VIII PREFACE
véritables luttes, lors des représentations. Quelques philosophes impassibles ne verraient peutêtre point d'inconvénient à ces pugilats populaires, pourvu qu'on n'en abusât pas. lisseraient en effet, un moyen gratuit de développer dans les classes pauvres le goût des sports athlétiques. Qu'il nous soit permis de ne pas partager l'avis de ces sages.
Le remède d'ailleurs serait simple et peu coûteux. Quand, après cinq ou six essais, le gouvernement verrait qu'il lui est impossible d'obtenir l'ordre dans la salle, son devoir serait aloi's d'interdire les représentations; ce qu'il fit pour Thermidor. De la sorte, les auteurs ne relèveraient plus de l'anonymat des censeurs mais bien du public, du seul public, du grand public, ce qui, je le crains, ne serait pas toujours pour eux le dernier mot du bonheur. Ainsi, du moins, n'auraient-ils plus le droit de se plaindre. Donc, comme on le voit, la liberté du théâtre n'olFre aucun danger bien grave.