HISTORIQUE DE DIVERS EOURS
(618) et même jusqu’aux Song (960); c’est à partir de l’avènement de cette dernière dynastie que nous commençons à débrouiller quelques faits intéressants au milieu de ce chaos obscur.
L’auteur chinois dans son examen des anciennes porcelaines (disons poteries) enregistre d’abord la poterie de Tong-ngeou, Tong-iigeou-thao, qui était renommée sous les Tcin (265-419 A. D.) et qui était bleue (?). La couverte de cette poterie devait être un céladon de fer verdâtre; la nuance bleue indiquée est un défaut de traduction. Le mot thao existait-il à cette époque? a-t-il été appliqué après coup à un produit auparavant innommé, qui a reçu postérieurement cette qualification? Nous aurions intérêt à le savoir, mais personne n’est capable de répondre avec autorité et certitude.
Sous les Thang vivait un potier célèbre nommé Thcio-yu ; il habitait le village de Tchong-sieou, dépendant de King-te-tchin. Thao est-ce un nom de famille? est-ce un surnom emprunté à son métier par celui qui l’exerçait? Est-ce, au contraire, l’artisan qui a transmis son nom à un produit inventé par lui ? cette dernière hypothèse n’est valable que si le mot thao , inconnu jusqu’alors, a été adopté à cette époque pour désigner une poterie nouvelle, un grès kaolinique, par exemple, et a été appliqué à des produits antérieurs similaires ou analogues bien que moins parfaits. La sagesse nous invite à laisser dormir paisiblement ces suppositions; à quoi bon chercher une réponse sérieuse et vé ridique, quand on est convaincu à I avance de 1 inutilité des efforts?
En tout cas, thao-yao c’est le four thao dont les produits appelés Ivia-ipikh i , vases <lc jade factice, étaient envoyés en tribut à l’empereur.
Thao fabriquait une poterie « terre ou grès émaillés ou mélange de grès et de kaolin » ; cette poterie n’était pas la porcelaine kaolinique telle que nous l’entendons aujourd’hui; voilà tout ce que nous savons de cet artisan en terre.
Pi-se-ycio, pâ . Ce four existait déjà sous les Thang et, selon Stanislas Julien, il aurait produit une porcelaine de couleur cachée. M. du Sartel pense que cette couleur cachée est du bleu de cobalt caché sous la couverte ; je ne puis partager cette opinion. D’abord yao signifie four et non porcelaine et le produit en question n’est qu’une terre ou un grès, la porcelaine n’ayant été découverte que sous les Song ainsi que je l’ai démontré plus haut. Quant aux caractères Pi -se, faut-il les interpréter conformément à la version de Stanislas Julien ou admettre le sens proposé par des lettrés chinois de la
Mission de Paris qui assurent qu’il n’y a là aucune couleur cachée mais un procédé secret de fabrication ?
Après une enquête prolongée, je suis en mesure d’affirmer que le Pi-se (yao) n’est pas une porcelaine dans l’acception rigoureuse du mot, mais une poterie émaillée ou plutôt un grès cérame, mélangé ou non de kaolin, avec couverte opaque luisante, monochrome dans la tonalité du vert olive ou d'un vert foncé.
Les Pi-se sont sortis des fours du pays de Ou et de Youeï sous les Thang, et le roi Tsien-lieou (907) le premier les fit fabriquer spécialement pour l’empereur. Sous les Song du Sud (1127-1260) la manufacture fut transférée à Yu-yao dans le Tche-kiang, et on désigna dès lors ses produits sous le nom de Pi-setse. Il est probable que les Pi-se n’ont été primitivement qu’une poterie émaillée un peu kaolinique et que, plus tard, à l’époque des Song du Sud, ils sont devenus de véritables porcelaines faites à l imitation des anciennes poteries.
Tchaï-yao , fP. Les célèbres poteries de Ting-tcheou dans le Honan (tchaï-yao) n’ont pas sans doute les qualités requises pour être classées au nombre des porcelaines ; la matière première, qui entre dans leur composition, n’est pas encore assez épurée pour leur ouvrir un accès légitime au sein de cette catégorie, mais elles se rapprochent certainement beaucoup plus de la porcelaine kaolinique que tous les produits antérieurs. Leur fabrication remonte à l’an 954 du règne de Chi-tsong de la dynastie des Tcheou postérieurs; Tel i aï était le nom de famille de ce souverain.
Selon la tradition, leur couleur « le bleu du ciel apres la pluie » « Yu-kouo-
Chi-tsong auquel on avait demandé par un placet de spécifier la tonalité des vases destinés au palais impérial.
Depuis longtemps, les Tchaï-yao sont tellement rares que l’on recueille avec soin les fragments de ces poteries renommées et qu’on les porte à la ceinture comme ornement ; « ils éblouissent les yeux comme une pierre précieuse et leurs éclairs auraient pu détourner une flèche ». On jugera par ces expressions de l’emphase des écrivains orientaux qui déclarent eux-mêmes naïvement qu’on n’est pas obligé d’ajouter foi à une telle puissance.
La qualification de bleu du ciel après la pluie donne lieu à controverse; ce qui est certain, c’est que ce bleu n’est pas un bleu franc, bien défini, c’est un bleu vague tirant légèrement sur le vert d’eau. En Chine, le caractère py tsiny désigne simultanément le bleu du ciel et le vert pâle du feuillage naissant ;