‹ La céramique chinoiseChapitre 32 sur 38 · ET KIEN-LONG · texte numérisé non relu

ET KIEN-LONG

Nous avons quitté 1(3 dix-septième siècle illustré par des artistes du plus haut goût en céramique et nous abordons le dix-huitième qui n’a pas brillé d’un moindre éclat pendant les 75 ou 80 premières années, mais qui ne put soutenir jusqu’à son déclin le poids de ses succès multipliés. La décadence est imminente avant la fin du règne de Kien-long. Les potiers chinois ont rarement été mieux inspirés que pendant les dernières années de Khang-hi ou durant la période Yung-tching ; c’est l’époque où le carmin et le rose, obtenus l’un et l’autre du chlorure d’or, firent leur apparition sur la céramique et prirent bientôt un essor rapide. Cette innovation importante apporta dans le décor une variété nouvelle, innovation capitale dont la palette chinoise a su tirer les plus heureux effets toutes les fois qu elle n’a pas dépassé la mesure; l’abus, en toute circonstance, est un excès blâmable et la Chine n’a pas toujours évité cet écueil.

La porcelaine traversa une ère de prospérité sous l’empereur Yung-tching qui n’occupa le trône paternel que durant treize années, période bien courte qui laissa cependant dans l’art céramique une trace indélébile. Les plus longs règnes ne sont pas toujours les plus utiles à l’humanité ! Les produits kaoliniques, sortis des fours chinois et surtout de ceux de King-te-tchin à cette date, sont des modèles parfaits qui se recommandent par la pureté de la matière, la grâce des formes et le précieux liai du décor; ils n’ont jamais été surpassés.

Kien-long, le grand monarque qui succéda à Yung-tching, aimait la porcelaine et estimait particulièrement les flambés ; il protégea la céramique avec une munificence royale.

Rendons un hommage public au goût délicat et au talent de deux hommes qui dirigèrent longtemps la manufacture impériale. Nien et Thang connaissaient à fond la nature des terres à porcelaine, apportaient un soin scrupuleux dans le choix de la matière première, appréciaient les effets et l’action du feu avec une perspicacité incroyable; aussi tant qu’ils restèrent à la tête des ateliers de l’Etat, King-te-tchin produisit des merveilles. Payons un tribut d’admiration et de reconnaissance à ces artistes éminents et au monarque éclairé qui les encourageait dans leurs travaux et les couvrait de sa protection.

L’astre de la poterie kaolinique brilla d’un éclat incomparable , comme un météore lumineux, pendant 40 à 50 ans sous Kien-Iong, puis il se perdit peu à peu dans les brouillards et finit par disparaître au milieu d’un ciel nuageux dans une éclipse presque totale vers la fin du règne.

Le beau vert Khang-hi dégénère après la mort du grand empereur; il n’a plus ni la même profondeur ni la même translucidité, il est relativement pâle et superficiel; il est déchu, en partie, de sa puissance souveraine et n’a plus cette prépondérance sans rivale qui lui assurait la victoire; il est anémique en quelque sorte. S’il tient encore un rang honorable, il n’a plus ce rayonnement vainqueur et ce prestige qui éloignait toute concurrence; il ne possède plus ni le même bouquet capiteux ni la même saveur enivrante. Le carmin et le rose, nouveaux venus dans la décoration, nous attachent par mille délicatesses exquises et par l’attrait de la nouveauté, mais leur beauté n’a pas suffi pour condamner à l’oubli le vert de la période précédente. Ce vert radieux ne s’entourait que de nuances de second ordre pour former son cortège, ou plutôt il les éclipsait toutes avec autorité; seul il suffisait à écarter les rivaux jaloux et à affirmer royalement son empire incontesté. On jugera la question sans appel en comparant une pièce de la période Khang-hi avec un vase fabriqué sous Yung-tching.

Bouteille à panse piriforme avec long col à renflement médian, fond blanc, émaux polychromes; sur le col, arabesques et caractères de longévité entre deux bordures; sur la panse, bande de dents de loup, larges lambrequins verts piqués do noir portant des fleurs et des lépidoptères, pendeloques et cachets ronds de longévité. RI. XNIX, 83.

Ce magnifique échantillon démontre, par un témoignage irréfutable, que le vert a perdu beaucoup de son intensité et de sa transparence bien que le décor conserve encore des qualités du plus haut prix: le vert Khang-hi a disparu

CERAMIQUE CHINOISE.

sans retour. Il est regrettable que les procédés connus ne puissent pas reproduire les nuances véritables, on se rendrait aussitôt un compte exact de la différence des verts en se reportant au n° 76 de la PI. XXVII.

Cependant, parmi mes vases, il en est un, fond blanc, orné de tiges fleuries polychromes, qui est remarquable par la limpidité du vert et qui a été fabriqué vers le commencement de Yung-tehing; un vert aussi translucide est une exception à cette date.

Nous entrons dans une période de grâce et d’harmonie qui nous réserve des jouissances d’un ordre bien différent, mais nous n’entendrons plus que dans un vague lointain l’écho des accents mâles et puissants de la grande époque qui vient de finir.

En faisant défiler devant vous les pièces polychromes dont la description est si intéressante, je me conformerai, le plus possible, à l’ordre normal.

Blanc de Chine. Charmante statuette de Kouan-inn drapée à l’antique. PI. X, 28.

Vase balustre arrondi avec rochers et chrysanthèmes gravés.

Bouteille avec tige fleurie en relief.

Vase ovoïde aplati, en biscuit mat, portant des grecques et des ornements archaïques en relief; couvercle bombé à bouton.

Pitong cylindrique, fond blanc mat, orné de bâtons rompus gravés sur lesquels s’enlèvent des fleurettes en relief.

Bol blanc à dessins gaufrés blancs; ce décor ton sur ton ressemble au damassé, il envahit toute la surface d’une pièce ou il se cantonne sur certaines parties seulement, sur le marli, en bordures ou en fonds partiels.

Céladons. Le céladon vert d’eau de cette période est, ordinairement, plus pâle que celui des époques antérieures. Cette pâleur n’est pas maladive, elle est, au contraire, d’une tonalité charmante; loin d’être fade, elle est suave et plaît par sa fraîcheur qui fait songer involontairement au printemps et à la jeunesse.

Vase ovoïde, à col court, portant, à la base, des faux godrons en relief en forme de pétales de chrysanthèmes.

Vases ovoïdes bijugués fond céladon vert d’eau; les vases de ce genre, présage de bonheur, sont offerts en cadeaux de relevailles.

Vase ovoïde, même fond, portant quatre médaillons circulaires formés de feuilles et de fruits en relief; couvercle plat. (Palais d’Eté).

EPOQUES DE FABRICATION

Vase ovoïdal, même fond, avec anses en mufles à défenses d’éléphant, décoré de palmettes dressées, d’arabesques et de faux godrons en relief; intérieur gris de perle.

Vase balustre aplati avec deux salamandres enroulées autour du col.

Bouteille piriforme, même fond, avec double réseau de craquelures blondes et brunes, portant, en relief, un dragon en pâte brune.

Coupe formée d’une demi-pêche évidée avec tige feuillue en relief sur le flanc; céladon gris craquelé.

Les céladons de fer, couleur poussière de thé, abondent sous Yung-tching et Kien-lono-.

Vase honorifique, de forme surbaissée, avec large ouverture circulaire, fond thé pâle moucheté, portant, sous la panse, des aspérités symétriques imitant des tétons; anses en arceaux.

Vase, forme grenade, fond thé maculé de rouge.

Bouteille piriforme, fond thé moucheté de vert jaunâtre.

Vase ovoïde fond thé moucheté de brun.

Bouteille trilobée, à panse sphéroïdale et long col, fond thé, portant un rameau de grenadier et un champignon blancs en relief.

Le bleu d’empois se présente rarement sans décor; sa modestie est cependant récompensée toutes les fois qu’il se montre sous ce simple appareil qui lui sied si bien, car cette simplicité est alors rehaussée par la perfection d’un émail sans tache et par une forme exquise qui dénote un artiste éminent.

Vase, en forme de tonnelet à raies longitudinales, céladon bleu d’empois; à l’épaulement, anses ayant la forme de deux pierres sonores en relief suspendues à des anneaux.

Bouteille quadrangulaire aplatie et lobée à piédouche saillant; long col carré accosté de deux salamandres en manière d’anses; céladon bleu d’empois.

Je rassemblerai en bloc les craquelés gris ou autres, les céladons de toute nuance décorés en bleu de cobalt, rouge de cuivre et blanc de relief; j’engloberai même dans cette série les pièces de ce genre ornées d’émaux polychromes bien qu’elles aient subi une seconde cuisson au petit feu. Au lieu de détailler ces ornementations si variées, il sera plus profitable et plus instructif de décrire quelques échantillons comme modèles.

Vase cylindro-ovoïde avec gorge évasée, fond gris craquelé, orné de fleurs en bleu de cobalt; truité plus fin autour des fleurs.

Vase turbiné à base élargie, fond céladon vert d’eau, avec rocher et pêcher fleuri en bleu de cobalt et roime de cuivre.

Vase bursaire, même fond craquelé, orné de deux chauves-souris retenant, chacune, par un lacet noir, une pêche blanche en relief à feuillage bleu.

Vase ovoïde, même fond, avec branches de pêcher en pâte blanche formant relief.

Bouteille à panse ovoïde et long col , même fond , décorée d’attributs , de chauves-souris et d’arabesques en blanc de relief.

Vase balustre, fond bleu d’empois, orné de plantes et d’inscriptions en bleu de cobalt, rouge de cuivre et blanc.

Vase ovoïde, fond céladon vert d’eau, avec tiges fleuries en couleur, décor Yun^-tchine’.

Vase quadrilatéral, à quatre panneaux rectangulaires, col carré évasé et piédouclie saillant, même fond, émaux polychromes; sur le col, palmettes roses et vertes; sur la panse, fleurs ornementales; à la base, faux godrons.

Vase piriforme côtelé, fond bleu d’empois, décor polychrome; faisans sur un rocher au milieu de tiges en fleurs.

Bouteille piriforme, fond lavande; semé de bouquets et papillons en couleur.

Il existe des porcelaines de cette catégorie avec médaillons blancs ornés en bleu de cobalt, en rouge de cuivre et en émaux polychromes.

Monochromes. La gamme des couleurs est aussi complète ici que sous Khang-hi, l’énonciation des variétés serait monotone et inutile; je serai bref dans mes citations.

Poisson rouo-e de fer avec écailles en relief.

Bol uni et vase portant des rinceaux gravés, fond rose.

Bouteille fond bleu moucheté de bleu plus foncé (Yung-tching).

Bouteille ovoïde à long col, fond bleu céleste, décorée de fleurs ornementales en relief (Palais d’ Été) , (Kien-long).

Bouteille et bol fond bleu foncé tirant sur le noir; reflets métalliques rubis.

Pitong simulant un segment de tronc de bambou; fond vert pomme.

Bouteille fond vert oseille moucheté (Yung-tching).

Coupe carrée, fond vert purée de pois, avec décor archaïque en relief.

Bol fond jaune serin, porcelaine mince.

Plateau jaune, imitant une fleur de chrysanthème épanouie avec six cou-

ÉPOQUES DE FABRICATION

ronnes de pétales concentriques; au centre, tasse mobile formée d'un rang de pétales dressés.

Vase à eau sphérique, fond violet.

Soucoupe, fond violet de manganèse, décor gravé : grues sous un pin.

Les sang de bœuf de cette époque sont inférieurs aux Lang-yao ; il y a moins de vigueur dans les tons. Il est utile d’observer que la couverte du dessous des pièces est blanche.

Bouteille, fond sang de bœuf, marquée Kien-long.

Bouteille ayant la tonalité vineuse de la nèfle mûre; c’est un foie de cheval dont la teinte a été modifiée par un excès de chauffe.

Le feu produit quelquefois dans le four des effets curieux et imprévus. Ainsi une bouteille de la collection est couverte de points abondants qui indiquent que la base minérale de la glaçure est le cuivre comme dans le sang de bœuf et les foies. Cette pièce aurait été rouge à une température normale, mais, sous l’influence d’un feu trop violent, elle a été dépouillée de son vêtement naturel et elle a pris le ton gris du pelage de la souris. Je ne garantis pas cette hypothèse, elle est cependant vraisemblable et approuvée par des céramistes de profession. On m’insinue que la couverte en question pourrait être un céladon vert d’eau détourné de sa couleur ordinaire, cette opinion est inadmissible et je la repousse avec assurance parce que rien n’expliquerait alors le pointillé caractéristique de la surface. La coloration du vert d’eau est due au fer, nous n’aurions pas de pointillé.

Le bleu turquoise et le violet sont des émaux qui avaient déjà une grande vogue au dix-septième siècle et qui, au dix-huitième, loin de dégénérer, acquièrent de nouveaux titres de gloire; de nombreux spécimens en font foi et attestent l’excellence des artistes qui ont illustré cette période féconde.

Nous parlerons cl’abord du bleu turquoise; sa tonalité prend un caractère de suavité exceptionnelle.

Perroquet bleu turquoise truité sur un rocher violet ajouré; bec et pattes en biscuit blanc.

Réservoir à eau, formé d’une pêche de longévité en bleu turquoise truité, avec anse et goulot imitant des tiges dont les rameaux feuillus violets adhèrent au fruit.

Crapaud à trois pattes, couché, couvert d’aspérités formant pustules.

Bouteille piriforme à col évasé, décor gaufré : dragons au milieu d’arabesques.

Boîte lenticulaire portant des chauves-souris dans les nuages gravées sous couverte.

Le violet partage la faveur dont jouit le bleu turquoise.

Perroquet violet sur rocher bleu turquoise ajouré; bec et pattes en biscuit blanc non émaillé.

Réservoir à eau, forme pêche, fond violet; anse et goulot jaunâtres imitant une branche avec rameaux feuillus en bleu turquoise adhérents au fruit.

Kouan-inn accroupie; couverte en violet uni.

Coquillage violet servant de vase à eau.

.J’ai hâte de commencer la description des sujets polychromes de la porcelaine décorée; nous allons assister au véritable triomphe du potier chinois sous Yung-tching et Kien-long.

L’art céramique est arrivé à la plénitude de sa lloraison, il déborde de toutes parts, il entonne un chant de victoire répercuté par tous les échos les plus lointains, malheureusement ce sera le chant du cygne. Après les trophées glorieux la décadence et le deuil, la jeunesse n’est pas éternelle.

Je m’occuperai d’abord des porcelaines blanches décorées en bleu de cobalt ou en rouge de cuivre; je parlerai ensuite de celles qui portent cette double ornementation.

Blanc décoré en bleu de cobalt. Bouteille ornée d’arabesques bleues entre deux bordures de rinceaux fleuris.

Aiguière à panse piriforme, fond crème, décor bleu : palmettes et dents de loup au dessous desquelles se déroulent des arabesques; goulot en S et anse avec rinceaux fleuris.

Vase balustre carré aplati portant des pivoines en fleurs au milieu desquelles émergent, sur deux faces, un fong-hoang et un dragon superposés. PL IV,

Vase balustre aplati avec ornements archaïques en bleu agatisé; anses tubulaires.

Blanc décoré en rouge de enivre. Vase formé de deux poissons accolés et dressés sur la queue, portant des écailles imbriquées en rouge de cuivre sur fond blanc; tête rouge; ouïes et contour de 1 œi l blancs.

Boîte octogone blanche décorée en ronge de cuivre; sur les panneaux latéraux, pivoines et arabesques; sur la partie supérieure du couvercle, bordure de grecques, huit compartiments contenant, chacun, un des huit attributs

ÉPOQUES DE FABRICATION. 491

bouddhiques et, au centre, cachet rond de longévité entouré de chauves-souris accolées. PL XI, 30.

Blanc décoré en bien de cobalt et ronge de enivre. Bouteille sphérique à long col avec personnages sous un arbre.

Flacons à tabac avec animaux ou insectes.

Vase subconique, à couverte blanche ondulée, portant des nélumbos fleuris; fin Khang-hi ou époque Yung-tching.

Les porcelaines blanches à décor polychrome sur couverte sont ornées d’émaux tendres qui seraient brûlés dans une fournaise trop ardente; leur traitement exige des ménagements de toute sorte. Le potier a besoin ici de faire appel à toute son ingéniosité et de mettre en œuvre toute sa science; la réussite est le fruit d’une expérience consommée.

A cette date, les couleurs tirées du chlorure d’or, le carmin, les roses plus ou moins rompus abondent et constituent l’ornementation principale; le vert, au contraire, se montre avec plus de parcimonie, il se dissimule discrètement au second plan comme s’il comprenait que sa splendeur s’est évanouie, que sa situation est devenue subalterne et qn’il est impuissant désormais à soutenir le lourd fardeau de son ancienne renommée. Quand l’artiste a usé avec modération de ces nuances nouvelles et a su se renfermer dans une tonalité modeste et tempérée, il a produit des œuvres admirables d’une suavité délicieuse; malheureusement, parfois, il ne s’est pas souvenu que l’écueil est à l’entrée du port.

Gourde orbiculaire aplatie, sur piédouche rectangulaire, avec col quaclrilobé, accosté de deux anses en rinceaux; fond blanc, décor polychrome; bordure de dragons et de fong-hoangs en or. Sur une face, deux femmes debout, richement vêtues, regardent des plantes aquatiques dans une vasque jaune gravée; sur l’autre, deux femmes, assises sous des bananiers, causent près d’un vase rempli de fleurs. Ces femmes font partie du groupe des dix Beautés célèbres dans l’histoire chinoise (Palais d’Été). PL XXXII, 89.

Vase ovoïde blanc, décor polychrome : rochers, bambous, pêchers fleuris, champignons et deux grues blanches (Palais d’Eté). Tous ces signes de longévité expriment un souhait de longue vie à l’adresse du donataire.

Bouteille piriforme à long col, fond blanc, émaux de couleur : arbre sacré séculaire entouré d’une balustrade et arbustes fleuris, émergeant d’un rocher factice, arrosés par deux jeunes filles sous la surveillance de trois femmes (Palais

d’Eté). PL XXXI, 86. Les vêtements des personnages sont très luxueux.

Bouteille piriforme à long col, fond blanc, décor polychrome : deux paons sur des rochers entourés de buissons fleuris multicolores (Palais d’Eté). PL XXXIII, 92.

Vase sphéroïdal blanc, émaux polychromes : coqs, poules et poussins au plumage varié au milieu d’arbustes en fleurs (Palais d’Eté). PL XXXV, 106.

Bouteille piriforme à long col renflé à l’orifice : au col, rinceaux roses sur lesquels se détachent des feuilles dressées, des pendeloques, des ornements en couleur; sur la panse, entre deux bordures jaunes fleuronnées, paysage polychrome animé d’axis et de cerfs blancs, en troupe ou isolés, courant ou au repos, au milieu de rochers et de grands pins; au dernier plan, hautes montagnes; à la base, rinceaux roses chargés de palmettes vertes dressées (Palais d’ Été). PL XXXV, 104.

Paire de vases ovoïdes; petit col droit avec caillouté rose à fleurettes; fond blanc craquelé, décor en couleur : fête du dragon et des lanternes entre deux bordures jaunes fleuronnées (Palais de Pékin).

Vase turbiné à base élargie, fond blanc, émaux polychromes; la déesse des Génies, Si-wang-mou, sur les nuages, une corbeille de fleurs au dos, accompagnée d’une suivante portant un vase fleuri (Palais cl’Eté). PL VIII, 25.

Vase ovoïde, fond blanc, décor polychrome : deux jeunes femmes et un enfant devant une table chargée de vases ; plus loin, hauts sycomores; une des femmes, en somptueux costume, fume une pipe d’opium; sur le col, mobilier.

Vase d’applique pour bouquet en forme d’éventail à moitié déployé, fond blanc, émaux de couleur ; sur la feuille, plantes et oiseaux; sur les tiges de la monture, arabesques entrecoupées de cartouches avec fleurs, vases ou paysage ; sur les faces latérales, bambous et pêchers.

Bouteille blanche avec dragon tenant un anneau; décor en vert, jaune et rouge .

Bouteille quadrangulaire aplatie à long col carré entouré d’un dragon en relief tenant un ling-tchi ; décor en émail pourpre et bleu foncé; sur le col, grecques et cartouches juxtaposés avec inscriptions; sur la panse, bande vermiculée avec arabesques; à la base, faux godrons. PL XXIX, 82.

Flacon tabatière en forme de femme portant une veste bleutée et un pantalon rouge à fleurs arabesques polychromes.

Les vases en porcelaine mince, dite coquille d’œuf, sont des morceaux de roi;

ÉPOQUES DE FABRICATION. 193

les vrais amateurs les regardent avec respect et ne les touchent jamais sans émotion.

Petite bouteille, à panse sphérique et long col, décor polychrome sur fond blanc; tiges fleuries variées et deux oiseaux perchés (pièce d’élite). PI. XXXI 11,

Vase ovoïde, fond rouge corail chargé de fleurs ornementales en or, portant deux réserves blanches lobées avec personnages polychromes.

Ces échantillons de premier ordre suffisent pour nous initier aux beautés de la porcelaine de cette époque.

Les vases coquille d’œuf à décor de mandarins, dont il sera question plus loin, n’excitent plus mon enthousiasme au même degré ; ils dénotent un art moins pur, moins élevé ; c’est le commencement de la décadence.

Quant aux assiettes coquille d’œuf si fines, si délicates, je reporte leur description au chapitre de la porcelaine d’exportation, à leur place naturelle.

Il est une ornementation, particulière à cette époque, qui sert de transition entre le décor vert Khang-hi et le décor Yung-tching aux tons roses. Sur un fond blanc laiteux s’enlèvent des personnages et des motifs en vert, rouge de fer, jaune, bleu et violet de manganèse. Ces cinq couleurs sont toujours associées avec adjonction de noir dans des cas rares. La caractéristique de ce décor, dont le vert est superficiel, mais d’une nuance agréable, consiste en ce que le tracé du dessin et les nervures ou autres accessoires sont figurés en traits bleus, qui donnent une note spéciale. Ce genre de fabrication ne manque pas d’originalité, il rappelle vaguement des procédés antérieurs, c’est, moins une copie qu’une réminiscence. Les pièces similaires de la période Ouan-li ont bien une tonalité qui offre quelque analogie, mais les couleurs sont plus crues, plus heurtées, moins fondues; l’ensemble est moins étudié et moins parfait que sous Yung-tching, c’est la loi du progrès.

Bouteille à panse sphérique et long col renflé au sommet, fond blanc, décor polychrome : dragon et fong-hoang au milieu de pivoines fleuries.

Gourde orbiculaire aplatie avec fleurs ornementales polychromes sur fond blanc.

Bol hémisphérique avec couvercle bombé, fond blanc, émaux de couleur : attributs bouddhiques, champignons et cachets ronds de longévité au milieu de rinceaux arabesques; quatre de ces cachets sont peints en noir.

Nous mentionnerons ici un magnifique vase turbiné à base élargie de l’époque

CERAMIQUE CHINOISE.

Kien-long; le décor dit aux mille fleurs consiste dans un entrelacement de tiges fleuries juxtaposées présentant une variété de types et de nuances infinie ; la flore chinoise y est représentée avec un luxe incroyable. Ce vase produit l'effet d’une immense gerbe de fleurs, d’un bouquet colossal (Palais d’Eté). PL XXNVI, 109.

Nous abordons maintenant les fonds colorés enrichis d’émaux polychromes, qu’ils soient unis ou à rinceaux gravés; cette merveilleuse série nous ménage de nombreuses surprises. Ce décor comprend des personnages, des animaux, des plantes, des fleurs, des arabesques, du mobilier, des attributs peints directement sur le fond ou placés dans des réserves blanches. Je ferai successivement passer sous vos yeux les principaux fonds.

Fond rouge de cuivre. Petit vase bursaire à large col évasé avec fleurs en

couleur.

Fond rouge de fer. Bol hémisphérique orné de tiges fleuries en couleur.

Cette nuance a une tendance marquée à se rapprocher du rouge corail quand elle se présente en grande surface.

Fond corail. Vase ovoïde fond rouge de fer chargé d’ornements en or et coupé par quatre médaillons avec jeux d’enfants, surmontés, chacun, d’un papillon; émaux polychromes.

Les pièces suivantes sont également à fond corail : Vase ovoïde avec fleurs variées multicolores.

Bol hémisphérique décoré de pivoines ornementales polychromes.

Bol portant, à la base, les flots réservés en blanc (Yung-tching).

Jardinière avec décor arabesque polychrome et bordure fleuronnée jaune cernée d’un filet bleu.

Boîte ornée de rinceaux d’or et d’une réserve blanche avec jeux d’enfants en couleur; un vase ovoïde analogue est décoré de fleurs dans des réserves.

Fond carmin. Vase turbiné avec bambous et branche dépêcher polychromes.

Bol hémisphérique avec trois rouleaux blancs réservés ornés de fleurs en couleur.

Soucoupe et gobelet; au pourtour, trois réserves en forme de feuilles ou de fruit avec bouquets en couleur; au centre, médaillon circulaire blanc avec pêche polychrome.

Fond amarante . Vase ovoïde fond amarante chargé de rinceaux gravés sur

ÉPOQUES DE FABRICATION. 195

lesquels se détachent, en couleur, un arbre fleuri, deux oiseaux perchés, des iris et des rochers.

Bol avec pivoines ornementales polychromes.

Bol portant des rinceaux gravés sur lesquels s’enlèvent des médaillons blancs occupés par des fleurs ou du mobilier en couleur Palais de Pékin .

Fond rose. Vase ovoïde chargé de rinceaux gravés portant une tige de chrysanthème polychrome .

Vase à eau, en forme de soulier; à la base, bordure gris de perle à rinceaux multicolores; sous la pièce, scène d’amour.

Fond abricot. Vase à eau sphérique orné de petits poissons noirs sur des flots verts au-dessus desquels se montre un quartier du disque binaire ; en haut, deux grues roses au vol.

Fond jaune. Bouteille piriforme côtelée à long col orné de palmettes vertes dressées; sur la panse fond jaune, au sommet et à la base, lambrequin blanc décoré de chauves-souris hiératiques bleues ou violettes alternant.

Bouteille sphérique à long col avec chiens de Fô polychromes dans les flammes.

Vase à eau sphérique, fond jaune paille, décor de salamandres et d’arabesques en bleu de cobalt.

Bol couvert, fond jaune pâle, orné d’arabesques couleur bistre.

Bouteille à panse turbinée et col évasé, fond jaune serin chargé de rinceaux gravés avec tiges fleuries en couleur.

Bouteille fond jaune, décor pol\ chrome; au col, palmettes et lambrequin; à Eépaulement , rinceaux fleuris; sur la panse, fleurons décoratifs; à la base, faux godrons.

Pitong cylindrique, fond jaune serin, orné cl’un pêcher fleuri en violet de manganèse tirant sur le noir.

Fond feuille morte. Bols décorés, en couleur, de personnages ou de mobilier.

Gobelet et soucoupe avec dragons verts dans les nuages.

Pitong orné de rinceaux rouges sur fond feuille morte portant des arabesques polychromes.

Vase balustre : sur le col, feuilles dressées; sur la panse, dragons blancs craquelés au milieu de nuages en céladon vert d’eau; à la base, flots en gris craquelé.

Fond capucin, nuance plus foncée que la précédente.

Bol campanule avec papillon et branches fleuries polychromes ; beaux reflets métalliques.

Fond café au lait. Bouteille piriforme décorée de chrysanthèmes et de bégonias en couleur.

Compotier orné de plantes polychromes.

Fond brun. Vase ovoïde, fond marron, décor au trait bleu sur parties blanches réservées : papillon, fleurettes, deux groupes de plantes fleuries et oiseaux sur rochers.

Bouteille piriforme à long col renflé à l’orifice, fond cliocolat, décor en relief : trois dragons en blanc et rouge de cuivre au milieu de nuages bleus; copie d’un vase Rien-long1 faite sous Kia-king.

Bouteille piriforme à long col, fond brun aventuriné , portant des chiens de Fô multicolores dans les nuages.

Compotier, fond brique brunâtre, avec trois bouquets en couleur.

Bol brun tirant sur le noir avec ornements dorés.

Fond bleu. Bol campanulé, fond bleu azur, décor en couleur : au pourtour, quatre groupes de salamandres hiératiques accouplées alternant avec des fleurs arabesques (Palais d’Eté).

Vase ovoïde avec gorge évasée, fond bleu verdâtre uni, émaux polychromes : pivoines et bégonias. PI. XXXIV, 97.

Bouteille piriforme à long col, fond bleu verdâtre, chargé de rinceaux gravés sur lesquels se détachent, en couleur, des bouquets et deux lépidoptères (Kienlong).

Bouteille sphérique à long col, fond bleu verdâtre, avec fleurs ornementales en bleu de cobalt à feuillage d’or.

Bouteille piriforme à long col, même fond, portant des chauves-souris dans les nuages en rouge de fer.

Bol évasé bleu foncé avec branche fleurie et oiseaux en couleur.

Bol bleu foncé orné, en relief, de nélumbos et de poissons blancs alternant.

Petite bouteille formée de trois gourdes engagées, fond bleuté, portant des paysages en noir; nœud en relief à la naissance du col.

Bouteille à panse sphérique et col cylindrique, fond gros bleu, décor de Heurs arabesques en or.

Vase balustre quadrangulaire , fond bleu verdâtre , portant, en reliefs dorés, des bordures de grecques et de dents de loup , le Taï-ki, les Pa-koua et des

EPOQUES DE FABRICATION

dragons hiératiques; sur l’épaulement, à chaque angle, dragon ornemanisé formant arête saillante. PI. XI, 31.

Fond violet héliotrope. Bouteille piriforme portant un semé de bouquets polychromes.

Fond violet tirant sur la lie de vin. Pitong cylindrique ajouré : pin et pêcher à rameaux entrelacés.

Fond lilas. Coupe en forme de fleur de chrysanthème lilas à nervures rouges, portée sur une tige à feuillage vert.

Fond violet de manganèse. Grand pitong cylindrique, formé de segments de tronc de bambou, fond violet à reflets métalliques rubis très accentués, décoré de plantes et de fleurs polychromes en relief sur rocher.

Fond vert. Présentoir en forme de nacelle, fond vert, décor en couleur : arabesques.

Vase à panse ovoïde et col cylindrique; anses en ailerons formés de feuilles brunes avec nervures d’or; fond vert à treillis noir ; sur le col, bordure fleuronnée à pendeloques et tiges à feuilles dressées; sur la panse, quatre médaillons blancs, encadrés de fleurs, contenant un tigre en baudruche suspendu à un lacet ; entre les réserves, pendeloques attachées à une bordure placée à l’épaulement (Palais d’Été). PL XXXIV, 98.

Vases géminés, de forme ovoïde aplatie ; l’un vert clair plus petit placé eu avant du second couleur rose ; décor de rinceaux fleuris arabesques en couleur (Kien-long).

Bol vert pâle portant une bordure fleuronnée, des arabesques et de faux godrons polyc 1 1 rouies .

Pitong fond vert turquoise de Chine avec deux réserves blanches rectangulaires ornées d’un paysage carmin.

Bol en porcelaine mince, fond vert pomme, décor gravé : bordure de rinceaux, pavé de mosaïque portant trois bouquets polychromes et faux godrons, (Palais d’Eté); vu en transparence, ce bol est un vrai bijou.

Bol, vert olive, avec motifs en bleu et rouge; lustre métallique prononcé. Bol, vert bleuté, émaux polychromes : glycines fleuries en grappes, roses, oiseau (Palais d’Eté).

Coupe ou plateau hexagone, à bords droits côtelés, décor en couleur : bouquet central sur fond vert pâle quadrillé d’or; bord intérieur bleu à fleurettes, bord extérieur vert quadrillé d’or; sous la pièce, bande rose à

rinceaux lleuris symétriques encadrant une surface verte semée de fleurs.

Fond gros vert tirant sur le noir. Paire de potiches portant, à l’orifice et à la base , des lambrequins carmin ; fond gros vert chargé de chrysanthèmes multicolores et coupé par quatre réserves blanches à paysage ou à bouquet alternant; couvercle bombé surmonté d’un chien de Fô; émaux polychromes. PI. (XXXIX, 116). Une paire identique a été adjugée à Londres, l’an dernier, pour la somme de vingt mille francs.

Bol, gros vert, avec guirlande de fleurs polychromes.

Bol analogue avec arabesques en couleur.

Gobelet campanule, même fond, avec fleurs ornementales en vert pâle; coupe avec même décor.

Fond brun noirâtre. Cette couverte est une nouveauté de la période Kienlo ng.

Vase turbiné avec fleurettes et papillons polychromes.

Thé ière à corps piriforme avec deux réserves blanches à coq ou à fleurs en couleur.

Vase piriforme, à large col et piédouche saillant, portant la face du Tao-tié glouton) et des ornements hiératiques en or.

Bouteille piriforme avec branche de pêcher fleuri en émail blanc.

Fond noir mat. Bol à bordure quadrillée en or avec coquilles auxquelles sont suspendues des guirlandes dorées; au pourtour, quatre personnages polychromes en costume de fantaisie dansant ou jouant de la mandoline.

Fond à filigranes bruns. Vase balustre arrondi portant un dragon noir dont le dos est couvert d’écailles d’or et le ventre d’écailles routes; nuages et flammes en couleur; dents, griffes et tour des prunelles réservés en blanc; à l’orifice et à la base, bordure noire à rinceaux dorés.

Vase fuselé à triple bordure ornementale; sur la panse, bouquets multicolores; à la base, compartiments verts ou roses avec pendeloques alternant.

Vase balustre arrondi, de forme élancée, décor polychrome : nélumbos, pivoines et branches de pêcher en fleur. PL XXX, 84.

Fond dit arlequin. Paire de potiches turbinées avec couvercles bombés à bouton; douille bordure mosaïque à réserves fleuries et lambrequin filigrane à fleurettes; fond arlequin à bandes longitudinales quadrillées alternativement bleues, roses, jaunes et violettes sur lequel se détachent trois réserves blanches lobées occupées par un faisan argenté au milieu de fleurs et trois autres

ÉPOQUES DE FABRICATION

réserves en forme de feuilles , ornées de bouquets ; à la base , faux godrons ; émaux polychromes. PL XL, 117.

Ces vases, qui mesurent soixante centimètres en hauteur, se distinguent par l’élégance de la forme et la perfection du décor ; ils auraient grand air dans la demeure la plus somptueuse et seront accueillis avec joie par l’amateur le plus sévère.

Le fond blanc avec arabesques bleues , n’est pas inférieur au fond rouge de fer avec arabesques blanches de la période Khang-hi ; il encadre à souhait les sujets peints au centre.

Compotier blanc, décor polychrome : bordure de feuillage doré ; large bande chargée d’arabesques bleues; au centre, femme assise regardant deux grues dans un intérieur luxueux.

Les fabrications exceptionnelles abondent à cette date. J’ai énuméré les imitations de bronze, de marbre et autres exécutées sous ce règne, je décrirai deux nouveaux spécimens d’un goût exquis provenant du Palais d’Eté : le premier est un petit vase balustre aplati fond bleu verdâtre chargé de grecques gravées sur lequel se détachent, en relief doré, des ornements archaïques. PL XXXII, 91.

Le second est une petite bouteille quadrangulaire à long col carré portant des dessins hiératiques en or et en relief sur un fond à patine de bronze vertde-grisé. PL XXXII, 90.

J’ai également parlé des coupes de Kiun et des clairs de lune reproduits avec tant de perfection par Tliang à la manufacture impériale; voici deux de ces merveilles.

Coupe ou vase surbaissé à large ouverture ; anses en demi-arceaux et pieds en tétons; couverte flambée rouge de fard ; intérieur bleuâtre; copie d’un Kiun-yao.

Coupe hémisphérique, sur trois pieds en trèfle, fond violacé et bleuté, portant sur le pourtour extérieur un rang de têtes de clous en relief; copie d’une pièce Youen dans le ton du clair de lune teinté de violet d’aubergine.

Je citerai encore un joli vase ayant la nuance et la forme de l’œuf d’autruche, nuance qui se rapproche aussi de l'ivoire ; il est orné de rinceaux fleuris dorés au milieu de longues craquelures; autour de l’ouverture circulaire s’enroule une salamandre rouge orangé pointillée d’or Palais d’Eté), (Kienlong). PL XXXV, 108.

Les porcelaines flambées réclament toute notre attention, notre série est intéressante et complète; l’époque Khang-hi seule égale presque la fabrication des flambés de cette période glorieuse, qui offre toutes les variétés.

Bouteille piriforme fond rouge avec taches violacées.

Coupe basse en forme de pêche ouverte et évidée adhérente à la tige qui porte deux autres petits fruits; tons rouge, bleu et violet (marquée Kien-

lono-j .

Bouteille fond rouge groseille veiné de bleu (marquée Yung-tchingj.

Aiguière à panse sphéroïdale côtelée et col renflé terminé en bec; anse latérale en S; couverte flambée rouge brique avec traces de macules vertes et coulées bleues violacées sur les côtes (marquée Yung-tching).

Bouteille fond gris moucheté de taches bleues et jaunes à l’instar d’une fourrure; le dessous de la pièce est émaillé, ce qui dénote une bonne qualité.

Bouteille fond jaunâtre portant des taches rondes en rouge de cuivre haricot régulièrement disposées comme les yeux de la queue du paon.

Petite bouteille à panse surbaissée et long col, fond jaune veiné de brun et marbré de vert; couverte flambée.

Large coupe en forme de pêche attachée à sa tige qui porte un petit fruit; fond bleu à coulées jaunâtres et grisâtres.

Vase piriforme à large col, fond bleu foncé avec veines violacées, macules bleutées et traces de rouge haricot. Ce spécimen est précieux; le premier feu ayant été trop réducteur, la pièce a reçu une seconde glacure et le noir est devenu bleu dans le four par excès de réduction; telle est l’explication qui m’a été fournie par plusieurs céramistes de profession.

Au chapitre des fabrications spéciales j’ai cité, comme pièces rares et remarquables, un flambé vert (Khang-hi) et deux flambés décorés de motifs en couleur ( Yung-tch i ng) .

Les métaphores les plus pompeuses, les expressions les plus pittoresques, les mots les mieux choisis sont insuffisants, impuissants à dépeindre convenablement ces pièces d’élite. La poésie avec son coloris si chaud et sa langue imagée s’avouerait vaincue, si elle était astreinte à offrir une idée réelle, exacte, complète du décor le plus capricieux et le plus varié.

Porcelaine soufflée. Les porcelaines les plus fines en ce genre ont été fabriquées sous Kien-long; au dix-huitième siècle, le nombre des variétés a augmenté dans de larges proportions.

ÉPOQUES DE FABRICATION

Bouteille blanche, soufflé bleu.

Bouteille bleue, soufflé rouge.

Bouteille bleue, soufflé vert.

Vase vert pale, soufflé rouge.

Fruit jaune, soufflé vert.

Vase jaune, soufflé rouge.

Vase rouge avec larmes bleues.

Vase quadrangulaire réticulé, décor soufflé rouge sur bleu : animaux et oiseaux en relief.

Boîte rectangulaire, décor soufflé rehaussé de motifs archaïques dorés.

Porcelaine à surface rugueuse comme la chair de poule. Boîte carrée, fond vert bleuté à surface granulée ornée de rinceaux dorés ; sur le couvercle médaillon polychrome : deux femmes à la fenêtre d’un pavillon regardent un philosophe qui navigue sur un tronc d’arbre en forme de dragon et qui assiste ainsi à la réalisation de son propre rêve.

Petit vase ovoïde, quadrilobé, à surface noire granulée, portant quatre salamandres archaïques dorées.

Crapaud à trois pattes, fond vert foncé chargé de gros points vert pâle imitant les tubercules de l’animal.

Vase balustre carré aplati, fond jaunâtre granuleux comme la chair de poule; réserves blanches craquelées sans décor sur les côtés et occupées, sur les deux faces principales, par la reine des Génies et son axis en relief (ancienne collection de l’amiral Coupvent).

Porcelaine à couverte peau d’orange. Bol bleu avec tige fleurie et deux oiseaux en couleur.

Bouteille piriforme à col évasé, fond héliotrope, portant un semé de bouquets polychromes.

Décor à grains de riz. Bol couvert, fond vert d’eau avec grains de riz blancs; à l’orifice, bordure ornementale et, à la base, faux godrons en blanc, bleu et or; intérieurement, même décor avec le cachet rond de longévité, au fond, entouré de cinq chauves-souris accolées.

Bol couvert blanc portant des grues au vol au milieu des nuages en couleur; le corps des grues est formé de grains de riz juxtaposés.

Bol vert foncé avec grues blanches au vol au milieu de nuages polychromes; même travail que le précédent.

ŒRAMIOUE CHINOISE.

Porcelaine ajourée et réticulée. Corbeille de suspension à panse surbaissée et large ouverture épanouie en collerette ; anse formée d’anneaux et d’une poignée en biscuit non émaillé; fond blanc, décor polychrome; sur les deux faces de la collerette, papillons variés; à l’épaulement et à la panse, parois réticulées et bordures mosaïques; sur le piédouche, gracieux entrelacs. PL XXXVII, 112.

Ting, en forme de cage ajourée, composé de trois pièces mobiles avec bordures arabesques; partie inférieure carrée, avec rebord saillant orné des huit attributs bouddhiques, fond vert à bâtons rompus blancs en relief; partie centrale carrée à panneaux découpés à jour; couvercle à parois réticulées, inclinées en biseaux, avec sommet plat surmonté d’un chien de Fô; les parties ajourées offrent des dessins géométriques. PL I, 1.

Vase sphérique, fond vert pomme; entre deux bordures de fleurettes juxtaposées repercées à jour, quadrillé gravé avec point ajouré au centre de chaque carré. PL XXXIV, 99.

Je rappellerai qu’il y a des plats, des compotiers et des bols avec bordure découpée à jour; le centre est occupé par des sujets polychromes.

Porcelaine dorée. Deux statuettes de Bouddha dont le corps est doré et les vêtements sont carmin ou orangé. PL IX, 26.

Vase à eau sous forme de s aï ci , liim-ot de métal creusé en baignoire mi-

nuscule.

Bol, fond or, portant une bordure de grecques et des fleurs ornementales en émail bleu de relief.

Bol, fond or, avec nélumbos en couleur.

Pitong cylindrique, avec anses en salamandres et trois pieds en forme de têtes, fond or, portant le caractère foii bonheur en bleu et en relief.

Porcelaine à décor en relief. Grand vase cylindrique à col droit; sur le col, entre deux bandes dorées ornements archaïques en relief; sur l’épaulement, bordure mosaïque rouge chargée de caractères chinois en relief et contre! >ordure dorée avec salamandres; sur la panse, fond blanc, décor polychrome en relief : Les Cheu-pa Lohans, les dix-huit principaux patriarches du Bouddhisme en Chine, figurés au-dessus des Ilots; à la base, bande dorée avec arabesques blanches (PL XII, 32 et 33). Ce vase est représenté sous deux de ses faces.

Vase à panse subconique et large col évasé, fond blanc, craquelé, décor polychrome en relief : saule agité par un ouragan dans un pays accidenté et en-

ÉPOQUES DE FABRICATION

fant sur un buffle souriant à la vue de son chapeau emporté par le vent (marque de Yung-tching). PI. NXX, 85.

Bouteille blanche en porcelaine ondulée; autour du col, lézard rose à cornes vertes.

Vase en forme de calebasse rougeâtre sur laquelle se détachent, en reliefs dorés, des tiges, des feuilles et des fruits de cucurbitacées. PI. XXXI, 87.

Vase, fond noir, avec tig’es fleuries en couleur (Vente Montebello).

Bouteille, à panse sphérique et long col cylindrique, fond jaune, portant, en relief, trois chiens de Fô verts dont le pelage est strié en noir; sur le col, chauve-souris en violet.

Pitong cylindrique, fond jaune serin, décor en relief : personnages, oies et pin.

Vase à eau sphérique, fond bleu verdâtre, imitant une boule de neige fleurie dont la tige, chargée de feuilles, est accolée à la panse. PI. XXXIV, 103.

Jardinière surbaissée hexagone, fond vert pâle, décor doré en relief : fleurs ornementales.

Jouy formé d’une branche de pêcher peinte au naturel avec rameaux verts et pêches roses en relief.

Des tasses et soucoupes, faites pour l’Europe, à décor bleu, portent, en relief, des tiges fleuries et des loirs ; ces reliefs restent blancsou sont teintés en couleur.

Vases engages, géminés ou bijugués. Les poissons accolés, dressés sur la queue, sont des cadeaux de relevai II es, ainsi que tous les vases engagés. Dans certaines pièces de ce genre la bouteille placée en avant est plus petite de taille que celle de l’arrière.

Bouteilles engagées : l’une est rouge d’or; l’autre, plus élevée, bleu verdâtre, porte un dragon doré en relief enroulé autour du col et de la panse. PI. XXXI,

Les ateliers chinois ont fabriqué des animaux moulés ou modelés ornés d’émaux polychromes.

Les principaux sont : le chien de Fô, le fong-hoang, le dragon, et quelques autres monstres fabuleux, l’éléphant, le cheval, le buffle, l’axis, le chien, le chat, le coq, le canard, la grue, le paon, le perroquet, le mouton, la chèvre, le lapin, le singe, le loir, le crapaud, la grenouille, le poisson, la chauvesouris, la salamandre, le crabe. Je citerai, à titre d’exemple : un coq superbe d’allure ; un volatile ayant la tête d’un oiseau de proie et un plumage de fantaisie

multicolore; de charmants poissons rouges; un joli singe jaune, au masque grimaçant, campé sur un livre ; un mouton couché à l’épaisse toison frisée de couleur blanche (très rare) ; une salamandre ocellée sur une feuille verte. Nous avons déjà fait connaissance avec deux petits dogues rapportés du Palais de Pékin. Tous ces animaux, saisis sur le vif dans leur posture naturelle, ont été représentés avec succès; ils ont été modelés par de véritables artistes, personne n’oserait le nier. Je ne pense pas utile d’ajouter que, dans l’œuvre chinoise comme partout ailleurs, une sélection est nécessaire; on ne doit pas confondre la fabrication commerciale avec l’objet d’art, et ce dernier seul a des titres sérieux à notre admiration.

PORCELAINES D’EXPORTATION

EXECUTEES POUR L’EUROPE

Nous avons tous eu mille occasions Je voir et de manier ces porcelaines. Personne n’ignore que les plats et assiettes, à marli rabattu, sont des modèles européens qui seraient incommodes dans un pays où le riz et les autres mets se mangent avec de longs bâtonnets que le Chinois manœuvre avec tant de dextérité. Ces pièces, fabriquées sur commande, ont été apportées dans nos contrées dès leur sortie du four. Ce fait explique l’étonnement d’un marchand chinois qui n’avait jamais vu dans son pays les assiettes dites coquille d'œuf et qui cependant reconnaissait, sans hésiter, que ces bijoux étaient originaires de sa patrie ; il n’avait pu les rencontrer à Pékin puisqu’aucun de ces produits d’exportation n’avait été conservé en Chine.

Si quelques pièces de ce genre ont été achetées récemment dans les villes chinoises, cela se comprend quand on sait que ces assiettes, rachetées en Europe, avaient été réexpédiées dans l’Extrême-Orient.

Grâce à sa puissante marine, la Hollande réussit à supplanter les nations rivales sur les marchés chinois on japonais et finit par accaparer à son profit le monopole presque exclusif de ce commerce lucratif qu’elle avait d’abord partagé avec le Portugal et la République de Venise. La Russie et la Suède ont également trafiqué avec la Chine ; de belles potiches de la période Kien-long, fond gros vert à décor polychrome, achetées dernièrement dans la presqu’île Scandinave, provenaient des voyages faits en Orient au dix-huitième siècle par les navigateurs Suédois et Norvégiens. La France, de son côté, n’est pas restée étrangère à ce mouvement commercial, et, dès 1685, elle possédait une

compagnie des Indes fondée par les soins de Mazarin. Cette compagnie approvisionna jusqu’en 1719 notre marché des produits céramiques du Céleste Empire et principalement de pièces armoriées.

Pendant plus d’un siècle, la compagnie des Indes néerlandaise se chargea de commander en Chine ou au Japon et de rapporter aux destinataires les porcelaines d’Orient si convoitées et si admirées. Des services de table entiers sont sortis des ateliers chinois, timbrés aux armes des rois et des «rancis seigneurs ou marqués aux chiffres des personnages opulents de cette époque. C’est par les Pays-Bas que furent introduites dans nos contrées la plupart des pièces reproduisant des sujets mythologiques, bibliques ou civils copiés sur de mauvaises gravures européennes. Ces estampes passent quelquefois entre nos mains en France, on peut alors constater à la fois la défectuosité du modèle et l'exactitude de la copie.

Les scènes tirées de la mythologie ou de la Bible offrent des détails qui divertissent parleur singularité et leur naïveté.

Les armoiries ne sont pas toujours rendues avec une précision parfaite; certaines particularités nous frappent par leur étrangeté, cela tient évidemment à l’ignorance du céramiste oriental qui, malgré sa lidélité d’exécution ordinaire, a traduit son modèle d’une manière approximative, dans un style obscur ou comique, n’ayant pas compris le sens véritable de l’œuvre commandée. Cette interprétation erronée, qui ressemble à une parodie sarcastique, provoque des surprises et procure des moments de douce hilarité fort agréables et très innocents trop rares en ce monde.

Assiette blanche, décor bleu : sur le marli, fleurs ornementales; au centre, écusson armorié de la marquise de Pompadour.

Tasse et soucoupe, fond blanc, avec bordure arabesque en or, décor noir : Saint Ignace de Loyola, debout devant un autel, tenant un livre sur lequel on lit : « Ad majorent Dei gloriam ».

Assiette, avec bordure de rinceaux bleus en relief, fond blanc, décor polychrome ; sujet mythologique : divinités sur un char traîné par deux lions métamorphosés en chiens de Fô ; au premier plan, amours se jouant au milieu de corbeilles de fleurs.

Tasse et soucoupe, fond blanc, décor en couleur : dame et seigneur en riche costume dans une bordure bleue à franges d’or déchiquetées.

Assiette à décor polychrome : bordure bleue quadrillée d’or et feuilles en

PORCELAINES D’EXPORTATION

saillie chargées de fleurettes alternant avec du mobilier ; au centre, seigneur et noble dame, en costume Louis XV, se promenant avec un chien au milieu d’arbustes fleuris.

N’insistons pas sur ce genre de spécimens que nous ne pouvions passer sous silence, mais qui excitent notre curiosité plutôt qu’ils ne nous captivent par leur beauté. Le critique doit tout enregistrer lorsqu’il écrit l’histoire d’une branche de Part sous peine d’être incomplet ou d’être accusé d’ignorance ; il obéit, toutefois, à une pratique judicieuse et à une loi rationnelle en se contentant d’effleurer rapidement les sujets d’une importance secondaire.

Les bols suivants présentent des sujets civils :

Bol jaune portant des fleurs ornementales polychromes et deux réserves blanches avec paysages flamands en noir.

Bol blanc chargé de rinceaux bleus avec deux réserves contenant des pêcheurs flamands en émaux polychromes.

Deux assiettes blanches reproduisent le même sujet en grisaille et en couleur : pêcheur à la ligne dans un paysage flamand.

Ces copies de gravures ou de dessins d’Europe me touchent peu, quelque soit leur perfection; je préfère, sans hésiter, les scènes à personnages dans le goût oriental et les décors empruntés à la faune ou à la flore des contrées exotiques.

Je ressens un plaisir plus vif en voyant ces branches négligemment jetées en travers d’un plat, surtout quand un oiseau au plumage éclatant anime le tableau et semble entonner les plus mélodieuses chansons. J aime ces bouquets aux fleurs variées ou ces corbeilles remplies de pivoines et de chrysanthèmes qui exhalent en apparence les plus suaves parfums. Mon regard se dirige plus volontiers vers ces poissons rouges qui évoluent sans défiance à la surface d’un lac paisible couvert de plantes aquatiques ou vers ces canards mandarins à la tunique multicolore qui nagent, côte à côte, avec tant de grâce, au milieu d’une forêt de nélumbos en fleurs. Le talent de l’artiste se développe et s’épanouit lorsqu’il est libre de toute contrainte; quand le céramiste tire ses inspirations de son propre fonds sans avoir recours à une direction étrangère, il est luimême et c’est alors qu’il a une véritable valeur.

Est-il nécessaire de vous signaler la richesse des marlis chargés de mosaïques, de quadrillés ou de fdigranes aux mille couleurs et de vous montrer avec quel goût raffiné le peintre a coupé ces bordures déjà si somptueuses par des réserves qu’il a meublées d’animaux ou de fleurs pour rompre la mono-

tonie de l’ensemble et ajouter un nouvel ornement à l’opulence du décor?

Le coq est un des oiseaux que le Chinois peint avec le plus d’amour et de sincérité; perché sur un rocher, l’air vainqueur, paré du plumage le plus étincelant, il se dresse plein d’arrogance et semble proclamer lui-même avec orgueil sa suprématie et sa beauté. Le coq, depuis l’antiquité, a été en Chine le symbole du soleil dont il annonce le lever par son chant matinal. PL XXXV, 106, PL XLII, 120.

Le cheval, le mulet, le buffle (PL XXX, 85), le chien, le chat, la chèvre, le cerf blanc, l’axis (PL XXXV, 104), le chameau, le tigre, le singe, l’éléphant, le lapin, le lièvre, les oiseaux les plus variés, la grue, le faisan (PL XLII, 121, 122), le paon (PL XXXIII, 92), le canard, l’oie, le perroquet, la perdrix, la caille, la pie, la chauve-souris, les poissons, les papillons, la libellule, la mante, les insectes sont les hôtes ordinaires des porcelaines orientales ; ils sont les bienvenus dans nos demeures et réjouissent nos yeux en faisant luire devant nous les couleurs les plus diverses, disposées avec un goût exquis. L’artiste a encore ici dépassé, en prodigalité, les dons de la nature qui s’est refusée à accorder à un même être trop libéralement ses faveurs.

Je restreindrai mes citations aux modèles courants fabriqués pour l’Europe.

L assiette à la nourrice représente une élégante jeune mère allaitant son nouveau-né; la femme peinte n’est aucunement une nourrice dans la véritable acception du mot, néanmoins la dénomination a cours légal dans la curiosité.

L 'assiette à l'iris porte au moins un nom logique : deux iris en bouquet sont encadrés dans une bordure de rinceaux entrelacés. Ce sujet existe sur fond blanc en bleu et or ou en émaux polychromes.

Le berceau est un type familier pour l’amateur. Jacquemart l’a classé, sans motif plausible, parmi les produits de l’Empire du soleil levant alors qu’il ne présente aucun des traits caractéristiques de la fabrication japonaise. Du reste, il ne subsiste plus aucun doute sur sa nationalité chinoise.

Ce plat, fond blanc, est décoré tantôt en bleu et or, tantôt en couleur : sous un berceau de verdure, taillé sur le modèle des arbustes du parc de Versailles, une femme est assise ayant à ses côtés une autre femme debout; sur le devant, un personnage à droite et un groupe de trois hommes à gauche ; au premier plan, deux canards mandarins sur un étang. Jacquemart reconnaît la future et l’entremetteuse dans les deux femmes placées sous le pavillon de feuillage et dans les trois personnages de gauche les deux pères et le futur. Comment a-t-il pu

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voir tant Je choses dans une esquisse aussi sommaire? comment a-t-il pu distinguer l’âge des personnes présentes? Ignorait-il donc que les mariages chinois ne se décident pas ainsi à la suite d’une entrevue préalable? Les négociations matrimoniales sont conduites par des tiers, par des amis communs, et l’accord intervient entre les deux familles sans que les futurs aient eu la moindre occasion de se voir. Le futur est obligé de se fier au goût et aux rapports de la personne de confiance qui a reçu de lui pleins pouvoirs pour conclure son union, et il n’aperçoit sa nouvelle épouse qu’au moment où il ouvre la chaise à porteurs, fermée à clef, qui l’a transportée de la demeure paternelle au domicile conjugal.

Quand l’époux est mécontent de la compagne qui lui a été choisie ou lorsqu’il a été dupé par des conseils intéressés et frauduleux, il jouit de la faculté de renvoyer la jeune femme à ses parents pourvu qu’il renonce à la dot payée pour obtenir sa main. En Chine, la femme est achetée par l’époux; cet usage serait peu goûté de nos jeunes gens en Europe où le mariage est souvent considéré comme un moyen d’accroître son patrimoine et de redorer son blason.

Quant à notre plat, il me semble que tous les personnages, qui y figurent, ont plutôt un air de jeunesse, sauf peut-être la personne assise sous le berceau, laquelle pourrait bien être la mère de cette nombreuse famille. Nous arrivons ainsi par le raisonnement à dire avec Jacquemart que ce plat a trait au mariage avec cette différence notable qu’il ne s’agit pas d’alliance à contracter, mais bien d’une union déjà consommée, ayant produit des rejetons. Le marli, fond vert quadrillé en noir, porte douze réserves occupées par des plantes ou des papillons nocturnes, symboles de fécondité.

La taille des arbres était pratiquée en Chine longtemps avant que la mode des jardins à la Française ne se fût répandue en France au dix-septième siècle; des documents authentiques en font foi.

Les Chinois croient que les mariages sont décidés par le Vieux de la lune, Youe-Lao , qui habite l’astre des nuits et qui unit les futurs par un fd rouge que rien ne peut rompre; la chronique en rapporte de nombreux exemples. De cette croyance dérive le culte du Vieux de la lune qui préside au destin matrimonial des jeunes gens et des jeunes filles.

De Groot raconte, à ce sujet, une légende qui remonte au temps des Thang. Un nommé Weï-kou rencontra, un soir, dans la ville de Soung-Tching un vieillard assis au clair de la lune, un livre à la main. Questionné sur le contenu

du livre, le vieillard répondit que les destinées matrimoniales des hommes y étaient inscrites : « Je lie avec un fil rouge, ajouta-t-il, les pieds de l’homme et de la femme. Fussent-ils nés de familles ennemies ou originaires de pays éloignés l’un de l’autre, leur destin s’accomplit inévitablement. Ainsi la fille de la vieille femme qui vend des légumes dans cette boutique là-bas sera ton épouse ». S’étant approché de l’endroit indiqué, notre Chinois aperçut dans les bras de la marchande une petite fille de deux ans d’un aspect déplaisant, et, voulant empêcher la prophétie du vieillard de se réaliser, il chargea un meurtrier de le débarrasser de l’enfant. Le spadassin, en s’acquittant de sa mission criminelle, ne réussit qu’à faire à la victime désignée une égratignure au-dessus de l’œil. Weï-kou se maria 14 ans plus tard avec une belle femme et il reconnut à une cicatrice que celle-ci avait au-dessus du sourcil que son épouse n’était autre que l’enfant qu’il avait cherché à faire assassiner.

L 'assiette au repas de poisson a été exécutée pour notre marché et n’exige aucune explication savante. Une simple inspection démontre qu’il n’est nullement question ici d’un repas. Un philosophe debout et trois autres assis autour d’une table basse, chargée d’un bassin, semblent disserter sur deux poissons qu’ils examinent attentivement. Cette assiette est très décorative avec poissons et oiseaux alternant sur le marli. La désignation de repas de poisson est bizarre, rien ne la justifie dans l’attitude des acteurs de cette scène familière. Il est curieux de constater la facilité avec laquelle s’accréditent et se propagent les conceptions les plus insensées; la logique n’est pas populaire en ce bas monde, chaque jour nous en apporte une nouvelle preuve.

Dans les collections du siècle dernier figuraient des plats ornés d’un navire aux couleurs hollandaises naviguant, toutes voiles au vent, sur une mer verdâtre. Ces plats étaient fabriqués sur commande pour les capitaines de navires Néerlandais qui désiraient conserver, par la peinture, le souvenir du bâtiment avec lequel ils avaient affronté, en Chine, les dangers d’un océan fécond en naufrages. J’ai un beau spécimen du genre; on lit sur un cartouche, au marli de mon plat : le navire Vryburg, capitaine Jacob Ryzik, est entré en Cliine en

La dame au parasol est un sujet assez commun sur les plats et les assiettes; plus rare sur lestasses et les soucoupes, il est alors traité avec une délicatesse charmante.

Tasse et soucoupe, fond blanc, décor polychrome; bordure de polygones

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roses juxtaposés et superposés sur deux rangs, contrebordure de fleurs et fruits, au centre : dame Annamite sous un parasol tenu par un serviteur, habillé en femme, s’avançant vers trois oiseaux arrêtés devant des plantes aquatiques.

Les plats et assiettes à marli frotté d’argent avec sujets polychromes sont toujours accueillis favorablement : au marli, quatre réserves rouges à arabesques d’or alternant avec quatre réserves blanches à fleurs bleues, remplacées parfois par des réserves noires à bouquets dorés; sur la chute, quadrillé noir à rinceaux blancs ou arabesques bleues en relief; au centre : femme, assise devant une table, jouant du kin, instrument de musique à cordes, ou se coiffant devant un miroir métallique qui reflète son image.

La plupart des plats et assiettes ont le revers orné de fleurs, de paysages, de papillons, d’emblèmes ou de motifs avec des émaux similaires à ceux de la face principale. Ainsi, un décor bleu appelle un revers peint en bleu ; un décor polychrome un revers peint avec des émaux polychromes, telle est la règle. Par exception, un de mes compotiers porte un paysage bleu, et, sur le revers, trois lépidoptères en couleur.

Je connais un seul exemple d’un plat offrant, sur la face postérieure, un motif central; mon plat n’est pas unique assurément, mais il est rare. Il représente, encadrées dans une quadruple bordure ornementale, trois jeunes femmes élégantes se promenant, sur une terrasse, au bord d’un étang sur lequel des canards mandarins nagent au milieu de nélumbos fleuris; sur le revers, trois bouquets au pourtour, et, au centre, branche chargée de deux pêches.

Souvent les assiettes et quelquefois les soucoupes en porcelaine mince ont leur revers émaillé en carmin ou en rose, par exception en jaune serin ou en bleu.

Il est des compotiers et des bols sur lesquels une tige fleurie, commencée sur une face et coupée par le bord, se retourne et poursuit son évolution au revers; cette invention est encore bien chinoise et fort ingénieuse.

Je ne veux pas m’attarder davantage et je me hâte d’atteindre la vitrine, où, derrière des glaces transparentes, l’œil découvre avec ravissement les assiettes coquille d’œuf si minces, si délicates, si frêles qu’il semble qu’elles se briseraient au simple contact de l’haleine.

Rapportées au dix-huitième siècle par les Hollandais pour orner nos étagères et nos dressoirs, elles sont trop fragiles pour les besoins journaliers. Quel régal pour les yeux! L’art décoratif est impuissant à réaliser un rêve

plus suave et plus idéal. Le céramiste chinois s’est surpassé en enfantant ces jolis bibelots si mignons, si luxueux, si inimitables.

Voyez cette jeune femme si coquette dans son riche costume, si élégante dans ses précieux atours! Voyez ces enfants espiègles et robustes jouant sur les genoux ou aux côtés de leur mère qui les surveille avec tendresse et sollicitude! Regardez ce somptueux mobilier qui entoure ces gracieux personnages et leur prête le cadre de sa splendide parure. Ici, c’est un paysage avec ses rochers, ses montagnes, ses cascades, ses maisons, ses arbres, ses lacs, lacs sillonnés de barques, lacs dont les rives sont animées par de vaillants pêcheurs; là, c’est une ornementation arabesque ou géométrique qui charme l’œil par la richesse du décor et l’ingéniosité des procédés. Plus loin, des bouquets multicolores de nélumbos, d’asters, de magnolias, de pivoines et de chrysanthèmes s’élancent, à profusion, de corbeilles ajourées ou étalent pompeusement leurs pétales jaunes, roses, violets sur la surface unie des assiettes et des soucoupes. Ailleurs, c’est un oiseau qui vole ou qui perche au milieu de buissons en fleurs, c’est un animal (pii s’avance ou qui se repose dans son attitude naturelle. D’une part, la ligne se plie docilement à d’aimables contours et la symétrie, inexorable dans ses manifestations diverses, apporte le concours de son luxe et de sa grâce, dissimulant sa monotonie sous les ornements les plus exquis; de l’autre, l’imprévu surgit, prend corps et se déroule avec ses poétiques inspirations. La science et la poésie se rencontrent sur un terrain commun dans le temple de l’harmonie. L’artiste exprime sa pensée clairement; la conception est féconde, le langage brillant, l’accent pur, la note gaie; c’est un rythme d’une mélodie suprême; c’est un hymne perpétuel à la jeunesse et à la beauté.

.Je tiens à constater, en outre , avec quel bonheur et quel talent le peintre céramiste a saisi et reproduit sur les assiettes, les soucoupes et les tasses coquille d’oeuf de délicieux visages de femmes et de jeunes filles à l’air modeste et candide , des faces rubicondes et fraîches d’enfants pleins de force et de santé. L’homme lui-même y est représenté sous des traits aimables, au milieu d’une société choisie , courtisant ses jolies compagnes et tentant de les convaincre de la sincérité de son émotion ou de la tendresse passionnée de son cœur. On sent que ces personnages vivent heureux dans une atmosphère de félicité, de grâce et d’amour. Ces petits tableaux sont de véritables miniatures et on ne les regarde jamais avec indifférence. Nous ne sommes plus en présence de ces Japonaises à la physionomie ingrate, disgracieuse, boursouflée

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qui ne change presque jamais, de ces types invariables d’une uniformité désespérante qui ne sont que des médailles frustes et sans charmes.

Le Japonais, il est vrai, aussi bien sur la céramique que dans ses estampes coloriées, fait oublier et rachète la laideur de ses figures féminines par le luxe exubérant des vêtements, il nous éblouit par l’éclat des draperies, par les fantaisies les plus capricieuses du pinceau non moins que par la richesse des tons qui dépassent nos rêves les plus risqués, les plus audacieux, les plus téméraires, mais le costume chinois est aussi somptueux, plus sobre, plus châtié, d’un goût plus raffiné. Le Japon est digne de nos suffrages dans la plupart de ses décors, mais la Chine a droit incontestablement à un rang supérieur dans le domaine de Part et surtout en céramique par l’antiquité de sa civilisation et par la multiplicité des productions si variées de ses habitants ; ses œuvres d’une exécution irréprochable et d’une invention merveilleuse attestent par leur beauté le génie de cette grande nation si bien douée.

Les assiettes coquille d’œuf les plus belles du moins) ont été fabriquées sous le règne de Yung-tching ou pendant les quarante premières années de la période Kien-long. Plusieurs sont marquées des nien-hao de ces deux empereurs.

Ces merveilles seront impérissables, espérons-le, en dépit de leur fragilité; la divinité clémente, qui a présidé à leur naissance, les protégera contre les accidents et les préservera de la destruction; les plus robustes natures n’ont pas les plus longues existences, et le destin, qui veille sur nous, leur épargnera les chutes, les revers, et les conservera à notre amour. La collection est riche en assiettes coquille d’œuf.

Elles sont quarante-cinq rassemblées dans un sanctuaire commun, et reposent tranquillement, loin du bruit, sur un lit de velours, dans une profonde retraite ; l’âge n’a altéré ni leur jeunesse ni leur beauté, et les égards, dont on les comble, répondent de l’avenir si incertain pour les autres.

Je 11e décrirai pas l’assiette aux sept bordures, indispensable dans toute collection honnête, sa notoriété est trop grande. /Vu milieu de ses jolies compagnes elle trône en reine à la place d’honneur et tient le sceptre avec orgueil et dignité. Ces bordures multiples, qui encadrent le sujet du centre, l’entourent comme d’une auréole la désignant aux regards des plus profanes, aussi est-on tenté de s’incliner devant cette radieuse souveraine. Cet éloge est sincère, et cependant j’avoue ingénuement que mon goût réclame moins de splendeur, exige plus de simplicité; je préfère l’assiette à la belle tunique blanche por-

tant uniquement, sur le marli, trois petits bouquets ou trois fruits mignons et ornée, au centre, d’un groupe peu important de personnages ou d’un senl oiseau sur un rameau chargé de Heurs. La modestie me plaît particulièrement tandis que les exhibitions trop pompeuses calment mon enthousiasme et tempèrent mon élan. Sans condamner à l’ostracisme ou à l’exil cette royauté légitime, sans vouloir afficher une sévérité intempestive, sans céder à un mouvement de critique morose, s’il m’était permis de formuler franchement ma pensée, je dirais que l’excès de richesse dans le décor engendre un peu la confusion et nuit certainement à l’effet général; le détail minutieux se perd dans l’ensemble, les grandes allures attachent et triomphent plus sûrement. Dans les forêts les plus touffues, sous les frais ombrages, j’aspire à entrevoir l’azur du ciel, à pressentir le scintillement des rayons du soleil ; la respiration manque lorsque l’air ne circule pas largement sans entraves, le tableau n’est complet que si la lumière et la vie se manifestent à profusion dans la nature ambiante, alors l’œuvre de Dieu est parfaite, et celle de l’homme est digne de Dieu.

L’assiette aux sept bordures se vend, quand elle est sans défaut, deux mille francs et plus dans les ventes de collections célèbres. Je crois que le Ilot montant des enchères ne s’arrêtera pas là, et la porcelaine de Chine est appelée dans l’avenir aux plus hautes destinées; elle reprendra le premier rang qu’elle occupait au dix-huitième siècle.

Je vais analyser quelques types moins connus que l’assiette aux sept bordures et qui ne lui sont pas inférieurs en qualité.

Assiette blanche, décor polychrome Yung-tching; bordure quadrillée en noir, contrebordure rose mosaïque avec quatre réserves de bouquets dorés et quatre dragons enroulés alternant; plus bas, trois autres bordures variées ; au centre : jeunes femmes assises près d’une table regardant jouer des enfants. PL XLI, 1 19.

Compotier blanc, émaux de couleur, revers carmin; bordure verte quadrillée, bande mosaïque rose avec trois réserves fleuries, bordure verte à rinceaux noirs; au centre, jeune femme assise entourée de trois enfants et d’un chien au milieu d’un riche mobilier.

Assiette avec marli bleu portant des rinceaux blancs etquatre médaillons àileurs de vanille ; fond blanc, décor en émail bleu de relief : une femme, assise près d’une table, écoute un joueur de flûte; au second plan, mobilier. Une autre assiette blanche reproduit le même sujet en émaux polychromes.

Compotier avec bordure rose quadrillée , fond bleu clathré en noir portant

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des tiges fleuries dorées qui débordent sur la réserve blanche du centre à décor noir : la reine des Génies sur des hérités marines et sa suivante qui lui présente des fruits dans une corbeille. PL XLI, 118.

Compotier blanc, décor polychrome, revers carmin : bordure bleue quadrillée; au centre, trois coqs sur rocher au milieu de buissons en fleurs.

Assiette blanche , décor polychrome, revers carmin ; bordure mosaïque rose avec trois réserves fleuries, contrebordure quadrillée bleue, au centre : corbeille remplie de fleurs variées et plat chargé de fruits.

Compotier orné d’une branche fleurie et de deux oiseaux; émaux de couleur sur fond blanc.

Un compotier blanc portant un rameau chargé de pêches est timbré du cachet carré de Kien-long en bleu ; un autre, orné de plantes polychromes , est marqué Yung-tchi ng .

A la fin de la période Khang-hi, on avait fabriqué quelques pièces minces à décor vert; elles sont beaucoup plus rares que celles à émaux roses exécutées sous Kien-long; elles sont aussi belles. Je possède deux gobelets blancs avec tiges fleuries polychromes, décor Khang-hi.

Je compte dans mes vitrines plus de deux cents tasses avec leurs soucoupes; la plupart sont en porcelaine mince; une pareille moisson serait bien difficile aujourd’hui. Beaucoup d’entre elles sont des types rares ou même uniques; toutes sont des bijoux précieux, ayant un décor différent; ici encore il n’y a pas de limite à la fantaisie de l’artiste qui s’est abandonné aux caprices les plus imprévus. Je dois restreindre mes exemples à un petit nombre de sujets d’élite.

Tasse et soucoupe; bordure verte quadrillée; fond rose mosaïque portant, au pourtour, trois rouleaux blancs occupés, chacun, par un coq au milieu de tiges en ilcurs, et, au centre, un médaillon blanc à bouquet encadré de vert.

Tasse et soucoupe; bordure ornementale dorée; fond mosaïque noir sur lequel se détache une réserve blanche en forme de feuille encadrée de branches fleuries en or et ornée d’un sujet familier en couleur : femme debout regardant une jeune mère, qui allaite son enfant, assise près d’une table sur laquelle un miroir métallique reflète son image. PL XLII, 123.

Tasse et soucoupe; double bordure d’arabesques dorées; fond blanc, émaux polychromes : deux femmes, richement vêtues, jouent au jeu du go dans un pavillon aux somptueuses tentures (rare). PL XLII, 124.

Tasse et soucoupe; bordure bleue quadrillée et large bande mosaïque rose coupée par quatre réserves de fruits; fond blanc, décor en couleur : danseuse dans un costume élégant sur une terrasse.

Tasse et soucoupe; bordure rose quadrillée; fond noir chargé de fleurs en couleur débordant sur un médaillon blanc occupé par un coq (rare). PL XLII,

'fasse et soucoupe; bordure verte quadrillée et contrebordure rose mosaïque à trois réserves de bouquets, autre bordure jaune nankin à rinceaux noirs cernée d’un fdet à trois rosaces d’or, fond clatliré bleu et noir; au centre, faisan multicolore sur un rocher au milieu de plantes fleuries rare). PL XLII, 122.

Tasse et soucoupe, fond blanc, émaux de couleur; bordure bleue quadrillée, large bande chargée d'arabesques et coupée par trois réserves de fleurs et fruits, autre bordure verte quadrillée; au centre : faisans sur rochers et arbustes fleuris. PL XLII, 121.

Tasse et soucoupe ; bordure verte quadrillée et contrebordure rose mosaïque à trois réserves fleuries, fond bleu clathré portant une feuille, réservée en blanc, sur laquelle s’enlève, en couleur, un coq au milieu de buissons en fleurs.

Tasse et soucoupe ; rinceaux dorés eu bordure ; fond blanc, décor polychrome : arbustes fleuris et grues au bord d’un étang dans lequel nagent des cyprins rouges.

Tasse et soucoupe; fond carmin, décor en couleur : trois papillons variés au pourtour, et, au centre, médaillon blanc à bouquet (rare).

Tasse et soucoupe; au pourtour, bandes curvilignes, ornées de tiges fleuries, à fond alternativement noir, jaune, violet ou vert; au centre, médaillon blanc avec bouquet; au revers, branche de pêcher en fleurs polychrome sur fond noir (marque au lièvre).

Tasse et soucoupe; soucoupe blanche ornée d’arabesques d’or sur lesquelles se détachent, au pourtour, trois réserves à fleurs et fruits en couleur alternant avec trois médaillons à fleur bleue; au centre, fleurs, fruits et papillon; revers de la soucoupe et intérieur de la tasse carmin.

Tasse et soucoupe ; bordure rose quadrillée, contrebordure clathrée d’or et fond rose mosaïque à quatre réserves blanches fleuries; au centre, bouquet polychrome.

Tasse et soucoupe; bordure quadrillée en or; mobilier en noir et or.

Tasse et soucoupe ; bordure rose quadrillée; au pourtour, fonds partiels cia-

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thrés d’or alternant avec des réserves cà bouquets polychromes cernés de rinceaux verts entrelacés; au centre, corbeille de fleurs.

Tasse et soucoupe; bordure bleue clathrée, bande mosaïque rose à trois réserves fleuries, bordure jaune ; an centre, fond blanc, émaux polychromes : femme assise près d’une table et enfant qui regarde courir un lapin blanc.

Tasse et soucoupe; large bordure jaune clathrée à trois réserves de dragons et conl rebordure rose de rinceaux ; fond blanc, décor en couleur : fleurs et papillons; revers carmin.

Tasse et soucoupe; bordure rose à losanges, fond mosaïque bleu et noir portant, au pourtour, quatre éventails à feuille d’or ornée de bouquets, et, au centre, une rosace rouge.

J’ai cinq modèles différents de tasses avec éventails.

Tasse et soucoupe; bordure rose quadrillée et contrebordure clathrée d’or; fond rose mosaïque avec cinq réserves blanches à bouquet polychrome.

Beaucoup de porcelaines minces ont un fond blanc gaufré imitant les pétales de l’hibiscus ou d’une autre fleur sur lequel s’enlèvent des décors polychromes.

Tasse et soucoupe ; au pourtour, coqs sur des rochers au milieu de tiges fleuries ; au centre, un bouquet.

Une nomenclature complète serait instructive tant les décors sont délicats et variés, je dois y renoncer, car elle nous entraînerait trop loin.

Ces tasses et soucoupes n’ont pas été fabriquées isolément, elles faisaient partie de cabarets ainsi composés : six soucoupes, six tasses sans anses, campanulées, hémisphériques ou en forme de cône tronqué, six tasses plus épaisses cylindro-ovoïdes avec anses, une théière, un vase à thé, un pot au lait, un petit plateau à bords lobés, un bol et un compotier; le décor de ces diverses pièces était assorti avec soin.

Pot au lait à corps piriforme; bordure verte quadrillée; fonds partiels en mosaïque rose ou en clathré bleu portant quatre réserves blanches à décor polychrome : l’une avec un coq au milieu de liges fleuries et trois autres avec bouquets; à la base, bordure chamois à rinceaux.

Pot au lait à panse piriforme avec couvercle assorti à bouton ; bordure jaune quadrillée; fond rose mosaïque portant trois grandes réserves accolées : deux latérales fond brun chargé de fleurs arabesques en couleyr et une centrale occupée par une corbeille fleurie sur fond vert d’eau dans une bordure d’or clathrée.

r.FJUMIOIR C.IIINOUF.

Vase à thé ovoïde lobé, fond jaune pâle clouté de noir, avec double ornement violet à palmettes; couvercle bombé avec bouton.

Petit plateau ovale lobé, fond blanc, émaux polychromes; bordure de rinceaux dorés, contrebordure mosaïque portant des fruits et des fleurs ; au centre, faisan argenté sur rocher au milieu de buissons fleuris.

Les bols en porcelaine mince sont nombreux, je n’en produirai que deux exemplaires.

Bol hémisphérique blanc, émaux polychromes : au pourtour, femmes élégantes au milieu d’un riche mobilier; à l’intérieur, feuillages dorés en bordure, et, au fond, arbouse, aster et papillon.

Bol blanc avec coqs sur rocher et tiges fleuries en couleur.

.Je termine par deux bols en porcelaine demi-mince.

Bol hémisphérique blanc, décor polychrome ; au pourtour, deux paons sur rochers entre deux pêchers à fleurs blanches et rouges (Palais d’Eté).

Petit bol blanc décoré en couleur : dame sur un char traîné par un axis et causant avec un cavalier dans un pays accidenté. Il fait partie d’une série de bols dont l’ornementation variée est d’une finesse charmante ; ils sont tous marqués Yung-tching. Quatre bols différents de cette suite sont en ma possession et figurent avec honneur dans mes vitrines.

Nous dirons maintenant quelques mots de la porcelaine connue sous le nom de porcelaine à mandarins.

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