LES GRANDS VASSAUX
Drame en cinq actes.
I" février 1839.
...Cet ouvrage semble avoir été composé pour réhabiliter Louis XI et le justifier des cruautés que lui reproche Thistoire, d'une part : en faisant ressortir l'ambition démesurée, Tinsolence brutale des grands vassaux, et d'autre part, en exaltant la grandeur du but que le roi se proposait, l'affranchissement de la royauté, l'agrandissement de la France, son indépendance, son unité. Mais, par une contradiction doublement regrettable au point de vue de la logique de la pièce et au point de vue de la censure, l'auteur fait commettre à Louis XI un
1 [^ar M. Victor Séjour. — La dernière création de Légier qni. au dernier acte, donna un caractère vraiment terrible à Taïronie de Louis XL
crime abominable, un fratricide, dont les historiens ont à peine osé le soupçonner. Pour notre part, nous ne pouvons admettre qu'on présente au public un souverain qui se souille d'un assassinat, en invoquant le salut du pays, lorsque c'est aussi en invoquant le salut du pays que de prétendus patriotes attentent à la vie des souverains.
...Nous ne croyons pas pouvoir accorder l'autorisation.
9 février 1859.
L'auteur ayant opéré dans les passages que nous avons signalés des modifications et atténuations, auxquelles ce théâtre s'était d'abord refusé, nous n'avons plus qu'à proposer l'autorisation.
sous .NAPOLÉON III. I il
Théâtre de la Gaîté L'ESCLAVE MICAËL'
Drame en quatre acteri, |)récédé d'un prologue.
2o février 18o9.
La scène est en Russie. L'action du prologue se passe en 1816 et celle du drame proprement dit, vingt ans plus tard.
Cette pièce nous paraît offrir plusieurs inconvénients. En premier lieu, l'auteur montre dans tout le cours de la pièce un prince russe assassin et spoliateur.
En second lieu, la question du servage est un des principaux éléments de l'ouvrage, et l'auteur, en la traitant, représente la Russie comme une terre de servitude soumise à l'oppression la plus odieuse.
t Joué sous ce titre : Michai'l l'Esclave. La pièce est de .Joseph Bouchardy.
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Enfin, la peinture de Tantagonisme entre le maître et Fesclave, ce dernier ayant toujours le beau rôle, ne présente-t-elle pas un certain danger dans une pièce destinée à un théâtre très fréquenté par les classes populaires ?
Nous pensons que cette pièce ne pourrait être autorisée que si l'on faisait disparaître les inconvénients que nous venons de signaler.
Théâtre Déjazet