‹ La Censure sous Napoléon IIIChapitre 68 sur 77 · LA DANSEUSE DE MILAN · texte numérisé non relu

LA DANSEUSE DE MILAN

Drame en cinq actes.

Ce drame ne soulève qu'une question, question des plus radicales, c est la question d'opportunité.

Le moment est-il propice pour mettre en scène ce tableau rétrospectif des griefs de ritalie contre l'Autriche ?

Nous ne doutons nullement des bonnes

intentions qui ont animé Fauteur, nous ne doutons pas un un instant que la pièce soit populaire et très sympathique au publicfrançais. Mais est-ce un motif suffisant pour représenter, avec l'autorisation du gouvernement, sur une scène nationale, un spectacle des plus blessants pour un gouvernement avec lequel on est en paix et en amitié?

1 Par M. Paul Fouclicr. — La pièce, d'abord inlcrdite, fut représentée au théâtre do la Porte-Saint-Marlin.

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Est-ce un motif suffisant pour raviver, par un tableau irritant, le souvenir de douleurs apaisées aujourd'hui, grâce au concours actif de la France, et pour venir envenimer de nouveau les esprits au milieu du travail de pacification qui s'opère en Italie, et auquel l'Autriche ellemême semble vouloir prêter la main.

Si à la suite de la campagne de 1859, la France a rendu la Lombardie aux Italiens, le traité de Villafranca a laissé la Vénitie à nos adversaires de Solférino. L'Autriche gouverne à Venise encore aujourd'hui, comme naguère elle gouvernait à Milan, et toutes les cruautés que la pièce fait commettre au comte Welstein, personnifiant l'Autriche, ne peuvent elles, pour certains esprits, retomber sur l'Autriche occupant Venise?

Croire que Welstein ne personnifie pas l'Autriche parce qu'il est Croate, nous semble inadmissible, quand on songe à toutes les petites nationalités qui se fondent ensemble pour former

Tempire d'Autriche. Welstein est général autrichien, et c'est à ce titre qu'il commande à Milan , peu importe sa nationalité originaire.

Les quelques atténuations qui pourraient être faites dans l'ouvrage, pour adoucir un peu la barbarie du général Welstein, ne nous semblent pas pouvoir arriver à pallier l'inconvénient inhérent à la pièce même, l'antagonisme violent entre l'Autriche et l'Italie.

Quant au projet de l'auteur de transporter la scène à Gênes en 1746, et de substituer l'expulsion des Autrichiens du duché de Gênes à l'expulsion des Autrichiens de la Lombardie,nous croirions ce changement illusoire et plus fâcheux que la pièce même à un double point de vue, au point de vue de l'Autriche, vis-à-vis de laquelle l'attaque aurait, à peu de chose près, la même gravité ; au point de vue du Gouvernement pour lequel la pièce actuelle a du moins l'incontestable mérite de mettre en scène une des pages les plus glorieuses.

sous NAPOLÉON III. 237

En résumé, dans l'état apparent de nos relations internationales, tel que nous pouvons l'apprécier du plan où nous sommes placés, en nous rappelant combien il nous a été prescrit de prudence récemment, pour la pièce de Marengo, à Tendroit de tout ce qui pourrait blesser la diplomatie autrichienne, nous ne pensons pas que la représentation du drame : la Danseuse de Milan soit opportune, et nous ne pouvons qu'en proposer l'ajournement

Théâtre du Gymnase L'AMI DES FEMMES

Comédie en cinq acte?.

o mars 1864,

De Ryons est un gai viveur, qui par principe ne reut pas se marier. Kiche, orphelin, indé-

1 Par M. Alexandre Dumas fils, une de ces onivres osées,

pendant, il s'est promis de ne confier ni son cœur ni son honneur à aucune femme; mais comme il les croit aussi charmantes dans l'intimité avec les hommes, que redoutables dans l'amour, il les adore et fait profession d'être leur ami. A ce titre, il s'est trouvé et se trouve mêlé à une foule d'intrigues.

Voici celle qui traverse la pièce, et en fait l'action.

Jane a épousé le comte de Simerose sans amour; le soir même de son mariage, elle s'est séparée du comte. Elle mène une vie indépendante, elle court le monde passant pour veuve. La jeune comtesse est entourée d'une cour d'amoureux. De Montègre, Des Tarjettes, De Chantrin et enfin De Ivyons lui-même.

Jane, sur le point de se laisser compromettre

bizarres, profondes, qui devancent le pultlic, réloiinent, le heurtent, l'irritent et valent mieux dans leur audace durable que tant de comédies applaudies et qui n'ont point de lendemain. — M. Dumasfdsa donné un post-scripluni à son Ami des femmes en écrivant tme Visite de noces.

sous NAPOLÉON III. 230

parDeMontègre est sauvéeparRyonsqui devient son conseiller. De Ryons a compris que Jane, sous son apparence frivole, est sérieusement éprise de son mari et il les réconcilie.

A côté de ces personnages principaux du drame, se trouvent des personnages accessoires, tels que mademoiselle Hackendorf, riche et belle héritière qui épouse M. de Chandrin, un des adorateurs de Jane, ; et le ménage Leverdet, composé du mari, savant complètement absorbé par le travail, de M"^® Leverdet, femme sur le retour, quia dépensé sa vie en intrigues galantes, enfin leur fille Balbine, jeune enfant de seize ans qui ne demande qu'à quitter la maison paternelle.

Cette pièce, choquante peut-être par la forme un peu brutale avec laquelle sont exposées les théories sur la femme et sur le mariage, ne nous semble pas cependant de nature à être interdite.

Des modifications importantes ont été deman-

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dées et opérées dans le rôle de Jane, et dans celui de M"" Leverdet.

Nous avons Thonneur de proposer l'autorisation de rA7ni des femmes.

Théâtre des Variétés

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