PIECES DE CADEAU
font de nombreuses emplettes de présents qui sont plus ou moins luxueux selon la position sociale de l’acheteur. Le repos du dimanche n’existant pas en Chine, on consacre, au renouvellement de l’année, les premières journées au délassement et au plaisir. Il est également de mode que tout Chinois, dont la qualité dominante n’est pas la propreté, se lave tout le corps, prenne des vêtements neufs et procède au nettoyage complet de sa maison et de son mobilier. L’homme ainsi imite la nature qui va sortir de sa torpeur et reprendre joyeusement sa riche parure du printemps.
On se prépare une ou deux semaines à l’avance à célébrer dignement l’année qui commencera bientôt en acquittant ses dettes et en dépensant de grosses sommes pour les cadeaux ; aussi les marchands exposent-ils dans leurs boutiques leurs objets les plus précieux dans le but de se procurer l’argent nécessaire à payer leurs créanciers et de fournir aux passants l’occasion d’exercer leur générosité ; on achète parfois à des négociants besogneux de splendides présents cédés à prix réduits.
On remplace, à cette époque, les bandes de papier rouge, munies d’inscriptions, qui ornent la façade des maisons et des magasins. Les familles en deuil n’emploient pas le papier rouge, symbole de joie et de félicité, mais se servent de bandes d’autres couleurs.
Pendant la nuit qui précède la nouvelle année, on ne se couche pas et on veille. L’usage veut qu’avant le lever du soleil, on fasse une offrande au dieu du ciel, une autre aux Esprits du Ciel, de la Terre et de l’Eau, connus comme seigneurs des trois mondes, une troisième aux dieux domestiques et une quatrième aux ancêtres. Le chef de famille allume un ou plusieurs bâtons d’encens et les plante dans le cendrier, puis s’agenouillant il frappe à trois reprises le sol avec sa tête. L’offrande , placée sur une table-autel, comprend des tasses de thé, des boîtes remplies de sucreries, des fruits, des pâtisseries et un plat d’oranges. Les préparatifs achevés, on met le feu aux pétards afin de prévenir les dieux et de chasser les démons malfaisants.
Les enfants viennent ensuite présenter leurs souhaits de longue vie aux parents assis près de la châsse qui renferme les tablettes ancestrales; ils s’avancent par rang d’âge et s’agenouillent avec dessein de s’incliner jusqu’à terre, mais on ne les laisse pas se prosterner entièrement pour se conformer aux règles de l’étiquette. Les lilles ne sont admises qu’après les garçons. Les frères se saluent également avec le même cérémonial et en procédant par ordre
de naissance. Les époux étant égaux ne formulent aucun vœu à l’égard l’un de l’autre; les concubines et les esclaves, au contraire, rendent hommage à chacun d’eux.
Dans l’après-midi, on visite ses parents et ses intimes et on adresse des cartes à ceux de ses amis et à ses connaissances qu’on n’a pas le temps d’aller voir. Les visités accueillent les visiteurs en leur souhaitant bénédiction et bonheur et leur offrent du thé et des sucreries, emblème de la douceur de la vie. Enfin on doit remettre une orange à tout enfant qui apporte ses vœux de bonne année.
Ces détails m’ont paru dignes de trouver place ici et je crois que le lecteur me saura gré de lui révéler ces mœurs qui ne se rapportent qu’indirectement à notre plan, mais qui cependant se rattachent à notre sujet puisque les pièces de cadeau offertes au nouvel an sont souvent des objets de céramique.
SUJETS DE DÉCOR