Voir Anatomie des vases antiques
Fig. 46. — Vase préhistorique à forme humaine embryonnaire.
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fille et quand elle était brisée ondisait tristement : « L’amphore est morte. » Dans les Grenouilles d’Aristophane, Baccluis s’écrie : « Hélas! mon gobelet vient de trépasser. » On aurait pu dire qu’il ne manquait à ces vases que la parole. Et encore il est question dans bien des textes du « chant » de la bouilloire et des « glouglous » sonores de
la bouteille, sans compter les inscriptions innombraliles et de toute nature, indicatives, explicatives, dédicatoircs, commémoralives, funéraires ou siui|)lemeut décoratives, prodig’iié(;s sur leurs divei’ses surfaces.
Il ne faudrait pas se borner, toutidbis, à ne voir dans cette f( anatomie » des vases aiiti(pies, comme ou l’a si bien aj>pelée, qu’un siuqih; jeu d’espiât, (écoud eu rapprocliemciits cuiâeux et eu allusions ingénieuses. Lue fois ces disposi-
lions générales admises, les analogies ne manquèrent pas d’influer sur la production même de l’artiste. La fermeté avec laquelle les formes des vases antiques sont écrites, la netteté de leur signification, proviennent assurément de l’individualité qu’on leur prêtait; et cette individualité, les artistes grecs l’avaient d’autant plus présente à l’esprit que, n’ayant point à leur disposition le magique éclat des émaux et la variété des couleurs, ils donnaient tous leurs soins à la recherche de la forme. C’est assurément pour cette raison qu’un certain nombre des modèles créés par eux peuvent être regardés comme parfaits, chacun dans leur genre.
Cette sorte de personnalité gracieusement attribuée à un objet de pure décoration ou d’utilité journalière en avait, à leurs yeux, relevé le caractère. Elle n’avait pas tardé à amener cette persuasion que la beauté d’une simple poterie n’échappe pas aux principes généraux qui régissent les autres arts plastiques. Ils étaient convaincus que cette beauté — dans la création d’un vase comme dans la composition d’un tableau ou d’un groupe — résulte de l’introduction de la VARIÉTÉ dans I’unité, et que l’harmonie qui doit caractériser toute œuvre d’art, cruelle qu’elle soit, dépend de quatre conditions essentielles : Tordre , la proportion, la STABILITÉ et les convenances.
Hâtons-nous d’ajouter qu’aujourd’hui, comme jadis, aucune de ces prescriptions n’est à négliger. Le premier mérite de la forme d’un vase est d’être une ; et alors même que, pour répondre à certaines nécessités, ses contours peuvent se décomposer géométriquement, encore faut-il que leur aspect général n’ait pas Tair d’une juxtaposition, d’une agglomération de formes réunies. La variété n’est pas moins indispensable. Comme Ta si bien dit Reynolds, « elle réveille l’attention qui languit facilement par une trop grande uniformité ». Quant aux autres qualités c|ue nous venons d’énumérer comme constitutives de l’indispensable harmonie, nous allons nous en occuper avec plus de détail.
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L’ordre et la proportiox résultent surtout de la bonne division de l’Espace et d’une répartition raisonnée des mas ses. Cette heureuse division, cette répartition raisonnée, doivent s’affirmer dès le principe par le choix d’une partie dominante, et par l’attrihulion à cette partie de l’importance et de la signification qu’elle comporte. Rien, dans une œuvre décorative, n’est plus monotone, en effet (nous l’avons démontré autre part^), rien n’est moins plastique, moins significatif, que l’égalité des divisions. Mais il ne suffit pas qu’une détermination J)ien arrêtée ait attribué à une des parties de notre vase cette proportion dominante ; il faut encore que cette prédominance demeure bien lisilde, reste bien évidente. Une ligne ondoyante qui enveloppe un contour sans arrêt, sans ressaut, laisse toujours au galbe du vase un aspect veule, indécis, incertain et par conséquent dépourvu de caractère, alors qu’il prend de la signification et de l’accent dès qm; ses |)rincipales divisions sont fermement arrêtées (voir fig. 48).
11 laiit, toutefois, se garder avec- soin de tomber dans l’excès conlraire, et d’imj)rimer aux ligiu'S nue rigidilé Iropaccusée, aux profils une carrure trop iuar([ué(‘, aux angles une acuil(‘ dé|)laisaiite. T^a céraiui<pi(‘ s’accorde mal de la raideur d(,“s couloiirs. La ligiuî droite ('Ibî-iuêimq (piand elb'
Fiff. 48.