V. — TUYAUX
Le tuyau de terre peut se fabriquer au moyen d'une croûte de pâte de largeur convenable que l'on enroule sur un cylindre. Au moyen d'une bague de terre additionnelle on forme un emboîtement s'il est besoin que le tuyau en possède un.
La tuyauterie de terre cuite se fait principalement à la machine. Pour les petits diamètres on utilise des machines à filières disposées avec une sortie horizontale. La filière est construite comme la filière à briques creuses; elle comprend un noyau cylindrique fixé au milieu d'une ouverture circulaire. Les machines employées à ce genre de travail sont souvent actionnées par un piston pressant la terre dans une boîte précédant la filière. Ce système ne donne qu'une propulsion intermittente.
En utilisant une paire de cylindres on réalise un débit continu. On a disposé des machines devant servir, par une manœuvre simple, au façonnage des divers produits nécessitant l'emploi d'une filière.
La grosse tu3^auterie demande des appareils plus puissants dans lesquels les tuyaux sortent verticalement. La filière, qui
dessous d'elle se trouve une table se déjîlaçant verlicalemeiit au moyen d'une crémaillère.
Au moyen des piliers qui supportent le bâti on peut guider ce
TUYALX.
[)IaleaLi. Un système de coulrepoids équilibre la lable et facilite ses mouvemenis que commande une manivelle.
Comme ces tuyaux présentent un emboîtement il est nécessaire de prendre quelques précautions. L'emboîtement du luyau sera produit pendant le façonnage en faisant descendre le tuyau sur une pièce tronconique, peu élevée, qui provoque un léger évasement.
On introduit d'abord dans la filière le mandrin destiné à former l'emboîtement, puis on fait monter la table de manière à la faire presser contre la fdière. Comme le mandrin est un peu plus grand que l'épaisseur de la filière, il n'y a pas adbérence parfaite entre la filière et la lable; il reste un pelit espace vide entre ces deux organes. Dès que l'on donne la pressée la pâte vient s'écouler de la filière et coiffer le mandrin formant moule. On arrêle la machine, on descend la lable et l'on enlève le mandrin. On remonte ensuite la lable et l'on fait fonctionner la presse.
Le tuyau et la table descendent et on laisse ce mouvement s'effectuer jusqu'à ce que la longueur voulue soit obtenue. On fait agir alors un appareil coupeur et l'on enlève le luyau après avoir fait descendre le plateau d'une hauteur suffisante pour une facile manœuvre.
A l'autre extrémité du tuyau, quand la pâte est un peu raffermie, on gratte la terre circulairement avec une pièce en form€ de peigne qui détermine des rainures, nécessaires pour assurer un scellement adhérent.
On fait avec de semblables machines des tuyaux d'un diamètre allant jusqu'à i"\
Pour des tuyaux moyens M. Joly a construit des presses qui peuvent servir horizontalement et verticalement.
La tuyauterie de terre cuite est notablement inférieure à la tuyauterie de grès. C'est surtout à la fabrication de ce genre de produits que servent les grandes presses que nous venons ('c décrire. Mais, comme elles sont utilisées pour la confection de beaucoup de produits de terre cuite auti^es que les tuyaux et, qu'en outre, un certain nombre de tuyaux dits de grès sont cuits en terre cuite, nous avons pensé que leur place se trouvait dans la fabrication des terres cuites.
Les tuyaux de terre se cuisent verlicalcmenl et en charge. Il n'existe pas de fours spécialement aptes à ce genre de cuisson, mais on utilise soit des fours à axe vertical, analogues aux fours à flamme directe servant à la cuisson de la faïence fine, soit des fours à axe horizontal continus ou non.