‹ La Censure sous Napoléon IIIChapitre 38 sur 77 · LA HAUSSE DES LOYERS · texte numérisé non relu

LA HAUSSE DES LOYERS

Vaudeville en un acte.

29 septembre I80/1.

Plissonneau, locataire^ se déchaîne contre les propriétaires et la hausse des loyers; mais amené lui-même à se croire propriétaire de la maison qu'il habite^ il enchérit sur son prédécesseur en dureté et en odieuses exigences; ce qui semble prouver qu'il suffit de devenir propriétaire pour devenir « un être immonde ».

Cette donnée n'est qu'un prétexte à la plus violente diatribe contre tous ceux qui possèdent. Parents, amis, fiancés, serviteurs, les enfants

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SOLS NAPuLliuN III.

même s'empressent à Tenvi, dans cette pièce, de leur jeter l'outrage et le mépris.

« Être i^t'opriétaire, c'est être le bourreau de ses concitoyens, le persécuteur du genre humain. »

Nous ne pensons pas que cet ouvrage puisse être représenté sans danger; en conséquence, nous ne saurions en proposer l'autorisation.

L'auteur, dans une lettre à Son Excellence M. le Ministre d'Etat, invoque, comme précédents à l'appui de sa pièce, quelques passages sur les propriétaires autorisés dans des revues de fin d'année. Il y a une différence capitale entre des plaisanteries inoffensives noyées dans une Renne, en plusieurs actes ou tableaux, et un ouvrage d'une portée sérieuse, malgré des détails grotesques, qui roule tout entier sur le même sujet.

Nous ne pouvons que persister dans l'opinion que nous avons émise dans notre rapport con-

cluant au refus d'autoriser la représentation de la pièce.

LETTRK DE LAUTEUR

A Son Excellence M. Fould^ ministre, secrétaire d'État.

« Monsieur le Ministre,

(c La hausse des loyers, c'est le titre de ma

« pièce, n'est que la reproduction de tout ce qui « a été déjà dit dans les revues de 1852 et 1853. « Bien plus, ce petit vaudeville, loin d'être une « diatribe contre les propriétaires, est une étude « de cœur humain, et je le prouve en exposant la « pièce en deux mots : Un locataire est augmenté « par son propriétaire; furieux, exaspéré, il « ameute contre lui... sa fille son perruquier et « sa bonne... Mais devenu à son tour proprié- « taire, il renchérit sur son prédécesseur et « devient arabe au point de s'augmenter lui- « môme. »

sous NAI'nLKitN III. 77

« Il n'y a là, comme peut le voir Votre Excellence, rien de bien dangereux.

« Il ne nous est permis de ridiculiser ni les (c ministres de la religion, ni les fonctionnaires, « ni les militaires, il serait vraiment bien cruel « de nous retirer les bourgeois ; et lorsque les « propriétaires abusent, on ne peut le nier, des (( circonstances, il me semble que c'est bien le « moins que nous puissions attaquer gigotes- « quement leur rapacité.

« J'appelle l'attention de Votre Excellence « sur cette question et je suis convaincu que, « si elle voulait prendre personnellement con- « naissance de mon vaudeville, elle n'y verrait « aucun danger et qu'elle en autoriserait la « représentation.

« J'ai l'honneur, etc.,

« Signé :

« LUBIZE,

(< Auteur dramatique. »

Pnris, lo 7 décembre 1854.

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Théâtre de la Porte -Saint-Martin

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