Voir Orfèvrerie ^ p
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dent souvent la beauté et la cominodité du vase. Lorsque celui-ci est d’usage courant, ce sont les besoins qui coininandent et qu’on doit tout d’abord écouter. Dans ce cas, l’anse est généralement unique, comme dans les aiguières ou pots à l’eau, les cafetières, les théières, etc. Ses dimensions, comme sa position, sont, en outre, réglées par des convenances toutes spéciales. La capacité du vase, sa forme, la facilité d’incliner la panse et le goulot sans provoquer un déplacement trop rapide du liquide, mais de façon à amener son écoulement progressif et régulier , sont autant de questions qui veulent être étudiées avec soin.
Quand la pièce est de décoration, la latitude est plus grande.
Alors l’anse devient, nous l’avons dit, un ornement dont la mission est d’ajouter à la beauté ou à la magnificence du vase. Mais dans ce nouveau rôle il importe encore que sa destination reste bien fermement écrite, que son caractère de support demeure bien évident, qu’elle présente des parties lisses et faciles à saisir, que les points d’adhérence soient sullisamment visibles jiour ([u’en enb'vant le vase par ses anses on ne craigne pas de voii’ cellesci se détacher. Enfin il faut avoir bien soin que, par leur exagération, elles ne prennent une iiiqiorlance exci'ssive. L’accessoire paraîtrait ainsi dominer le principal.
Généralmnenl, dans b's vasi's de pure décoration b's anses sont an nomlire de dmix, (*t Imii* paralb' lisme vonln, établissant une sorte d’éipiililire eiitri' l'Ib'S, rmid leur position en hoi-s-d’(envre moins inquiétante. Mais là eiicori'
Fig. 58. — Diagramme düuaaiit l’aplomb de l’anse.
leur développemenl ne doit jamais excéder certaines })ro- })ortions. Il doit ])ouvoir être contenu dans une figure idéale affectant la forme d’un cône tronqué, renversé, dont la base serait fournie par la largeur du pied et dont l’élévation viendrait ellleurer le grand diamètre. Dès que, pour des raisons dont rexamen serait oiseux à cette place, l’anse affecte des proportions plus considérables, il faut s’empresser de renforcer le pied et de développer la largeur de l’embase. Cette précaution est indispensable pour maintenir à la pièce son aplomb apparent et sa stalnlité.
Enfin, condition essentielle, il im[)orte que les anses, quels que soient, du reste, leur importance, la richesse de leur décoration et leur rôle, — aussi bien quand elles constituent un appendice utile ou commode que lorsqu’elles sont de pur ornement, — se rattachent étroitement aux grandes lignes architecturales du vase, tiennent
Fig. 59. — niao-ramme donnant , i i r ,
l’aplomb des anses. -I 1 ensemble , fassent partie intégrante de la composition même , et ne semblent pas avoir été ajoutées après coup à une forme préexistante dont elles pourraient, à volonté, être séparées.
Ce que nous disons des membres et des parties essentielles s’applique également aux ornements accessoires, c’est-à-dire aux moulages, aux pastillages, aux sculptures, etc., qui composent la décoration saillante. Ces divers ornements, quelque compliqués qu’on les suppose, doivent toujours être assez légers pour que la pièce ne se trouve pas alourdie par leur volume, écrasée par leur poids. Il est
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indispensable, au contraire, comme le montre notre fig. 58, qu’elle paraisse les supporter sans ellbrt. En outre, ces sortes de décorations ne doivent jamais, par l’exagération on la disposition de leurs saillies, modifier les contours au point de dénaturer le galbe de la pièce et d’altérer sensiblement sa silhouette générale.
Fig. CO. — Plat dccoi‘(‘ do moulages, cxéciiLo par Poriiard Palissy.
Ajonlons encore (jiie les vases, alors meme (pi'ils sont de pure décoi-ation et n’ont point, par consé([ucnt, une deslination utile, (•onservent le |)bis souvent uikî rorme (pii semble faire allusion à leur ulilité pi‘imitiv(‘. Dès lors, c’est commettre uue errem* (pie de faire paraîire }>ar des adjonciions fanlaisistes leur usage impossible. Les ])Ials d(‘ Dernard Palissy, pleins (b; grenouilles, de poissons, de i’e|)tib;s, malgré la r('‘pulalion dont ils )()uisseut et b's prix
(ju’ils alteignent dans les ventes, n’échap})ent pas à celle règle toute de logique, a Du moment qu’il s’agit de décorer un dressoir, d’orner une paroi, écrit M. Charles Blanc C c’est manquer à la convenance que d’y offrir en montre nne vaisselle couverte de cryptogames et de plantes sauvages, ou remplie de hannetons, d’escargots et autres bestioles. — Et si les bassins de Palissy représentent une vipère endormie dans un îlot et des poissons qui nagent tout autour, il faut convenir que l’image de ces eaux vues en sens vertical devient un étrange contresens. »
L’observation, dans le cas présent, semble meme d’autant plus justifiée que les reptiles et les lézards surmoulés sur nature sont d’une vérité particulièrement saisissante. Au surplus, on peut dire d’une façon générale que la beauté de l’aspect et la richesse ne sont pas, dans un vase céramique, en rapport direct avec l’abondance et la mulliplicité des détails. Aussi le céramiste fait-il toujours bien d’éviter, dans la composition de ses formes et dans la disposition de son ornementation, toute complication inutile.
Des convenances. — Indépendamment de ces règles générales, il en est de particulières qui influent non moins directement sur la forme et la structure des vases, et qu’on aurait grand tort, par conséquent, de négliger.
Bien que chaque vase céramique, considéré en lui-même, constitue le plus souvent un tout complet, et à la rigueur indépendant des objets qui l’entourent, il est bien rarement permis à l’artiste qui en combine les éléments de s’abandonner, dans sa composition, aux inspirations de la fantaisie. La forme d’un ouvrage de ce genre, en effet, est presque toujours régie soit par son usage, soit par sa destination. Le devoir de l’artiste est donc de se bien rendre compte, tout d’abord, des exigences spéciales auxquelles