour laquelle l'ennui, le délaissement et le désir de l'inconnu ont remplacé la fatalité antique ; elle poursuit un but qu'elle n'atteint jamais, et, en définitive, elle est cruellement punie d'avoir méconnu les lois de la morale et même les convenances de la société où elle vit.
Sans nous faire illusion sur les inconvénients qui peuvent résulter encore du ne pareille création, nous pensons que des précédents et les libertés du théâtre la rendent admissible.
Les personnages qui Tentourent ont d'ailleurs subi des modifications qui atténuent encore la première version.
Le rôle de Paul est tout à fait dominé par celui du comte de Lys. Le mari donne de cruelles leçons au séducteur et, au dénouement, il le tue.
Marceline, rhonnôte femme, amie de Diane, reste à legard de celle-ci dans les termes d'une amitié qui ne transige plus avec les sévérités du devoir.
La marquise (c'était la baronne dans le premier manuscrit) a cessé d'être odieuse pour n'être plus que ridicule.
Le rôle de Maximilien a été affaibli dans ses parties les plus excentriques.
Le duc d'EdoUy (maintenant duc de Riva)
sous NAPOLÉON IIl. 41
restreint les complaisances de son amitié envers Faul et Diane à des services avouables.
Enfin de nombreuses modifications de détail, soit dans la situation, soit dans le dialogue, ont mis le ton général de l'ouvrage en harmonie avec les changements que nous venons de signaler.
Tel qu'il est aujourd'hui, ce drame ne nous semble pas dépasser les bornes de ce qui est admis sur la scène.
En conséquence, nous proposons que la représentation en soit autorisée.
Porte-Saint-Martin LE RÉVISEUR
Comédie en cinq actes et en prose *.
PREMIER RAPPORT
12 janvier 1853.
La commission a pensé d'abord qu'une pièce
• Imitée de Nicolas Gogol. La pièce, jouée pendant la cam-