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L’Art de fabriquer la porcelaine^ l. p

Après avoir pétri soigiieuseiiient ces diverses matières, on les frittait, puis on Ijroyait la fritte, on la lavait à l’eau houillante et l’on en formait une pâte en l’addilionnant de marne calcaire et de craie blanche dans les proportions sui-

vantes ;

Fritte 75

Craie 17

Marne 8

Après cuisson, on obtenait par ce mélange une poterie essentiellement siliceuse^, fine, dense, à texture presque vitreuse et par conséquent translucide, qu’on recouvrait d’un vernis plombifère plus dur que celui des poteries opaques vernissées, mais tendre par rapport à celui de la porcelaine dure. Cet émail, inconvénient grave, se laissait rayer par le couteau. Ajoutons qu’on n’en pouvait employer de plus résistant, parce qu’à 1,500°, température nécessaire pour fondre les roches feldspatliiques, la pâte tendre s’amollit sous faction du feu et se déforme. Néanmoins les céramiques ainsi fabriquées ollrent un charme spécial. « L’émail en est velouté, limpide, d’une pureté absolue, écrit fort justement M. Lauth^; et comme il a la propriété de fondre avec les couleurs, il se laisse pénétrer par elles, s’y combine intimement et leur communique une très grande douceur. »

Cette dernière qualité, qui contribuait beaucoup à son charme, l’ancienne porcelaine tendre de Sèvres la devait précisément à ce que sa pâte et sa couverte cuisaient à une température relativement peu élevée. La porcelaine dure,

1. L’analyse des pâtes dures de Meissen, de Sèvres, de Vienne, fournit environ de 34 à 36 pour 100 d’alumine, de 58 à 60 pour 100 de silice, avec des traces de potasse, de soude, de chaux, etc. — La pâte tendre dite vieux Sèvres contient seulement 2,23 pour 100 d’alumine, près de 77 pour 100 de silice, 7,5 pour 100 de potasse et de soude, plus de 13 pour 100 de chaux. On voit combien la composition des pâtes tendres diffère de celle des pâtes dures.

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