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Les rondeaux mesurent généralement 0™,16 de diamètre

4. On donne ce nom à une portion d’argile qu’on a eu soin de délayer dans de l’eau, de façon qu’elle forme une bouillie très claire.

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])Otine, au cours de rexécution qui va suivre, fera fonclion d’huile et empêchera que l’argile ue s’aUache aux doigts.

Pour commencer son ébauche, il applique assez rudement sur le rondeau une balle de pâte, dont il a mouillé l’extrémité, de façon c|u’elle reste adliérente. Cela fait, il enfonce son pouce au centre de la balle d’argile, pratique ainsi un trou, qu’il élargit progressivement, en ayant soin d’humecter la terre, et il étend la pâte, cj[ui cède sous la pression de ses doigts, l’élevant, l’allongeant et l’élargissant tour à tour, jusqu’à ce c[u’elle Unisse par adopter un galbe conforme aux mesures indiquées, tout en gardant, cependant, à la pièce une consistance suffisante, qui lui permette de ne point s’affaisser sous son propre poids.

C’est alors cju’intervient ïestcque. On donne ce nom à un outil fait d’une lame de bois, de cuivre, de 1er ou d’ardoise, découpée suivant la forme extérieure ou intérieure de la pièce. Le tourneur plonge Ycstcque dans une terrine d’eau, et, l’appliquant doucement sur la pâte qui tourne, il amincit progressivement la pièce vl en polit la surface. Lorsipie cette jiièce est d’une l'orme légère, coiu|)oiiant des contoui’S bien jmrs et nettement déterminés, le tourneur a soin d’ai'rêter son ébauclui de façon à consei’vi'i* un excé- <lent d’épaisseur (jui, plus tai’d, dis[)ai‘aîli‘a au (oar/iassa^c

Ajoutons que ré[)aisseur conservée à rébauclie doit être d'autant plus grande que la pâte employée est plus courte, et par conséquent moins liante. C'est ainsi que pour les ouvrages de laience, dont l’argile est essentiellement plastique, l’ébauche amène la pièce presque à sa forme définitive, alors que pour la porcelaine, dont la pâte est beaucoup moins longue, on a soin de laisser du gi^as, que le tournasseur se charge d’enlever. Mais, dans l’un comme dans l’autre cas, cette partie du travail exige, de la part de l’ouvrier qui l’exécute, une grande habileté, une expérience spéciale, un entraînement particulier. « Nous citerons, écrit M. Salvetat, un cas bien commun chez les tourneurs d’assiettes. Tel ouvrier extrêmement hal)ile pour une forme et une grandeur données perd son coup de main sans pouvoir se l’exj)liquer; il ne peut, pendant un certain temps, que faire des pièces secondaires. On juge, après cela, quelle difficulté présente le façonnage à la main. ^ »

Quand, au lieu d’une assiette ou d’un plat, on doit procéder à l’ébauche d’une pièce haute, telle que pot à eau, flacon, potiche, etc., l’ouvrier presse la pâte, la force avec le pouce de la main gauche et les doigts de la main droite à s’élever d’abord, ensuite à s’abaisser, afin que cette double évolution augmente son homogénéité. Puis, se guidant sur les indications qui lui sont fournies par un petit appareil appelé autrefois le mat, nommé aujourd’hui chandelier de jauge ou porte-mesure, et qui se compose d’une tige verticale armée de baleines disposées horizontalement et indiquant non seulement les mesures extrêmes de la pièce, mais le développement de toutes ses parties saillantes et rentrantes, il achève avec ses doigts, ou en se servant de l’ébauchoir, de donner à la pièce la forme voulue. Quand celle-ci est ainsi ébauchée, le tourneur, soit à l’aide d’un fil de laiton, soit en se servant de la pointe d’un couteau mouillé,

1. Notes et additions au Traité des arts céramiques de Brong-niart, t. p. 729.

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la détache avec beaucoup de précautions pour ne pas lui donner de gauche, et la place sur une planche voisine, qui prendra bientôt le chemin du séchoir.

On a dit, un peu emphatiquement peut-être, que Tébauche est aux œuvres de la céramique ce que la fondation esta un édificeh Le certain c’est que tous les accidents.

toutes les malfaçons qui se ])rodiiisent pendant cette première partie du travail, alors môme qu’on parvient à les masquer momentanément, réapparaissent plus tard avec des aggravations, et entraînent souvent le rejet de la [)ièce lorsqu’elle est presque terminée.

On voit de suite la ]>art d’habileté considéraI)le (pii est nécessaire à un tourneur, pour obtenir, par ces moyens si simples, cette admirable régularité ([u’on remar([ue en une

1. Boyci’, Manuel coniplcL du porcelainier ^ du faïencier cl du potier de terre, p. 37.

suite de vases pareils, tous si conformes au modèle cpi’on les dirait sortis d’un meme moule. Cette habileté est d’autant plus indispensable, que dans le placement des mesures le tourneur doit toujours avoir égard au retrait que la ])âte subira j^endant la cuisson. Il faut, en outre, une grande expérience, une étonnante sûreté de main, pour serrer très également les parties qu’on élève. Enfin on doit mettre parfaitement d’accord le mouvement horizontal circulaire que décrit le tour, avec la vitesse qu’on donne à l’ascension des parois de la jiièce, de façon à éviter le vissage^. Ce sont toutes ces dilficultés qui ont fait dire à un des auteurs les plus compétents qui aient écrit sur cette matière^; « Un ouvrier qui ébauche avec perfection est plus rare qu’un bon tournasseur. La première de ces deux manipulations dépend de la délicatesse de la main, et d’une justesse de coup d’œil qu’on possède quelquefois naturellement, mais que le travail le plus assidu ne peut faire acquérir; la seconde ne consiste que dans un léger maniement d’outils. Il arrive donc souvent que celui qui excelle dans l’une de ces deux parties peut ne pas arriver à la perfection dans l’autre. C’est poimpioi, dans quelques fabriques, ces deux opérations, qui ne font qu’un art, se trouvent séparées, afin de créer des produits parfaits. »

Une fois les pièces ébauchées, elles sont portées en des séchoirs où elles demeurent quelque temps, jouissant d'une température assez élevée pour permettre une prompte évaporation de l’eau contenue dans la pâte.

1. Ce défaut consiste en des lignes ou sillons qui, partant de la base même de la pièce, s’élèvent en spirale jusqu’à son sommet, comme le pas d’une vis. Il est dû soit à une inégalité de pression de la main du tourneur, soit au défaut d’accord entre l’action de la main et celle du tour n’opérant pas avec la même vitesse.

2, Bastenaire- Daudenart, VArt de fabriquer la porcelaine^ t. II,

Le TOUiiNASSAGE. — Quand les pièces tournées ou moulées ont convenablement ressué, c’est-à-dire lorsqu'elles sont arrivées à un degré suffisant de siccité , permettant à l’argile de présenter une certaine résistance à l’outil, et à celui-ci de la couper en copeaux sans qu'elle se réduise en poussière, on procède au tournassage. Cette opération est exécutée, elle aussi, sur le tour, mais par le toumasseur, et

Fig. 13. — Toiiriieur et touruasseui’ à leur banc.

à l’aide de tournassuis. On donne ce dernier nom à de petits calibres en acier non trempé, pouvant ainsi être facilement i‘é[)arés à la lime, et qui présentent en découpures les proiils exacts (pie la jiièce doit revêtir.

Pour soutenir celle-ci, le tourneur sc sert de moules ou de mandiâiis, jiiiis, la pièce étant couvenablement cuuUréi^ sur la qu'elle, de manière (pie son axe concoiale avec celui (lu tour, et ce d(;riiier élaiit mis en mouveiuenl, il a|)|)rK[ue successivement ses toiiruassiiis de fa(;on non seubMiieiit à maigiàr le contour en faisant tomber tout ce (pii excède les

découpures des calibres, mais encore de manière à donner aux vases le poli et le fini nécessaires. C’est au moyen du tournassage que l’on forme sur les jiièces les moulures saillantes, les gorges , les lilets, que ni réiiaucliage ni meme le moulage ne pourraient fournir avec une netteté et une précision suffisantes.

Cette opération, on le comprend, demande à être conduite avec de grandes précautions. Elle réclame une légèreté de main toute spéciale, surtout quand il s’agit de pièces importantes. Le tournasseur doit, en outre, apporter la plus grande attention au degré de dessiccation de la pâte qu’il travaille. Le tour, qui souvent rend droit ce qui ne l’est pas, peut aussi gauchir ce qui est droit. Or la plus minime déformation produit une inégalité dans le travail. Dans ce cas, et sans que le défaut soit apparent, il arrive que des parties, dans les parois du vase, sont plus amincies que d’autres. Un des nombreux inconvénients résultant de cette différence d’épaisseur, c’est le manque de solidité.

Une fois les pièces soigneusement tournassées, il n’y a plus, semble-t-il, qu’à les porter au four et à les soumettre à la cuisson, et c’est ce qu’on ne manque pas de faire pour les plats ou assiettes ordinaires, et aussi pour les vases de forme simple. Mais beaucoup de vases, par suite de leur destination même, doivent recevoir des garnitures, être pourvus de pieds, d’anses, de goulots, de boutons, de fruitelets, ou gratifiés de médaillons, de guirlandes, de pastillages et autres embellissements. C’est le garnisseur qui est chargé de cette besogne.

La plupart de ces garnitures sont obtenues à l’aide du moulage. Seules, quelques fleurettes ou des fruits très simples, des feuillages, se modèlent à la main. Encore ces ornements de peu d’importance ne sont-ils appliqués que sur des pièces de peu de valeur.

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!• ig. l'i. — Amphore apiiliemie oxériilée au tour.

3i LA CÉRAMIQUE

Le moulage. — Autant nous avons mis de soin à détailler les différentes façons qui s’exécutent sur le tour, parce qu’elles sont en quelque sorte caractéristiques de la fabrication qui nous occupe, autant nous nous efforcerons d’être bref en ce qui concerne le moulage, dont les opérations successives ne s’éloignent pas sensiblement — sauf ])our les vases creux — de ce qui se fait dans d’autres professions.

Cette opération, toutefois, est une des plus importantes de la Céramique. C’est aussi une des plus anciennes. Certains auteurs — Alexandre Brongniart est de ce nombre — la croient antérieure au tournage. On a même supposé que les premiers potiers, incapables de faire leurs modèles, les avaient empruntés directement par le moulage à la nature. De là viendrait la forme d’objets naturels, de fruits et d’œufs notamment, que rappellent encore à l’heure actuelle la plupart de nos vases. L’opinion est spécieuse ; et quoiqu’on sache la part considérable qui revient à ce procédé dans les œuvres de quelques céramistes illustres, de Bernard Palissy, entre autres, on peut croire qu’un besoin inné d’imitation a suffi à faire donner à un certain nombre de modèles, un galbe se rapprochant d’objets qui frappent journellement notre vue.

L’opération du moulage s’exécute naturellement à l’aide d’un moule. Le moule suppose la préexistence d’un modèle sur lequel il a été établi. Considérons, par exemple, ce curieux vase (fîg. 15) surchargé de petites figures. Chacune d’elles a été préalablement modelée, puis moulée et ensuite soudée au corps principal. Supposons que nous voulions copier ce vase. Un statuaire serait chargé par nous de modeler ces diverses figurines. Ses modèles étant convenablement secs, il exécuterait sur chacun d’eux, avec du plâtre très fin, un moule en bon creux, divisé en autant de parties qu’il est nécessaire pour que la pièce soit de

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dépouille^ , c’est-à-dire pour qu’elle puisse être enlevée facilement, et ce moule nous servirait à tirer toute une série d’exemplaires de ces memes figurines.

Chacun de ces exemplaires peut être obtenu en poussant avec la main, ou avec une éponge mouillée, dans les diverses parties du moule, un peu de pâte humectée d’eau etpar conséquent bien molle, et en a^uint grand soin de n’en mettre que juste la quantité nécessaire, de façon à éviter les grosses bavures. Puis, quand par la dessiccation la pièce a pris une certaine consistance , on la retire du moule, — opération facilitée par le retrait naturel qui s’opère dans la pâte quand elle se ressuie ; — cela fait, on la répare, on la fait sécher et on la soude à l’aide d’une barbotine légère sur le corps du vase.

Pour que l’adhérence de ces divers fragments soit , après cuisson, absolument complète, il inq)orte que la pièce de garniture et le corps du vase soient arrivés à un état égal de dessiccation, et qu’ils soient — ainsi que la barbotine destinée à les réunir — confectionnés exactement avec la même argile. Il va sans dire que la fabrication des pièces de rapport hanses, becs, goulots, etc.) suit une marche identique, et que celles-ci sont ap})liquées de la même façon.

Si, au lieu d’un ornement à adjoindre à une pièce préexistante, nous voulions exécuter une œuvre indépendante, buste, statuette, gi'oupe, etc., nous nous y prendrions de

1. Voir dans notre volnine sur Y Ovfcvrcrie (p. 59) la signification de ce mot et son ajiplication.

Fig. 15. — Vase antique chargé de moulages, (musiîe du couvre.)

la même façon. Nous croyons inutile d’ajouter que chacune des opérations qui constituent le moulage à la halle (c’est ainsi qu’on appelle ce premier genre de moulage) exige beaucoup de soins et de précautions. Le modeleur ([ui fournit la figure initiale doit être un artiste de talent, sans ([uoi l’œuvre achevée n’aurait rien d’artistique. Le mouleur, de son côté, a besoin d’une grande attention. Il lui faut appuyer partout sa pâte d’une façon bien égale, et la pousser avec un linge mouillé pour éviter que l’argile, en s’attachant à ses doigts , ne se soulève quand il les retire. Toute tête un peu grosse, toute terrasse, tout corps d’homme ou d’animal , s’il est de certaines dimensions , sont moulés creux, les bras et les cuisses également, et ces diverses parties, exécutées séparément, sont ensuite soudées à la barbotine.

Le réparateur, qui enlève à la gradine et fait disparaître la trace de ces soudures, doit avoir, lui aussi, une certaine connaissance de la sculpture. Il lui faut non seulement Imucher avec de la pâte les bulles, cavités et gerçures que le moulage a pu produire, mais reprendre les cheveux, les yeux et les traits principaux du visage, revoir tous les détails des draperies, et rendre à l’œuvre toutés les finesses (jue le moule, principalement lorsqu’il est vieux, ne donne pas toujours. Il est bon également qu’il soit familiarisé avec les ordres d’architecture, qu’il connaisse les styles, le dessin d’ornement; car c’est à lui qu’incombe la mission de faire revivre les filets, d’aviver le modelé des frises, des chutes , des guirlandes , de fouiller les pétales des Heurs, de nerver les feuilles, de dégrossir tous ces ornements avec l’outil de fer, de les finir à l’ébauchoir et de les laver et de les adoucir au pinceau. Enfin, au cours de ces différentes opérations, il ne perdra jamais de vue que le fini de son travail doit être d’autant plus grand que le feu le dévore en partie, et que la couverte ne cache jamais complètement les défauts du moulage.

Lorsqu’il s’agit à' articles d’une utilité générale et qui, par conséquent, doivent être fabriqués par quantités, il iin- ])orte, pour pouvoir en tirer un nombre considérable d’exemplaires, d’avoir prêts d’avance un certain nombre démoulés en plâtre, de façon à remplacer ceux qui, par suite d’accident, se dégradent, ou per-

dent

lon<

leur propriété d’absorber l’humidité de la pâte — à moins qu’on ne se serve de moules ne se détériorant que difficilement.

Ces derniers sont généralement confectionnés en terre cuite, plus rarement en métal, étain ou cuivre.

Les moules en terre cuite s’exécutent aisément grâce à la plasticité de l’argile , mais ils exigent un modèle sensiblement plus grand que celui de la jiièce qu’ils doivent fournir, à cause du retrait qu’ils prennent en séchant et en cuisant. C’est là une difficulté d’établissement dont il faut tenir compte. Pour les moules en métal, ils ne sont guère employés que pour des pièces de jietites dimensions. Quant à la multiplication des moules de jilâtre, on y pourvoit en coulant sur le modèle un certain nombre de mères, c’est-àdire de moules qui ne sont pas destinés au moulage de pièces de poterie, mais à repi*odiiire de nouveaux modèles sur les({uels, avant (jii’ils soient altérés, on peut refaire une ([uantité assez grande de moules.

Fig. 16. — Fragment de moule ayant servi à Bernard Palissy.

Un modèle bien net permet d’exécuter 50 mères, qui, à leur tour, fournissent chacune 50 modèles nouveaux. A l’aide de chacun de ces derniers modèles on peut obtenir 50 moules en j)lâ(;re durci. Un seul type permet donc d’établir 125,000 moules, c’est-à-dire d’exécuter plus de trois millions de pièces. Toutefois, il faut bien prendre garde, au cours de ces diverses opérations, qu’à chaque moulage il se produit un grandissement d’environ un centième, en sorte que, deux moulages étant au moins nécessaires, il faut tenir les dimensions du modèle initial inférieures de deux centièmes à celles du moule définitif.

Telles sont, succinctement résumées, les diverses opérations auxquelles procède le mouleur pour obtenir des objets, ornements ou figures en ronde bosse. Mais là ne se bornent pas les travaux qu’on lui demande. Il arrive souvent que les pièces de vaisselle dont on fait usage, sont ovales, octogones ou de figure irrégulière ; et comme le tour ne peut produire que des objets ronds et de forme régulière, il faut, pour façonner ces pièces, avoir recours au moulage. Il en est de même quand on veut obtenir des vaisselles décorées extérieurement de godrons, de cannelures, de guillochages, de petites frises ou d’ornements en bas-relief qui ne peuvent être rapportés après coup. Le moulage de ces pièces creuses diffère sensiblement de celui que nous venons de décrire. On l’appelle moulage en croûte. ’Voici comment il s’exécute.

On donne le nom de croûte à une galette ou à une bande de pâte d’épaisseur régulière qui, préparée sur une table en pierre dure, et égalisée à l’aide du rouleau, est ensuite étalée sur une toile bien fine , qu’on a humectée d’eau , ou mieux sur une peau mouillée. Cela fait, supposons que nous ayons à mouler une soupière. Le moule dont nous allons faire usage se composera de deux parties : l’une, appelée le noyau, sera chargée de donner la forme intérieure de notre vase; l’autre, nommée le creux, fournira les con-

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tours et la forme extérieure. Après avoir amené notre croûte à l’épaisseur voulue, nous prenons notre noyau; nous l’humectons; puis, soulevant la à l’aide delà

peau ou du linge sur lequel elle repose, nous l’appliquons sur la convexité extérieure du noyau, et par une pression progressive de la main, ou en la tamponnant avec l’éponge,

Fig. 17. — Moiileiu' en boa creux et mouleur en croûte.

nous obligeons la pâte à cqiouser exactement la forme de ce noyau. Une fois ce premier résultat obtenu, nous prenons le creux et nous en recouvrons la croûte et le noyau. Ce creux, qui doit nous fournir le contour extérieur de la pièce (Ibiit le noyau a éhauclié l’intérieur, étant relativement sec, attire la croûte à lui. Nous en prolîtons pour dégager le noyau, et pour ajtpuyer de l’intérieur, d’abord avec l’éponge, ensuite avec des laïupous remplis de poussière, la |)àte couircles parois du moule extérieur.

Lorstpi’on a suKisamment pressé la croûte pour qu’elle

ait pénétré dans tontes les anfractuosités du creux, on l’a])andonne à elle-même. A mesure cpie la pâte sèche, il s’opère un retrait, et la pièce ainsi se détache du creux d’autant plus facilement que, celui-ci étant de dépouille, aucune saillie exagérée ne contrarie sa retraite.

Toute vaisselle à contours, tout plat à angles ou àgodrons, toute saucière, toute soupière ovale ou guillochée, cannelée ou godronnée, après avoir été démoulée, doit être mise à sécher sur des re/mcrsod’.'î garnis de poussière très fine. A ce moment, si la pièce a été moulée avec soin, si les épaisseurs ont été partout bien conservées, si la dessiccation, en outre, est hahilement conduite, c’est-à-dire si l’on a soin de la rendre lente et liien égale, le travail est plus qu’aux trois quarts achevé. Il ne reste plus qu’à donner la pièce au réparateur, qui régularisera les contours en se servant de l’outil de fer, de l’ébauchoir, du pinceau, et qui fera revivre à l’aide du calibre les filets, cordons ou cannelures; et à la passer ensuite au garnisseur, qui soudera à la barbotine les pieds, les anses, les goulots, les boutons, etc.

Parfois, lorscpie la pièce qu’on veut exécuter est de forme ronde et régulière, mais chargée extérieurement d’ornements à faible relief, qui obligent de recourir aux procédés du mouleur, on substitue au moulage eu croûte le moulage en housse. Ce dernier dilfère du précédent en ce qu’au lieu de préparer la pâte en bande à l’aide du rouleau, on l’ébauche sur le tour, en approchant, autant que possible, sa forme et son épaisseur de celles que la pièce achevée doit revêtir. Mais, qu’ils soient obtenus par le moulage en housse ou le moulage en croûte, tous ces ouvrages sont calibrés, garnis et achevés de la même manière.

Les diverses façons que nous venons de décrire s’appliquent également aux poteries opaques et aux poteries translucides. Il n’en est pas de même de la suivante, qui convient uniquement aux pâtes maigres et courtes, et n’est utilisable, par conséquent, que pour la porcelaine.

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Le COULAGE des pièces céramiques repose entièrement sur cette remarque que les moules en plâtre, quand ils sont bien secs, possèdent une faculté absorbante assez considérable pour qu’une pâte liquide introduite à l’intérieur soit amenée très rapidement à un état de fermeté analogue à celle des pâtes ébauchées et déjà ressuyées. C’est à Tournay c{ue cette découverte fut mise pour la première fois en

Fig-. 18. — L’atelier du coulage à la niamilactiire de Sèvres.

pratique. Dix ans ])lus tard (1790), un ouvrier nommé Tendelle introduisit ce procédé dans la fabrique de Locré, rue Fontaine-au-Roi. En 1814 il fut adopté par la Manufaclure de Sèvres.

Tout d’a])ord on ne l’employa que pour ce qu’on a])pel]e le creux, c’est-à-dire pour les tasses, encriers, bols, etc. Jj’opération, pour ces sorics de pièces, consiste à emplir d’une barbotine ti’ès claire des moules de plâtre très sec, et à les vid(u* |)i*es(jue aussitôt. On laisse (uisiiitc reposer le moule. Jusqu’à ce que la couclui l(‘gère de pâU; qui laîste

adhérente se retire en se séchant, et l’on enlève alors, aussi délicatement que possible, la pièce, qui, si on le désire, peut être d’une légèreté extrême.

C’est par ce moyen qu’on exécute ces tasses dites coquille d’œuf, qui sont d’une ténuité invraisemblable. Ajoutons qu’on utilise également le procédé du coulage pour de très grandes pièces , en donnant naturellement aux parois une épaisseur beaucoup plus grande. Le point essentiel pour ce genre de travail, c’est que la barbotine soit très claire, bien homogène et complètement exempte de parties granuleuses et de bulles d’air.

Enfin, pour en terminer avec cette partie de notre sujet, il nous faut encore dire un mot de trois pro-

Fig. 19. - Canette en grès décorée do pastillages. ^ concernant ,

(fabrique de doulton.)

non plus la façon même, mais la décoration en relief des pièces céramiques, ]>rocédés qui furent très employés jadis et qui sont aujourd’hui quelque peu délaissés. On les nomme I’étampage, le MOLETAGE et le PASTILLAGE.

L’étampage consiste à appuyer une étampe ou cachet sur la surface d’une pièce céramique et à répéter l’empreinte

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ainsi obtenue, autant de fois qu'il est nécessaire pour constituer une ornementation.

Le MOLETAGE s’exécutc avec de petites roues ou molettes qui portent, gravé sur leur circonférence, un motif qu’on imprime sur la pâte.

On donne le nom de PASTILLAGE à l’action de produire séparément , à l’aide de moules spéciaux, des médaillons, des rosaces, des cartouches, des armoiries ou tout autre ornement, à les ébaidier avec soin et à les coller ensuite sur la partie du vase que l’on veut décorer.

Ces procédés, employés dès la plus haute antiquité, ont donné, au point de vue décoratif, des résultats parfois excellents.

Nous citerons comme exemple les admirai) le s terres de pi[>e dites de Henri II, fal)ri([uécs à Giron ou à Sainl-Por( haire,

(‘t dont rorncmeiitation consiste, en j)artie, en un travail d’étampage et de molctag(! oblemi, à ce (pi’on ci‘oit, avec des fers dcrelieui-. De nos jours bcaiiconp de grès, ceux de Doidton notamment, sont (üicorc décoi*és de pastillag(‘S. Ces façons, toutefois, sont usitées dans tant d’autres industries, ('t les procédés employés aussi bi(Mi ([ue les outils servant à les exé(‘ut('r sont si connus, (| Il (; nous croyons in U ti h; d’insister davaiitagi'.

Fig'. 20. — Aig'iiici'o (léc;oi’éo an molclag'o, (Faïence dite de Henri II.)

Ajoutons que depuis cinquante ans, en ce qui regarde le moulage des pâtes céramiques, on s’est appliqué à faciliter considérablement, par des adaptations mécaniques, le l'açonnage des pièces un peu compliquées. Des machines extrêmement ingénieuses, à la création desquelles les noms de Faure et de Matelin resteront attachés, en se substituant à la main de l’ouvrier, ont presque transformé l’industrie porcelainière; alors c|ue dans la fabrication des poteries opaques l’intervention de machines également remarquables et rendant des services analogues, tend à se généraliser, au moins clans les établissements de sérieuse importance.

Fig. 21 à 23.

Anse moulée et détail des creux ayant servi pour ce moulage

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