‹ La céramiqueChapitre 23 sur 26 · Voir notre volume sur la Décoration^ p · texte numérisé non relu

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FABRICATION

prendre que deux parties contig’uës'd’un meme objet, lorsqu’elles ne sont pas placées exactement sur un même plan, ne peuvent être éclairées d’une façon identique. Or, il suffit de la moindre inégalité d’éclairage pour que ces deux parties diffèrent l’une de l’autre, non seulement quant à la hauteur du ton, mais encore quant à la composition optique de la couleur, de telle sorte qu’elles se trouvent, relativement à notre œil, dans la condition des parties homogènes

d’une surface plane qui seraient éclairées par des lumières inégalement intenses et diversement colorées. Que })eut <levenir l’harmonie d’une peinture avec des dillV'rences pareilles d’éclairage ?

Ce n’est point tout. Même sur une surface très légèrement recourbée, prescpic plane, comim; le fond d’une assielte ou rinlérieur d’un conq)Otier, un lafilcaii, dans le genre d(‘ ceux dont nous pai'lons, ne ])eiit cons(‘rver l’égalilé de son clair-ohsciir (jii’à la condilion de recoiivrii’ rintégralilé de la surface visible. Sans cada le hlam* des [)arlies voisines

rehausse, par le contraste, le ton de tontes les conlenrs du tableau. C’est ce qui explique comment ces sortes de pein- I lires exécutées sur porcelaine blanche, font un elfet si dur. Cet inconvénient, il est vrai, peut être évité. Il suKit de choisir une couleur de fond qui s’accorde avec celle du clair-obscur. Mais agir ainsi , c’est commettre un contresens, c’est soumettre l’impression générale jiroduite par 1 ensemble de l’œuvre à une convenance du décor; car la couleur n’a pas seulement un effet local ; elle exerce aussi son influence sur les parties avoisinantes. Elle s’aperçoit en meme temps que la forme; elle concourt par conséquent à rendre l’aspect de celle-ci plus ou moins agréable. Elle j)eut, en outre, augmenter le relief de certains ornements, accentuer certains détails et ajouter à l’agrément de la s}"métrie. En vertu de ce principe qu’à égalité de dimensions une surface claire paraît toujours plus vaste qu’une surface foncée E elle permet de rendre plus sveltes ou d’épaissir à volonté les parties que l’on veut alléger ou alourdir. Deux anses laissées en blanc chargent bien autrement un vase que ces mêmes anses peintes en rouge brun ou en bleu foncé. Que deviennent ces multiples combinaisons d’une importance capitale pour le décorateur, si la coloration des divers membres d’un vase est subordonnée à la mise en valeur d’un simple fragment de la décoration?

Je demande pardon au lecteur d’insister ainsi sur une observation toute de bon sens ; mais elle est d’une importance capitale. Cette erreur de vouloir soumettre la décoration des objets mobiliers aux exigences de la peinture à l’huile, a produit de détestables résultats non seulement en céramique, mais encore dans d’autres arts, et notamment en tapisserie^. Et nous devons, dans le cas présent, la combattre avec d’autant plus d’énergie, qu’acceptée sans réflexion par un nombreux ])ul)lic et adoptée par quelques

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