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Grammaire des arts déeoratifs, p

FABRICATION

doit ré})ondre rol)jet qu’on lui demande. C’est pourquoi on a eu soin de diviser les diverses sortes de vases en un certain nombre de classes distinctes :

1° Les vases fastueux, destinés à l’ornementation intérieure des édifices publics, des palais, des temples, des hôtels de ville, etc. ;

2° Les vases commémoratifs, appelés à consacrer le souvenir d’un personnage illustre ou d’un événement mémorable ;

3° Les vases de jardin, de vestibule, dont les contours larges et puissants concourent à la décoration des antichambres, des escaliers, des parterres;

4° Les vases de petite décoration, dont le rôle est d’égayer par une tache joyeuse nos intérieurs, de garnir nos cheminées, nos tables, nos consoles;

5° Les vases d’usage, qui jouent dans la parure et le service de la table un rôle si important, et dont la forme comme l’ornementation sont régies par des considérations d’un ordre si spécial, que nous leur consacrons un chapitre à parte

On comprend que chacune de ces classes, par le fait meme qu’elle répond à une destination précise, comporte des exigences qui lui sont particulières. Si le vase rentre dans la catégorie des pièces de grande décoration, s’il est destiné à orner dans un palais, dans un édifice public, une |)Iace prévue, déterminée, la nature du lieu, l'entourage, commandent, dans ce cas, la forme, le décor et parfois jus- (pi’à la gamme des colorations.

Il est des milieux, eu effet, où certains profils capricieux ne man([uent pas de produire une impression agréal)le. D’autres, au contraire, exigent des formes sinq)les et sévères. Imagiru'/. un vase de stybi llégenc(‘, aux contours chanloiiriiés, lourmenlés, bislouriiés, |)lacé au milieu d'uiu' d(‘ ces |)ièces du cliàleau de Fontainebbîau (pii ont conservé 1. Voir ch. X, p. i:m.

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leur belle décoration datant de la Renaissance : reffet en sera choquant. De meme si vous introduisez dans un boudoir Louis XV, aux panneaux rocailleux et tarabiscotés, un vase antique.

Vous demande-t-on de composer un vase commémoralif, il faudra vous préocciqmr du caractère du ])ersonnage auquel il est consacré, ou de la nature du fait dont il s’agit de perpétuer le souvenir; et la figure générale de votre vase aussi bien c|ue son ornementation devront s’inspirer de ce fait ou de ce caractère. Une forme légère, irrégulière et contournée, enjolivée de guirlandes et de mascpies, conviendrait mal à un sévère législateur ou à un homme de guerre farouche ; par contre , elle encadrera agréablement le portrait d’une actrice en renom. Le galbe d’un vase et sa décoration ne sauraient être pareils s’il s’agit de célébrer un combat naval ou un illustre mariage. De même si l’on demande de symboliser un art, une science. On conçoit c{u’une forme et une décoration identiques ne sauraient convenir à la fois à la Géographie, à la Peinture, à l’Astronomie, à la Danse.

IMême lorsqu’un vase n’a pas un rôle aussi important ou aussi somptueux à remplir, sa forme mérite d’être étudiée avec soin, et toujours en vue de la destination cjui lui est réservée. C’est ainsi qu’un vase de jardin ou de vestibule doit présenter une ampleur et une simplicité de contours qui conviendraient mal à des vases de petite déeoration , chargés d’égayer nos boudoirs, nos salons et nos chambres. Les premiers rentrent dans la catégorie de ces pièces dont nous parlons dans un chapitre précédent. Appelés à être considérés de loin, ils doivent saisir le regard au passage, par l’ampleur de leurs formes, la grandeur simple de leur ornementation. Les autres appartiennent, au contraire, à cette classe d’ouvrages fins, délicats, précieux, qui, comme abondance et comme splendeur de décor, peuvent pousser la richesse jusqu’à la prodigalité.

FABRICATION

Le premier devoir dans la composition d’un vase céramique est donc de bien déterminer tout d’abord le but qu’il doit remplir, de se pénétrer des exigences spéciales que comporte ce but, et, une fois cette destination et ces exigences connues, de se persuader que sa beauté, régie par des lois de bon sens, d’équilibre et de pondération, dépend en grande partie de la convenance de sa forme relativement à sa destination, et de l’accord existant entre sa décoration et sa forme.

jT'îg, C2. — Pendule en porcelaine de Sèvres.

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