Grammaire (les arts (lee<jrali fs
client en noir sur un fond ronge, soit qu’ils s’enlèvent en jaune ou en ronge sur un fond noir, c’est toujours le niêine effet obtenu ]iar des moyens inverses. Les traits du visage, les saillies des bras et des pectoraux, la rotule du genou, l’arcade des fausses côtes, sont indiqués par un simple trait. Aucun changement de nuance ne vient modeler les
P e r s o n n âges qui défilent dans ces scènes héroïques, ni les chars qui les portent , ni les chevaux bondissants qui traînent ces chars.
Les tuniques elles - m ê ni e s dessinent les ondulations de 1 ’ é t O ff e sans qu’aucune demiteinte n'en creuse les plis. Et cette simplifica-
Fig. 65. — Vase corinthien décoré d’animaux passants, tioil logiqUC, (Influence asiatique.) ^ ,
d autant plus
remarquable qu’elle apparaît dès la première heure, — alors même que les potiers de l’Attique, encore sous l’empire des traditions orientales , décorent leurs vases de longues frises représentant des animaux passants, — cette simplification ne diminue en rien la beauté des scènes qu’ils interprètent et la grâce des personnages qui les animent. Ces figures plates semblent , au contraire , emprunter à cette absence voulue de modelé, une grandeur d’attitudes, une éloquence de gestes, une sorte de majesté épique.
FABRICATION
Cette précieuse leçon cpii nous est donnée par rAnliquité ne doit pas être perdue pour nous. Peut-être nos yeux, habitués qu’ils sont au jeu magique des émaux, aux somptuosités des colorations brillantes , ne s’accommode raient -ils pas de cette austère sobriété. Peut-être aussi ne sommes-nous plus capables de synthétiser une forme avec cette fermeté , avec cette précision , avec cette vaillance d’expression qui fait voir tout ce qu elle sous-entend. Mais ce puissant exemple doit nous mettre en garde contre toute imitation trop précise, se traduisant par un modelé trop accentué. Elle doit nous apprendre surtout à nous méfier des effets de perspective qui, en creusant sur le corps des vases des ])rofondeurs apparentes, simulent des vides ou des reliefs qui ne sauraient logi({uement exister.
Ce ({ui doit achever de nous ])énélrer de l’excellence de cetle première règle, c’est (pie nous la voyons observée avec le même soin , <pioi(jue dans un aulre (îspril, par les Chinois, ces cé- 1‘amistes merv(“il leux. Considérez nue de ces poticli(;s conv(‘rtes (h; p('rsonnag(‘s, coinnu' ils en oui tan( pi’odnil. Non senlemcnl h* nuuhdé d('S lignrc's est à p(un(' indifjiié, mais h‘S racuauircas sont soignensenuMi I ('‘vil<‘S, h'S ombres porl('“es su ppriimh's, (M h* paysag(‘ (pii
- Vas(! chinois (l('cor(i (le paysages.
sert (]e fond send)le un défi jeté à la perspective. Celle-ci ])araît abolie. Aucune succession de plans ne vient, en accusant les lointains, creuser le tableau. Les arbres et les pagodes sont plantés dans le vide. Les toitures escaladent le ciel. Les ponts aboutissent à des nuages.
Un grand nombre d’œuvres de la céramique italienne en son plus beau temps, révèlent des jiréoccupations analogues. Les superbes plats de Gballaloggio et de Faenza, avec leurs portraits tracés de profil, entourés d’une banderole indicatrice, sont conçus presque dans le môme esprit, et nous avons montré autre part^ que dans presque toutes leurs œuvres décoratives les architectes et les peintres du Moyen Age avaient volontairement trahi la perspective et ramené leurs grandes compositions à un seul et môme plan.
Il a fallu c|ue l’enseignement dégénéré ou mal compris de la Décoration, l’exagération d’une science plus jiédante qu’ingénieuse, substituassent au raisonnement et à la saine inspiration, le besoin d’étaler une érudition débordante, pour persuader aux artistes cpie la convexité d’un vase pouvait s’accommoder, comme décor, d’un tableau exécuté d’après les lois du clair-obscur. Une fois cette fatale erreur admise, ni la déformation forcée que présentent les figures dessinées sur un plan courbe, ni les modifications de tons que la forme convexe fait subir fatalement aux couleurs , ni les reflets de l’émail, ni les jeux de lumière, ne parvinrent à désabuser ces innovateurs malheureux ou leurs imitateurs. On les vit continuer sur le marli d’un plat la scène commencée sur l’ombilic (voir fig. 67), et cette dérogation aux principes les plus élémentaires de la décoration est encore aujourd’hui si bien dans nos habitudes, cju’il nous faut presque un effort de réflexion pour bien saisir ce cpi’un pareil oubli de la logique offre de choquant et de ridicule.
Cependant le plus simple raisonnement permet de com-