‹ La céramique industrielleChapitre 102 sur 182 · IU · texte numérisé non relu

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menu et l'on répète cette addition tous les trois rangs. On ne met le feu à ce four que lorsque les huit premiers rangs (jusqu'en A), qui forment ce qu'on appelle le pied, sont en place. On emploie comme combustible la houille ou quelquefois la tourbe. (La figure ne donne qu'une portion de la meule, limitée au premier foyer.)

Il est bon, pour diminuer rinlluence des coups de vent, de recouvrir d'argile les |)arois du tas; on empêche ainsi l'entrée de l'air latéralement dans les interstices laissés entre les briques. On s'abrite également avec des paillassons posés verticalement devant les parois exposées au venl.

On ajoute de nouveaux rangs ou camps chaque jour et leur pose est déterminée par la vitesse de la combustion. Au début, on met de trois à quatre rangs; à la fin, on peut aller jusqu'à six. La vitesse de combustion se modère en diminuant la section des orifices de rentrée d'air.

On arrive à cuire, avec ce dispositif, de fort grandes quantités de briques, jusqu'à un million de briques. Ordinairement on se contente de cuire la moitié de ce nombre. Ces fours atteignent une hauteur de 7'^ en moyenne et occupent 100"'' à 200""'.

B'iiyiK?. 307

La cuisson à la volée est très employée par l'Aiigielerre, la Belgique, le nord de la France. Les Belges (') se sont fait une réputation dans la conduite de cette opération qui, pour être bien menée, doit être faite par des ouvriers spéciaux. L'équipe nécessaire pour la manœuvre du fourneau comprend, suivant son importance, de lo à i5 hommes.

On met le feu, une fois le pied du four terminé. Quand le combustible { gai llette le i)[us souvent) est bien pris, les enfourneurs commencent à placer de nouvelles briques. Ces ouvriers, à mesure que le lour se construit, s'élèvent au-dessus du sol, il est donc nécessaire que des aides {entredeux) leur passent les briques que des manœuvres apportent sur des brouettes. Couramment Veiifourneiir, l'enlredeux et les brouelteurs, qui les desservent, forment une main. Une fois le camp terminé, le cuiseur répand du charbon fin sur les briques, de manière à l'étaler en nap|)e régulière sur toute la surface. Pour éviter le collage des briques les unes aux autres, on répand aussi un peu de sable. Ceci fait, on procède au placement d'un nouveau camp, mais à angle droit avec le premier, en opérant de même que pour le précédent. Avec un four bien en marche, on arrive à poser 6 à 8 camps par jour.

L'expérience indique la quantité de charbon à jeter. Quand on voit les briques du dernier camp jaunir c'est que le feu s'approche et par conséquent va vite. On jette alors du combustible et dans les endroits où le feu dort on se garde bien d'en ajouter. Pour ralentir le feu, on a encore la ressource de jeter du sable chaque matin, le dernier camp posé la veille doit laisser voir le feu. Jl faut rapidement poser un nouveau camp, opération pénible dans ces conditions. Un sondage est nécessaire pour voir dans quel état est la brique placée la veille. Si l'on redoute un coup de feu on place plusieurs camps à blanc.

La cuisson à la volée doit naturellement donner les meilleurs résultats pendant le beau temps, aussi ne s'opère-t-elle que l'été; la pluie est un accident sérieux dont il est difficile de protéger le four.

( ' ) D'où le nom de Jabrication a ILeinande donné à ce mode d opérer.

3o8 CHAPITIIK X. — TEIlUKS CLITI'S.

Ordinairement on fait le pied du four en briques déjà cuites pour avoir plus de. solidité, et l'on ne place les briques crues que vers le septième rang.

Ce mode de cuisson demande une grande babitude et donne un assez grand décbet (M; il » l'avantage de pouvoir être exécuté partout puisqu'il ne faut pas de fours, aussi est-il très répandu pour la fabrication de la brique de campagne.

Sur un las de Sooooo briques, on compte en moyenne deux camps peu cuits à 8000 briques, quatre camps au sommet dans le même état et presque autant pour les parements, en tout 80000 briques.

Les frais de cuisson (en moyenne) s'élèvent à 23o'^s-26oi'g par 1000 briques.

Quelquefois on protège la cuisson à la volée par une sorte de four. Dans la Somme, par exemple, on peut voir combiner la cuisson dans un four avec la cuisson à la volée. Le four adopté est formé de trois murs rectangulaires, et on le construit du côté où le vent est le plus fréquent. Ce rempart n'enveloppe pas complètement le tas de briques, il n'en couvre pas plus de la moitié.

Dans les petites briqueteries on ne cuit pas toujours à la volée, on a recours quelquefois à un four dont la conslruclion est des plus simples. Le four se compose essentiellement d'une cuve quadrangulaire T en briques dont le fond est ajouré el forme la sole. Cette sole repose sur deux files d'arceaux b dans lesquelles s'effectue la combustion. Les flammes s'élèvent directement dans le four qu'elles ti-aversenl dans toute sa bauteur. On ménage au moins une porte, et souvent deux en face l'une de l'autre, pour le travail de l'enfournement et du défournement. Ces portes sontboucbées pendant la cuisson.

On enfourne le plus souvent en plaçant les briques assez serrées et en ménageant dans la masse les cbeminées nécessaires au passage de la flamme. On finit le four avec des lits de briques posées de cliamp et cbaque lit est placé perpendiculairement au précédent. On pourrait tout aussi bien faire

( ' ) Les briques des parois sont naturellement imparfaitement cuites.

loul l'enCoLiniement de celle manière, la tlainme trouvant ainsi Facilement à passer entre les briques.

On peut protéger ces fours avec des couvertures en bois pendant l'enfournage, mais il faut les découvrir au moment de la mise en feu (').

Ce four peut êlre cuil au bois avec des bourrées ou des cotrets^ ce qui n'est pas très cher; le prix moyen de cuisson de looo briques étant de g^'. On allume le feu sur le sol lui-même dans les con-

duits et l'on fait d'abord un petit feu, puis, après la dessiccation, on procède à la cuisson au grand feu. On obtient avec un foyer semblable plus de feu à l'entrée du four qu'au fond, aussi pousse-t-on de temps en temps quelques brassées vers l'extrémité des canaux. On peut régulariser un peu la cuisson en modifiant le tirage, en fermant les portes d'entrée des foyers qui vont trop vite. Une fois la cuisson terminée on bouche toutes les ouvertures et l'on recouvre le four d'une couche de terre; on abandonne ensuite au refroidissement.

Les fours contiennent quelquefois plusieurs centaines de mille de briques, les modèles couraiiis ne dépassent guère iSoooo,

On cuit aussi à la houille avec ces fours {voir la figure), mais-alors on a soin de disposer des grilles en avant des voûtes. Ou consomme alors i5o^^ [)'àv mille de briques.

( ' ) Jîrongniart cite des fours analogues, de dimensions supe'rieures, employés en Hollande et possédant une toiture fixe ( Traité des Arts céramiques, t. I, i844. p. 352 ).

-^'O CHAPITRE X. — TERIIES CUITES.

La tourbe est également employée comme combustible.

Ces fours sont bien imparfaits et leur manque de loitin-e esl un gros inconvénient, car il laisse perdre de la chaleur et les expose aux intempéries. On ne peut protéger qu'insuffisamment avec l'aide d'une toiture mobile.

On trouve encore de ces appareils en France dans des briqueteries de peu d'importance.

Les fours voûtés sont d'un emploi préférable; ils sont à flamme directe ou à flamme renversée et alimentés avec du charbon. D'autres fois on se contente d'un dispositif très rudimentaire. Le four (') est formé de deux murs parallèles entre lesquels on empile les briques; de place en place des trous, ménagés au ras du sol, permettent l'introduction du combustible. Pour protéger des intempéries, un toit vient recouvrir le four.

Les modèles de ces fours sont très nombreux; leur forme varie avec les pays. Dans quelques-uns on a adopté une disposition permettant de cuire à la fois de la chaux et des briques ( -). La substruction du four (les arceaux du foyer) esl faile alors en pierre calcaire. Nous renvoyons aux vieux Ouvrages pour leur description, le nombre de ces fours allant en diminuant.

% -■ — KlUQLES DE l'industrie.

A. — Façonnage en pâte humiHe.

Au voisinage d'un centre important de consommation on peut établir une briqueterie fixe si l'argile est proche. Il est possible aussi de s'installer à poste définitif quand la terre que l'on se propose d'employer a des qualités suffisantes pour que la brique que l'on fabrique ait une valeur lui perinettani de supporter des frais de transport.

Certaines fabriques importantes qui produisent annuellement des millions de briques emploient encore le façonnage à la

(') DuMMLER, Ziegelfabrikalioji, p. 824.

( = ) Brongxiart, Traité des Arts céramiques, i844, Atlas, Pl. XF, f,rr, i, Salvetat, Technologie céramique, p. Zo-j, fig. 416 et 417.

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main. Plus élevé comme prix de revient que le façonnage mécanique, il donne de belles pièces bien faites; aussi beaucoup de briques rechercbées pour leur belle qualité, et dont le prix est établi en conséquence, sont-elles encore moulées à la main. Nous avons déjà décrit le mode opératoire, nous n'y reviendrons pas.

On a cherché, il y a fort longtemps, à remplacer la main de l'homme par la machine dans le moulage des briques.

Les premières machines à briques imitaient le travail de l'ouvrier; un ou plusieurs moules venaient passer sous une trémie qui les remplissait de lerre et se vidaient plus loin automatique ni en t.

Ces machines ont été perfectionnées, on a modifié le mécanisme de manière à leur faire donner après le remplissage du moule une forte pression et, maintenant, on travaille à la machine des pâtes de plus en plus dures jusqu'à la pâte sèche.

D'autres machines fondées sur un principe différent sont aussi très employées. La pâte est pressée et forcée de sortir par un orifice dont la section est rectangulaire; elle donne un parallélépipède ayant pour section la surface la plus large de la brique. On coupe alors dans ce bloc des tranches dont l'épaisseur constitue celle de la brique. La pâte utilisée ici est moins dure que dans les machines précédentes et la brique est moins serrée, aussi la represse-t-on.

Préparation de la pâte. — La terre à brique qui ne contient ni pierres, ni grosses pyrites est employée tout de suite après malaxage. On la jette directement dans un malaxeur, quand elle a naturellement l'humidité voulue et l'on ajoute le dégraissant, si ce dernier est nécessaire. Le mélange et le travail d'homogénisation se font pendant la rotation et à la sortie de l'appareil on reçoit des pains de pâte prêts à introduire dans la machine.

Avec des argiles dures l'opération est plus compliquée; on commence d'abord par diviser la matière. La division de l'argile se fait au moyen d'une tailleuse, ou de meules et de cy-

•^'2 CHAPITRE X. — TEKRKS CUITES.

lindres, si elle esl complèlemeiil sèche. On emploie aussi des granulateurs pour réduire eti fragments les argiles sèches.

Si les argiles que l'on traite sont grasses leur imbibition par l'eau sera très lente, il sera nécessaire de les laisser en contact avec l'eau pendant un certain temps.

On jette alors dans une fosse l'argile divisée et on la laisse an contact de l'eau pendant au moins 24 heures. Si l'on a déterminé la quantité d'eau que nécessite la consistance désirée il n'y a plus qu'à jeter l'argile humide et le dégraissant dans le malaxeur. Au contraire, avec un excès d'eau, il faut décanter le liquide surnageant et laisser égoutter la masse jusqu'à ce qu'elle ait la mollesse voulue.

Quelquefois on détrempe l'argile, mêlée aux dégraissants; d'autres fois on ajoute seulement ces matières au moment de malaxer; il n'y a rien d'absolu dans la manière de procéder.

Les argiles maigres sont plus faciles à mouiller que les argiles grasses et l'on peut les imprégner d'eau par simple arrosement; par opposition à l'opération précédente nous appellerons cette opération humectage.

On peut humecter les argiles mécaniquement. Par l'emploi de la machine on opère plus rapidement et l'on fait en même temps un mélange plus complet de l'argile avec l'eau. Les humecteurs se composent d'une auge en fonte ou tôle, traversée par un arbre muni de palettes. Un tuyau disposé au-dessus de l'auge amène l'eau que l'on fait tomber pendant que la rotation de l'arbre mêle le liquide et l'argile. On dispose souvent ces palettes en hélice de manière à faire cheminer l'argile dans toute la longueur de l'auge et à permettre son refoulement vers un orifice de sortie, placé à l'extrémité.

Dans ces appareils l'argile ne subit qu'un traitement incomplet. Les malaxeurs terminent ce travail. Pour les matières molles comme celles qui servent à la fabrication des briques on emploie surtout des malaxeurs ayant leur arbre d'hélice disposé verticalement {voir p. i5'i,fig. 35).

Ce mode opératoire, que l'on pourrait appeler voie humide en adoptant la phraséologie allemande, n'est pas le seul utilisé. Dans certains cas, on préfère sécher l'argile en utilisant la cha-

BUIQUES. 3l3

leur perdue et préparer la pâle en partant d'une matière sèclie. Cette dernière est alors brisée au concasseur, si cela est nécessaire, et passée à la meule. On utilise pour ce travail des meules en fonte roulant sur une aire perforée, le plus souvent. C'est cette terre en pondre que l'on porleau malaxeur, après addition d'eau et de dégraissanl.

Le travail des terres demande plus ou moins de préparation suivant la naiure de l'argile. On peut associer à la machine à briques proprement dite une paire de cylindres qui lamine la pâte et continue l'action du malaxeur. Il est même parfois nécessaire de faire plusieurs cylindrages. Ainsi j'ai vu employer le dispositif suivant : la pâte venant du malaxeur arrivait à l'étage supérieur au moyen d'un monte-charges, puis elle était laminée dans un jeu de C3dindres qui l'amenail au rez-de-chaussée; on la plaçait alors dans un second monte-charges qui l'élevait encore une fois au premier étage d'oi:i l'on introduisait alors la pâte ainsi laminée dans la machine à briques.

Façonnage à la filière. — Les machines employées pour ce genre de fabrication se composent d'un appareil propulseur poussant la pâte dans une chambre percée d'Un orifice qui constitue la filière. Pour les briques pleines on se sert des filières simples.

La filière se compose d'une plaque de métal percée d'une ouverture quadrangulaire ayant comme surface celle de la brique (longueur x largeur).

Cette plaque est maintenue à l'orifice de sortie soit par des boulons, soit encore par des pièces à charnières que l'on rabat (c'est ce dispositif qui est adopté sur la machine à p-„ ^3 briques figurée la première). Ce genre de filières est le plus simple. Le glissement de la pâte dans l'ouverture est contrarié par le frottement; il est à remarquer qu'aux angles la résistance à vaincre est double puisque la pâte est en contact avec deux parties métalliques, alors qu'au milieu elle ne touche qu'une seule portion de la filière. Pour éviter un cintrage de la masse résultant d'un retard à la sortie dans les angles de la filière, certains construc-

3l4 CHAI'ITIIK X. - THKKlsS CUITES.

leurs ont proposé de munir la filière de joues, placées dans les milieux des côtés et apportant un supplément de frottement corrigeant les frottements plus grands aux angles. Une autre solution consiste à mouiller suffisamment la pâte pour faciliter sa sortie. Dans ce but, la filière est montée comme nous l'indiquons {fig' 96).

De l'eau fournie par un réservoir supérieur arrive par le tube vertical de la filière et vient se répandre dans l'espace l esté libre entre la caisse et un système de lames à recouvrement. L'eau vient suinter enire ces lames et lubrifier le pain de pâte qui sort ainsi facilement. Dans certains modèles, on tire parti de la porosité d'une peau en contact avec l'eau pour produire l'humidification. Le prisme, avant de sortir de la filière, traverse une boîte dont les parois sont formées par une peau laissant transsuder l'humidité. Les filières hydrauliques sont utilisées dans de très nombreuses machines. Ces indications suffiront à donner une idée de la variété des solutions employées.

La machine à filière permet de fabriquer facilement toutes sortes de briques différant du type primitif; il suffit de choisir pour cela une filière appropriée.

Les propulseurs employés appartiennent à différents systèmes. Le propulseur à piston étant intermittent se rencontre peu; on lui préfère les propulseurs à palettes ou à hélice que l'on dispose de manière à pouvoir servir de malaxeurs. Une paire de cylindres constitue aussi un bon propulseur pour pousser la pâte sur la filière.

On a chercbé à simplifier le façonnage en groupant, sur une même machine, laminoirs, propulseur et malaxeur. On n'a plus qu'à jeter dans une auge le mélange humide des éléments de la pâte et l'on recueille à la sortie de l'instrument un prisme de pâte homogène et façonnée.

Dans la machine ici représentée la pâte est d'abord prise entre deux cylindres (une paire de cylindres suffit dans le cas oi:i la terre contient peu ou pas de pierres) resserrés, oià les

BRIQUES.' 3l5

fragmenis durs soiil pulvérisés, et tombe dans une auge et là une hélice, servanl à la fois de malaxeur et de propulseur, finit d'homogénéiser la pâte et la pousse dans la filière.

Voici comment sont construites ces machines : un malaxeur

horizontal, formant la pièce principale, pousse la terre dans la filière. Ce malaxeur est traversé par un axe en acier muni de lames d'hélice. A la partie postérieure se trouve la caisse d'alimentation dans laquelle arrive l'argile, entraînée par les cylindres; à la partie antérieure on voit la caisse qui supporte la filière et dans laquelle est refoulée la terre. On forme ces diverses parties de pièces interchangeables faciles à démonter. L'arbre d'hélice repose derrière la dernière lame d'hélice dans un long collier, puis il se continue par les roues d'engrenage, son extrémité repose sur un autre collier et se termine par un pivot butant dans une crapaudine, maintenu par une traverse boulonnée au corps de la machine. On réalise ainsi un supportage rigide de l'arbre.

Sur la caisse de pression est fixé un réservoir à eau qui maintient humide la filière pendant le travail quand on se sert d'une filière hydraulique.

Le fonctionnement de semblables machines exige un homme pour alimenter l'appareil, un second ouvrier pour manœuvrer l'appareil coupeur et un ou deux manœuvres pour débarrasser le découpeur des briques.

3l6 CHAPITRE X. — TERRES CUITES.

Pour façonner de grosses pièces à la filière on emploie la même machine, mais alors on soulienl l'arbre par ses deux extrémités. Avec cette construction, il faut placer la filière latéralement. Aiusi construite la machine à filière a plus de résistance que le modèle précédent, puisque son arbre propulseur a un point d'appui à ses deux extrémités, mais il exige un peu plus de force pour son fonctionnement. Une semblable machine n'est pas indispensable pour la fabrication des briques ordinaires; elle est nécessaire si l'on veut adapter d'autres filières, pour fabriquer des carreaux par exemple.

Une machine à filière ordinaire fournit à l'heure depuis 5oo jusqu'à 2000 briques, elle consomme de 3'^^^ à 18'^^'=.

Dans certaines machines, on a cherché à produire un plus grand débit; on a alors accouplé deux filières, placées quelquefois laléralemeni, d'autres fois disposées aux deux extrémités d'un propulseur. Le dispositif varie avec la nature de ce dernier instrument.

Les dispositifs donnés aux machines à briques sont très variables. Dans la première machine que nous avons figurée, la propulsion a lieu parle moyen d'une hélice; dans la seconde, par une paire de cylindres. Quelquefois la presse à filière est complétée par un malaxeur convenablement réglé qui vient verser dans la machine la pâte travaillée. Certains modèles, destinés à l'emploi de terres demandant une préparation plus soignée, sont munis de deux paires de cylindres superposés au-dessus de la caisse d'alimentation de la presse. Nous jugeons inutile de reproduire tous ces nombreux types; nous nous bornons à donner seulement un aperçu de la variété que l'on peut apporter dans leur construction.

Pour compléter une machine à filière, il faut un appareil coupeur qui débile le prisme de pâle en tranches d'épaisseur égale à celle de la brique. Nous avons déjà dit quelques mots de cette opération, mais il est utile d'y revenir. Voici comment s'opère le découpage.

Pour faciliter le glissement de la masse, ne pas la déformer et ne pas l'arracher pendant son trajet hors de la filière, on reçoit la pâle sur une table dont la surface est constituée par une série

de rouleaux de plâtre enfdés sur des tringles perpendiculaires à l'axe de la filière et autour desquelles ils peuvent tourner. Pour découper les briques, on rabat alors sur la pâte un cadre, garni de fils tendus, mobile autour d'une charnière parallèle à l'axe de la filière. Les fils tranchent le bloc et leur écarlement détermine la dimension des morceaux.

Quand, ce qui est le cas général, le débit de la machine est

Fig. yS.

continu, l'appareil coupeur est porté sur des rouletles qui lui permettent de se déplacer sur le sol. Pour découper on comoience par amener le sjslème contre la filière, puis on laisse la pâte s'avancer jusqu'à l'extrémité du chariot. A ce moment, l'ouvrier chargé de la manœuvre lâche le chariot et rabaisse le cadre. Dans son mouvement le cadre relève tin butoir qui empêche la pâte de sortir du chariot; ce dernier se déplace alors sur ses roues en même temps que la pâte. Une l'ois rabattu, le

CHAPIIRK X.

cadre a traversé complèieineiil la masse; il n'y a plus qu'à enlever les briques cl à ramener en avant, le chariot après relèvement du cadre. La machine à briques que nous représentons est dessinée de manière que l'on puisse se rendre compte tout particulièrement de la construction de son appareil coupeur.

On peut varier beaucoup le dispositif de ces appareils et la manière de découper les briques. Ainsi, dans certaines usines où l'on fait de petites briques, on opère avec une grande filière; seulement à la sortie se trouve un équipage fixe de fils tendus qui divise déjà la masse dans le sens de la longueur, il ne reste plus (|u'à rabattre le cadre pour avoir la séparation complète. Quelques appareils coupeurs, au lieu d'atta(iuer la |jàte sous un certain angle comme l'appareil que nous avons décrit, agissent perpendiculairement. Dans d'autres enfin, les fils sont fixes et disposés sur le côté; la pâte est reçue sur une tablette mobile (lui, une fois chargée de pâte, est déplacée latéralement. Les briques sont alors découpées et l'on n'a plus qu'à enlever la planchette après l'avoir débarrassée des deux extrémités du bloc de pâte qui n'ont pu être coupées à la dimension.

On a proposé divers dispositifs pour découper les briques automatiquement; peu employés encore, il est difficile actuellement de se faire une idée exacte de leur valeur. 11 est certain que le rendement doit être accéléré, mais le découpage n'en souiTre-t-il pas? C'est ce qu'il est encore malaisé de savoir.

Comme type de découpeur automatique voici un appareil qui fonctionnait à l'Exposition universelle de 1900. 11 était exposé par V American Clay-Workiiig Machinery C", de Bucyrus (E. U.). Le prisme de pâte sortant de la filière vient glisser entre deux cylindres verticaux qui le guident. Le mécanisme coupeur comprend douze lils tendus mainlenus par un cadre mobile. Automatiquement le cadre s'approche et les fils traversent la pâte découpant les briques. La pâte continue son chemin, pousse les briques qui tombent sur une toile sans lin se déplaçant avec une vitesse supérieure à la vitesse de sortie du prisme de pâu.'; il résulte de cette combinaison que les briques s'espacent pendant leur entraînement par la toile sans fin. Quand la dernière brique est sortie de l'appareil coupeur, une longueur de pâte suffisante

n:!iQij];s.

pour le découpage est engagée dans le découpeur. A cemomeiil le cadre mobile retraverse la |)âte et découpe à nouveau des

FiK.

bl iques. Le même mouvement recommence tant que l'appareil est en fonction.

Un appareil coupeur automatique peut débiter de 2000 à 10000 briques à l'heure.

De semblables instruments ne sont utilisables que dans des usines ayant une énorme production.

Façonnage à la presse. — La machine que nous avons décrite à propos des bri |ucs de campagne appartient à ce groupe de machines.

Les machines à pâte molle sont à mouvement continu et donnent leur pression au moyen de cames ou d'excentriques, qui déterminent à cbaque tour de l'arbre moteur un certain nombre de rapprochements de pièces et, par suite, de pressées.

Les appareils à grand débit utilisent plusieurs moules que la machine remplit automatiquement. Ces moules peuvent être disposés par série sur un bâti commur.

Le rôle du mécanisme se borne à manœuvrer une seule pièce de grande dimension, à l'emplir de pâte, à la pousser sous la presse et à la chasser dehors après la compression. La machine fonctionne alors avec des moules mobiles. D'autres

3?.0 CHAPITRE X. — TERUES CUITES.

machines ont des moules fixes et la pression se donne par le fond; le mouvement des fonds est alors utilisé pour le démoulage.

On comprendra parfaitement que la pression à donner est variable avec la nature de la pâte et que, par suite, la consommation de force s'élève avec la fermeté de la masse. Une machine du type que nous venons de décrire, a^ec une pâle molle tie

donnant que des produits communs, peut fournir 2000 à 3ooo briques à l'heure.

La macliine représentée est construite pour le façounage par pressée. La terre jetée dans la partie supérieure de la presse subit le malaxage, puis est poussée dans les moules et eufiu pressée. A la sortie du malaxeur se trouve une boîte dont la partie supérieure est mobile et sert de piston pour la pressée. Par une ouverture latérale on introduit un moule à cinq places que la machine remplit automatiquement. Une fois le moule garni, la machine effectue la pressée, puis chasse en avant le moule garni de ses cinq briques façonnées. On compte avec celte machine une production de i5oo à ^000 briques à l'heure. Elle n'exige qu'une garniture de moules suffisante.

niUQUES. 321

Consistance des pâtes. — Ou peut iialurellement, suivant la qiianlilé d'eau introduite dans la masse argileuse, obtenir des pâtes plus ou moins consistantes.

La pâte dite molle est la plus riche en eau (elle renferme 4o pour 100 d'eau au maximum). Les produits fabriqués avec cette matière peu résistante sont homogènes; les particules sont bien soudées. En revanche la masse est très collanle et prend mal les détails du moule (et dans le cas présent nécessite un repressage pour l'obtention d'arêtes vives). Le séchage est long. La fabrication e§t forcément lente.

La pâte/er/«e on demi-dure renferme moitié moins d'eau en moy enne. La masse est plus dure à travailler, aussi est-il nécessaire de faire un malaxage très soigné. La machine à briques {/ig. 96) construite par M. Joly est conçue pour le façonnage avec ces pâtes; elle donne avec 8 à 10 chevaux de i5oo à 2000 briq ues à l'heure, desservie par cinq ouvriers : deux manœuvres pour charger la terre dans la trémie, un ouvrier au découpeur et deux porteurs pour enlever les briques et les porter aux séchoirs.

Le travail en pâte ferme a comme infériorité d'exiger des machines plus fortes que le procédé précédent. (Pour faire i5oo briques à l'heure on ne consommerait que 4 à 6 chevaux en employant une pâte molle.) Le malaxeur agit sur une masse plus consistante, aussi la préparation exige-t-elle plus d'efforts; on laminera la pâle plus énergiquement. Par contre la terre épouse mieux les détails, la durée du séchage est moindre et la piocluclion est augmentée [)ar suite de la réduction du séjour dans les hangars et séchoirs.

La pâte dure ne contient |)liis en humidité que 10 pour 100 en nombre rond. La pâte est beaucoup plus difficile à traiter que précédemment, car elle exige pour son façonnage des appareils propulseurs puissants. On a eu recours, dans certaines machines, à des pistons pour chasser la pâte à travers la filière, les hélices étant insuffisanies. La préparation des matériaux demande un traitement par une série de cylindres. Le malaxage devient très difficile et consomme une force considérable. Le feuilletage, qui se produit facilement quand une pâte traverse une filière, s'accentue avec une pâte dure.

Les différences entre les trois procédés de fabrication se réduisent à la difficulté plus ou moins grande du malaxage et à la production plus ou moins abondante du feuilletage.

Repressage. — Les briques qui sortent d'une presse à filière n'ont pas les arêtes vives et les surfaces lisses que l'on demande à une brique de bonne qualité. Quanti, après un commencement de raffermissement (ressuyage), les briques ont pris la consis-

Fig. loi.

lance du cuir on les represse; pour ce travail on se sert d'une machine spéciale dite rebatteuse.

La presse robatteuse est formée de deux blocs de métal

BKIQL'ES. 323

placés l'un au-dessus de l'autre (■) et maintenus par un cadre solide. L'ensemble est mobile et glisse sur deux guides verticaux. Entre le chapeau et la poitrine se trouve un plateau. Les constructeurs fixent souvent le plateau porte-moule et donnent le mouvement au bloc supérieur (|ui vient écraser la brique; on trouve aussi des rebatteuses qui présentent la disposition contraire, et c'est le plateau inférieur qui reçoit le mouvement, le plateau supérieur restant fixe.

L'équipage de la poitrine et du chapeau est maintenu en place par des galets enfilés sur un arbre mû par un levier; en abaissant celui-ci le chapeau et la poitrine descendent et la brique se trouve serrée entre le fond du moule et le couvercle qu'appuie le chapeau. Le fond de ce moule s'appuie sur une table de fonte et une tige inférieure traversant cette table vient buter sur la poitrine. Ce fond descend donc quand la poitrine s'abaisse. La relève du levier produira le mouvement inverse et la remonte de la poitrine soulèvera la tige fixée au fond du moule, amenant ainsi le démoulage.

Toutes les machines destinées à represser les briques appartiennent à ce type avec quelques différences de détails apportées par les constructeurs. On peut les manœuvrer à bras d'hommes ou au moyen d'un moteur. Elles repressent jusqu'à 35o briques à l'heure en employant un ouvrier et deux manœuvres.

Le rebattage à la machine donne aux briques de la qualité, leur aspect s'améliore, car leur forme devient nette et leur face plus lisse. Cette opération est indispensable toutes les fois que les briques ont à la sortie de la machine une forme mal arrêtée et une texture trop lâche. L'avantage de la pressée avec des matières peu humides est de supprimer ce rebatlage.

Quand la production est très grande la presse rebatteuse que nous venons de décrire est insuffisante. Au lieu de les multiplier, il y a avantage à se servir d'appareils à débit plus élevé. La presse ci-contre est mue par un moteur et peut fournir jusqu'à 25oo briques à l'heure. Les briques sont amenées par une toile sans fin, puis prises par la machine et poussées dans les

( ' ) On les appelle souvent le chapeau et la poitrine.

moules. Le démoulage s'opère automaliquemenl; les briques sont chassées en avant et c'est pendant ce momement que s'effectue la mise en place fie deux nouvelles briques.

Séchage. — Les briques qui viennent d'être façonnées ne sont pas en état de subir la cuisson; une dessiccation est nécessaire pour débarrasser la pâte de la plus grande partie de son eau.

Les briqueteries de campagne ne fonciionuent que pendant la belle saison. La pluie contrarie leur fabrication el peut même compromettre la réussite. Dans les fabriques on doit se rendre, autant que possible, indépendant du mauvais temps.

Les briques sont placées dans des séchoirs abrités, formés par des supports placés sous des hallettes dans lesquelles l'air peut circuler. Pour accélérer le départ de l'eau et obtenir une dessiccation plus rapide on a eu recours à l'air chaud pour activer la volatilisation de l'eau. On a songé à utiliser le rayonnement du four pour chaufferie séchoir; aussi a-t-on disposé dans beaucoup de fabriques le séchoir au-dessus du four. On établit une série d'étages qui reçoivent les briques. Le four qui est toujours

chaud ne peut pas fournir à l'air ambiant une très grande quantité de chaleur, mais il produit un échauffement qui ne coûte rien. Les parties des fours continus qui viennent d'être défournées sont encore suffisamment chaudes, aussi les utilise-t-oii pour chauffer l'air du séchoir. On débouche les trous de chaufle par où l'on jette le combustible, l'air entre alors par les portes, s'élève, sort par ces orifices et vient gagner le haut du séchoir.

La manœuvre des briques dans les séchoirs, ainsi disposés sur les fours, oblige à une dépense de main-d'œuvre qui n'est pas négligeable, comme nous l'avons fait déjà remarquer.

Au lieu de laisser l'air échauffé par le four effectuer la dessiccation sans direction, on a pensé qu'il y aurait peut-être avantage à aspirer cet air, qui avoisine le four et s'est échauffé à son contact, et à lui faire parcourir des séchoirs. Une très grande variété de dispositifs ont été proposés (Ohie, Cohrs, Holzmann, Hotop, etc.) par de nombreux inventeurs. Le dernier d'entre eux organise ainsi son séchoir : deux séries d'étagères aménagées pour recevoir les briques s'alignent des deux côtés du four. Un mur protège contre l'air extérieur; une cloison en bois, munie de portes, sépare le séchoir du four. Le plafond qui recouvre les étagères et le sol sur lequel elles rei)osent sont munis d'ouvertures que l'on peut ouvrir ou fermer. Un ventilateur puise l'air près du four et le chasse dans le séchoir.

Dans le séchoir de Fouché, on utilise le |)assage d'une grande quantité d'air sur les produits humides. On dispose ce séchoir, formé d'un tunnel que traversent les produits, au voisinage d'un four de manière à pouvoir puiser de l'air plus chaud que l'air ambiant. Un bon dispositif consiste à le placer sui" un plancher reliant deux fours Simon parallèles. On règle l'appareil en surveillant un psychromètre placé à l'entrée et un thermomètre disposé à la sortie. Suivant l'écart de température observé, on a une évaporation plus ou moins active. On la ralentit, si besoin est, par introduction d'air froid.

Pour augmenter la dessiccation il faut recourir à l'emploi de l'air chaud et munir les séchoirs de calorifères ou de tubes traversés par de la vapeur. On élève ainsi la température de l'air et l'on active l'évaporation.

Aux États-Unis principalement on emploie dos séchoirs construits sur un principe analogue. Les briques à sécher, disposées sur des wagonnets, traversent une sorte de tunnel parcouru par nn vif courant d'air venant en sens inverse de la marche des wagons.

Suivant les conditions climatériques l'air envoyé est l'air du (!ehors ou bien de l'air chaud. La dessiccation s'effectue d'une manière continue, un M agon à sécher venant prendre la place d'un wagon sec.

On ne peut pas sécher toutes les briques indifféremment par un quelconque de ces procédés et quelquefois ce sont les propriétés de la matière première qui déterminent les conditions d;i travail.

Parmi les diverses solutions données à la question nous choisirons une des dernières et des plus complètes : le séchoir Pfeiffer et Môller.

Le séchoir tunnel Môller et Pfeifîer se compose d'un tunnel en maçonnerie que traversent, d'une manière régulière etautomalique, les produits à sécher portés par des wagonnets. La meilleure disposition est de placer les presses à l'entrée du tunnel et de disposer sa soi'tie près du four de manière à réduire au minimum la manutention.

La sortie du tunnel est fermée par une porte que l'on n'ouvre que pour le départ des produits secs.

Comme le séchoir fonctionne jour et nuit, de même que les fours continus, il faut s'assurer de quoi garnir le séchoir pendant la nuit et fabriquer assez de briques dans la journée pour avoir une réserve suffisante.

Le séchoir est traversé par des voies ferrées parallèles sur les(iuelles sont dirigés les wagonnets. Un treuil mécanique, insiallé près de la porte, refoule les wagonnets.

En 24 heures on arrive à sécher suffisamment les briques pour les porter dans le four. La dessiccation est réglée de manière à èire lente au début, puis à accélérer son allure quand elle louche à la fin. A ce moment les accidents ne sont plus à craindre. La température va en s'élcvant de 20° à 110° au minimum, on peut même la pousser jusqu'à i4o°. Par suite

(le son échauffement graduel, l'air est de plus en plus capable d'absorber de l'eau au fur et à mesure qu'il avance dans le tunnel, en se dirigeant de l'entrée vers la sortie du séchoir, c'est-à-dire de l'extrémité froide jusqu'à l'extrémité chaude.

Le séchoir est muni dans toute sa longueur de tuyaux destinés au chauffage, placés (le chaque côté des voies ferrées. Dans

la partie froide du séchoir, partie qui est la plus longue, ce sont (les tuyaux à ailettes qui échauffent l'air, ils sont traversés par de l'air chaud déjà chargé d'humidité par suite de son passage sur les produits à sécher. A ce premier mode de chauffage fait suite une autre série de tuyaux, alimentés celte fois par la vapeur d'échappement d'une machine motrice; enfin, à l'issue du tunnel, un calorifère élève la température de l'air à son maximum.

L'air du séchoir est mis en mouvement par des ventilateurs qui le forcent à circuler sur les produits à sécher et sur les tuyaux chauds. Ces ventilateurs, placés de 5" en 5'", chassent l'air perpendiculairement à l'axe et lui font traverser successivement les files de tuyaux.

Après avoir été en conlact successivement avec tous les produits placés sur les wagonnets et les tuyaux de chautîage qui sont voisins, l'air est appelé par le ventilateur qui l'ohlige à circuler dans un caniveau situé au-dessous du sol avant de retourner se mettre en conlact avec les produits et de recommencer plus avant un semhiable parcours. En outre de ce mouvement transversal l'air reçoit un mouvement dans le sens longitudinal en passant de l'extrémité froide jusqu'à l'extrémité chaude. Le mouvement dans le sens longitudinal est obtenu par un aspirateur qui enlève l'air saturé d'humidité eu le forçant à se rendre, par les tuyaux condenseurs, de l'extrémité la pins chaude vers l'extrémité la plus froide. Cet air saturé est continuellement remplacé par de l'air frais puisque l'entrée du tunnel n'est jamais fermée pendant le fonctionnement du séchoir. L'air saturé est lancé dans les luyaux qui chauffent la première partie du séchoir; la condensation de la vapeur d'eau est ainsi très bien utilisée.

En résumé les différents modèles (') de séchoirs peuvent être ainsi classés :

1° Séchoirs chauffés et aérés. — A ce groupe appartiennent les séchoirs placés au voisinage des fours : a, utilisant la chaleur

( ' ) On trouvera une étude détaillée des séchoirs dans La Céramique, années 1900- 1901 et 1901-1902.

perdue par radiation et par le refroidissement des briques cuites; b, pourvus d'une canalisalion dans le sol chauffé par la chaleur perdue du four, des foyers ou de la vapeur; c, pourvus de carneaux ou de tuyaux séparés du sol, chaudes par les mômes moyens.

2° Séchoirs ventilés et chauffés comprenant des produits stationnaires. — Ils diffèrent des précétients par radjoiiclioii d'un ventilateur.

3" Séchoirs chauffés et ventilés contenant des produits qui avancent et sèchent progressivement. — Dans les uns : a, la ventilation s'effectue dans le sens de la marche; dans les autres : h, la ventilation est faite en sens contraire.

Cuisson. — La cuisson d'une grande quantité de briques, comme celle que jirodnit une usine, s'effectue dans des fours continus. Le foin- Hoffmann est employé particulièrement pour la cuisson des briques avec les différentes modifications que lui ont dotmées les constructeurs depuis sa création. Sous la forme que nous avons déjà indiquée, le four Hoffmann est presque abandonné. Le canal circulaire a été remplacé par deux galeries droites, parallèles, réunies à leurs extrémités. La forme la plus connue en France s'appelle le four Simon. En Allemagne on a adopté pour le four Hoffmann une modilication analogue, mais, au lieu de construire deux galeries réunies par un passage brusque, on continue le canal aux deux extrémités et l'on relie les deux galeries par deux canaux demi-circulaires. La figure io5 donne une coupe transversale, puis deux coupes longitudinales : l'une suivant l'axe du four et traversant les canaux A de sortie, l'autre suivant l'axe d'une galerie. La coupe horizontale est complétée par une projection du toit du four montrant les trous de charge.

Le four Hoffmann circulaire avec un diamètre de 12™ fournit une livraison journalière de 2600 briques. Avec un grand four on peut surpasser de beaucoup celle production; les fours ordinaires ont été construits pour cuire de 6000 à iSooo briques.

Les fours continus, avec la disposition actuellement adoptée.

BRIQUES. 33l

se conslriiisent souvent avec de grandes dimensions; on rencontre Irès bien des fours ayant 5o" de long.

Parmi les nombreuses modifications que le four continu a reçues, il faut citer la suppression des cloisons métalliques et leur remplacement par des cloisons de papier que l'on fixe avec de la terre. Au lieu d'enlever la cloison il suffit de crever le papier avec une lige de fer quand on a établi plus loin une seconde séparation. La cloison prend feu et disparaît.

Kig. io5.

Au lieu des cloches que l'on employait pour ouvrir ou fermer les conduits du four, on se sert malmenant d'obturateurs plus faciles à centrer par suite de leur forme conique {fig. io6).

On construit le four en donnant aux galeries la forme rectangulaire surmontée d'une voûte en plein cintre ou peu surbaissée. Les dimensions varient naturellement avec la production. La section est comprise entre 3™' et jo™' et le cube d'enfournement

compris entre deux portes consécutives (cet espace formant un compartiment) mesure de 8'"' à 60"'. En moyenne on a adopté des écarts moins grands, soit de 20""' à 4o™', ce qui permet d'enfourner 10000 à 20000 briques.

L'alimentation du four Hoffmann se fait avec du cliarbon fin, des fines, combustible peu cher. La combustion est effectuée d'une manière très avantageuse, aussi réalise-t-on une gi'ande économie de combustible, économie qui peut dépasser la moitié

de la consommation du combustible des fours à la volée. On a indiqué jusqu'à 70 pour 100 sur les fours intermittents. Les qualités de ce genre de four ont amené la création de fours temporaires, construits pour une certaine durée avec moins de frais que les fours des usines fixes. On n'utilise la brique qu'aux endroits indispensables et l'on prend pour la garniture la terre environnante.

La conduite du four Hoffmann demande quelques précautions. Au début du chauffage il se dégage des quantités considérables de vapeur d'eau; la partie de la cuisson qui a pour l>ut d'opérer la dessiccation porte le nom fort impropre û' enfumage. Ces gaz, chargés de vapeur d'eau en grande quantité, dirigés sur des produits frais à dessécher, laisseraient condenser une grandie quantité d'eau sur les briques froides. Pour éviter ce grave inconvénient on a dû adopter une conduite parliculière du four. Certains industriels ont proposé même d'employer, pour cette première partie du travail, des foyers auxiliaires; cette solution n'est pas aussi coûteuse qu'elle le semble à première vue.

On peut aussi placer le registre en avant des briques crues fraîches et ne pas enlever ce registre avant que la dessiccation soit assez avancée pour ne pas amener de dépôt d'eau sur ces briques. Hoffmann a construit dans ses fours un dispositif spécial pour faciliter l'enfumage. Au moyen d'un canal additionnel on peut faire communiquer entre elles telles régions du four que l'on désire. On aspire alors de l'air provenant des chambres en refroidissement, et par conséquent de l'air chaud, sur les produits à sécher; cet air ne peut apporter d'humidité puisqu'il n'en renferme pus lui-même. Au moyen de tubes de tôles mobiles, que l'on adapte sur les trous de la voûte, on réalise aussi cette manœuvre.

Il n'y a pas d'inconvénient à puiser ainsi de l'air réchauffé sur les produits en défournement, car l'on a toujours de la chaleur on excès dans cette partie du four. Pour avoir de la régularité, on dispose deux canaux, l'un inférieur, l'autre supérieur, de manière à sécher dans toute la hauteur.

Dans le four Simon on suit une autre marche pour l'enfumage. On a pratiqué dans l'épaisseur des murs extérieurs, à l'entrée de chaque compartiment, un petit foyer qui communique avec l'intérieur du four par une ouverture, et qui reçoit le combustible par une seconde ouverture. Cette dernière peut se fermer très facilement, si besoin est, avec une plaque de tôle ou des briques. Au lieu de ces foyers, on se sert aussi de poêles mobiles à cloche se plaçant sur le four même. Ce dispositif n'occasionne pas une dépense supplémentaire importante de charbon, car le charbon brûlé là aurait été consumé dans le four si l'on avait suivi la marche théorique.

Une fois que l'on croit ne plus avoir à redouter de condensation on donne au four sa marche normale. Comme on peut craindre des accidents par suite de l'arrivée brusque de gaz très chauds, on peut ne faire arriver ces gaz que progressivement en ne fermant pas complètement le registre précédent, ou l'on maintient deux registres ouverts pendant le temps nécessaire.

L'avancement du feu varie avec le tirage. En marche lente, dans un four à 12 compartiments de 4", on avance de 4" par

24 heures; une allure rapide donnerait le double. En pratique, on peut accepter la moyenne.

Le four Hoffmann n'est vraiment utilisal)le que pour une production un peu grande, l'appaicil cuisant au minimum Sooo

Kig. 107.

briques par jour. Quand on se trouve en présence d'une production élevée, au contraire, un four peut être insuffisant; aussi dans de grands foui s a-l-on deux régions en feu. Il faut pour cela, par exemple, disposer d'au moins 24 compartiments.

336 CHAPITRE X. — TERKES CUITES.

La manœuvre d'un four moyen demande, pour la cuisson, un chef cuiseur et un aide.

M. Otto Bock a proposé de donner au four Hoffmann une disposition qu'il emploie depuis 1897. L'appareil se coml)ose d'un canal ayant la forme rectangulaire et le dispositif ordinaire du four Hoffmann. Dans le mur intérieur sont ménagées des ouvertures communiquant avec la cheminée et destinées à relier le four à la cheminée. 11 n'y a plus ni portes ni voûtes; tout le service du four se fait par la partie supérieure, comme le montre la figure. L'enfournement doit être disposé de telle sorte qu'il reste entre les briques des conduits longitudinaux pour permettre le passage des flammes; quant à la voûte, elle est formée de briques crues juxtaposées. Après la cuisson, ces briques sont à demi cuites; on les emploie alors pour constituer la sole dans une autre cuisson.

Ce four donne, entre autres avantages, une grande facilité pour la cuisson, car il s'adapte à tous les formats sans perdre de place; les trous de charge peuvent s'établir à la volonté de l'enfourneur.

Un four de 33°^ de long, ayant 3"^ de largeur et t™,5o de hauteur, est desservi par cinq ouvriers pour l'enfournement et le défournement de 10000 briques par jour.

Le four Hoffmann et ses dérivés ne sont pas les seuls fours continus employés par l'industrie briquetière. Le four tunnel Bock que nous avons décrit, associé à un séchoir Môller el Pfeifer {fig. 108 el 108 bis), donne de bons résultats.

Le dispositif de Bock tient moins de place que le four d'Hofmann. En associant les deux appareils : four Bock et séchoir Moller-Pfeifer, la fabrication est considérablement accélérée,, nous avons vu que le séchage tombait de plusieurs semaines à 24 heures, la durée de la cuisson s'abaisse à 36-6o heures.

Les figures 109 et 109 bis représentent un séchoir Môller- Pfeiffer installé à côté d'un four Hoffmann.

Briques creuses. — Dans la construction on n'emploie pas uniquement la brique ordinaire. Pour diminuer la charge, on a recours à des briques perforées, dites creuses. Le mode opéra-

BRIQUES. 33r7

toire qui permet de les obtenir est des plus simples : à la filière ordinaire on substitue une filière disposée comme l'indique le croquis ci-contre. Des parties pleines ménagées dans l'ouverture forment les creux dans le corps de la brique. Ces pièces sont maintenues par un étrier disposé à l'intérieur de la machine à briques.

Kig. iio.

— Façonnage en pâte ferme et à sec.

On a songé depuis fort longtemps à supprimer la dessiccation des briques en employant des pâtes aussi peu humides que possible; on peut même façonner avec des pâles sèches, qui ne renferment plus que quelques centièmes d'eau.

Pour travailler des pâtes dures il faut recourir à la pressée. Les machines employées à ce façonnage devant fournir un plus grand effort que les presses ordinaires, reçoivent une construction plus soignée que les machines précédentes. Dans certaines d'entre elles les moules sont contenus dans un plateau tournant qui vient passer entre le piston presseur et le bloc formant enclume. Un moule se remplit pendant qu'un autre se presse et qu'un dernier est démoulé. Nous avons déjà eu lieu de considérer une machine de ce genre en parlant du pressage à sec. D'autres machines sont construites comme la presse à rebattre mécanique que nous avons décrite. Elles fonctionnent sans plateau tournant. La terre arrive dans les moules, est pressée, démoulée et poussée hors de la presse automatiquement. On peut aussi produire looo à 3ooo briques à l'heure. La presse de Dorsten {fig. m) est conçue sur un principe différent, la pression est donnée par la chute libre d'un lourd mouton

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