Voir noire voIiiiik^ sur la Ddcoralion , p. 81 cl suiv
limite le profil d’un vase, est d’une médiocre plasticité. Cependant elle engendre un certain nombre de formes avec lesquelles le céramiste est tenu de compter. Tels sont le cylindre, le cône tronqué, le cône renversé ou claveau; mais ces formes, que parfois la nécessité impose, sont toujours d’un pauvre aspect, et ne deviennent acceptables que lorsque la richesse du décor se charge de les faire oublier. Voilà pourquoi les Anciens, qui n’avaient à leur disposition ni le prestige des couleurs ni l’éclat des émaux, les proscrivirent sévèrement, alors que les Chinois et les Japonais, grâce à
leur palette merveilleuse, leur ont fait trouver grâce à nos yeux.
Le vulgaire cylindre lui-même a pris place, sous forme de cornet, parmi nos vases de décoration; et l’on doit constater que dans certains ensembles il peut jouer un rôle non exempt de dignité, par suite du contraste que produisent ses lignes verticales et parallèles, opposées aux formes contournées des objets qui les avoisinent.
Mais le plus souvent, quand on recourt à ces profils raides et guindés, c’est qu’ils sont imposés par les exigences de l’usage. Les brocs de toilette, par exemple, les canettes à bière, ne s’inscrivent dans le trapèze limitant le profil d’un cône tronqué, que parce que leur galbe pyramidant affecte, de la sorte, une stabilité immuable. Leur figure, toutefois, reste toujours pesante et monotone, parce qu’en eux le Beau
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est subordonné au Commode, et que les convenances remportent sur les recherches de la grâce et de l’élégance.
Encore a-t-on soin, généralement, à l’aide d’un ingénieux stratagème, de déguiser cette lourdeur et ce manque de variété. Une légère inflexion donnée à l’extrémité des parois , un renflement presque imperceptible du col, un évasement de la partie inférieure, un changement de direction, suffisent souvent pour assouplir un contour trop rigide et pour enlever aux lignes droites leur monotone sévérité. Avec les lignes courbes ces précautions deviennent inutiles. A tous égards, du reste, elles conviennent mieux à la composition des vases de terre , non seulement parce qu’étant plus souples elles sont plus variées, plus élégantes et plus riches , mais parce que leur souplesse même rappelle la matière dont le vase est formé.
^h)ilà ])()ur(pioi le céramisle évile aillant qu’il le peut les prolils rigides et les angles Fisr- 53. - C.viimiro «vas.; ci rcuilo
aigus, dont l’inflexiliililé contraste foi'cément avec l’iniliale flexibilité de l’argile molh' et plastiijiie.
JjCs courbes (‘m|)loyées dans la composiliou di's vases ceramitpics d(‘rl v(‘iil (ouïes de la spbèri', de l'idlipsi' ou di' l’œul. La loiane s[)liéri(pi(! est la plus màb'; elb' esl (‘gab'-
ment la plus grave, la plus pesante. Aussi, pour racheter sou uniformité et sa pesanteur, est-on obligé de l’associer à d’autres formes, soit en la faisant pénétrer par un cône, soit en l’inscrivant dans le développement d’un claveau, soit en la juchant sur un pied, soit enhn en la surmontant d’un col ])lns on moins allongé qui l’allège. La forme elliptique est plus élégante. Avec plus de légèreté elle montre plus de grâce. Quant à la forme ovoïde, c’est à la fois la plus employée et la plus gracieuse,, car « l’œuf n’est pas seulement un emblème sacré de la génération, il en est le principe visible et tangible, l’harmonieuse image «.
« Il y a presque toujours de la grâce, écrit M. Charles Blanc ^ , dans une composition céramique, lorsque l’œuf en a été l’élément principal.
On en peut citer pour exemples les jarres turbinées et
Fig. 53.— Forme de vase construite apodeS, les logènes à long et architectiirée par Serlio. , , , . „
col, et les amphores ovilormes de l’Egypte. » Ajoutons que toutes ces formes, pour être vraiment gracieuses et nobles, demandent à être archl-^ tecturées : c’est-à-dire qu’elles doivent être non seulement composées et dessinées avec goût, mais construites avec soin, élevées le compas -et la règle en main, comme le démontre notre figure 53, empruntée au livre de Serlio sur V Architecture^ . L’élévation d’un vase s’établit donc géométriquement par une succession de courbes qui, pour se conformer au principe de variété énoncé plus haut, doivent se contrarier d’une façon constante. Deux courbes convexes