CORNUES A GAZ
line épaisse dans le moule du creuset el à remplir ce dernier. Une fois le moule plein de barbotine, on arrête l'arrivée du liquide et l'on emmène le moule et son contenu. Le moule contient une pièce additionnelle, un noyau qui représente la cavité du creuset.
Au bout de il\ beures, la masse a pris assez de consistance pour que l'on puisse enlever le noyau sans accident. Le jour suivant on procède à l'enlèvement du moule extérieur.
Ce procédé, mis en pratique par les Glashutten Werke Leonhardi, à Schwepnitz, donne de très bons résultats, supérieurs au travail à la main. Il est très expédilif. Le coulage d'un pot devant contenir aoc'^sà 225^^8 de verre demande de 45 minutes à I heure.
§ 3. — Cornues a gaz.
Les cornues qui servent à la préparation du gaz d'éclairage doivent être d'une qualité particulièrement satisfaisante. En outre de la dépense occasionnée par la rupture d'une cornue il faut compter la perturbation apportée dans la fabrication par un semblable accident. Il y a donc lieu d'apporter au façonnage de ces pièces un très grand soin afin de leur assurer une durée convenable.
La fabrication présente d'abord une première difficulté due à à la dimension et au poids de la cornue. Certaines cornues des usines à gaz modernes pèsent jusqu'à i5oo''s et mesurent 3"> de longueur.
Voici, d'après Seger quelques détails sur le mode de façonnage suivi à Berlin.
On a recours à deux argiles pour constituer l'élément plastique de la pâte : l'une est une terre kaolinique de Halle, l'autre une argile provenant du Nassau. Ces deux matières sont toutes deux éminemment réfractaires.
Les terres sont complètement séchées à l'air, puis écrasées entre deux cylindres el tamisées. La poudre ainsi obtenue est mouillée avec de l'eau chaude de manière à faire une bouillie
(') Thonindustrie Zeitung, 1871, p. o'p, et Segcr's Schiijten, p. -.';2. ^- 25
3S5 CIl.VPITUK XI. — PRODUITS RÉFRACTAIUKS.
claire que l'on agile avec des palelles de bois. Quand loule la masse forme une bouillie homogène on ajoute le cimeul. Ce cimenl provient de malériaux réfractaires ayant été forlemenl chaufTés, tels que des briques de ciment, des débris de cornues ou de gazettes provenant de la fabrication de la porcelaine. Il est important, quand on a recours à la gazelterie brisée comme cimenl, de débarrasser soigneusement les morceaux de toute trace de scories et d'impuretés capables de jouer le rôle de fondants dans la masse. On prend ce ciment en gros grains et, pour l'obtenir à l'état de grosseur voulue, on ne met dans la paie que ce qui passe entre deux tamis, dont l'un a des mailles de 3"^™ de longueur et l'autre des mailles d'environ i«™Me superficie. Tout ce qui passe dans le premier tamis est rejeté comme trop fin et les morceaux qui ne traversent pas le second tamis sont mis de côté comme trop gros. La forme du grain du tamis a aussi son importance; il faut que le ciment soit en forme d'éclats à arêtes vives si l'on veut obtenir une bonne adhérence du ciment à la matière plastique. Avec une substance comme le sable quarizeux ce résultat ne pourrait être obtenu, car, en cet état, la silice se présente sous forme de grains ronds à surface polie. Un moulin formé d'une paire de cylindres écartés de t^™ donne le genre de grain désiré. On reçoit la poudre d'abord sur le gros tamis, qui sépare les gros morceaux, puis sur le second, qui débarrasse le ciment moulu de la poussière trop fine. Le ciment est alors en morceaux dont la grosseur varie depuis celle d'ime tête d'épingle jusqu'à celle d'un pois.
La pâte est composée alors avec
Argile rie Halle >
Argile de Nassau | <, '>
Ciment
Le ciment est formé d'un mélange de 4 parties de ciment gros comme un pois et i partie de ciment fin.
On étale les matériaux en couche mince, puis on les arrose et, lorsque l'eau est suffisamment absorbée, on passe la masse au malaxeur. La pâte, pour subir le travail d'homogénisation qu'amèn3 le malaxage, doit être molle. Pour le travail ulléricur
CORNUES A GAZ. SSy
du façonnage on n'emploie pas une pâte aussi plasiique; par dessiccation on l'amène à perdre de l'eau et, par suite, à prendre de la dureté. On place aloi s la pâle sortant du malaxeur sur une surface carrelée, sous laf]uelle passe un courant de vapeur; révaporation se produit alors et on la laisse se prolonger jusqu'au moment où la masse se laisse encore presser. Cette pâte, qui n'a plus qu'une faible plasticité, est alors mise en ballons. On arrive à lui donner celte forme en la pressant fortement et en la battant. Une fois ceci terminé, on assemble les ballons les uns à côté des autres, on en fait un tas en posant des rangs les uns sur les autres; ce tas occupe une surface d'environ i"' et a une hauteur de i™. Si certaines parties semblent un peu sèches, on les arrose avec un peu d'eau. On fait ensuite de celle pile de ballons de terre une masse homogène en la frappant avec de lourds battoirs de bois. Avec des linges mouillés on recouvre le bloc de terre; on maintient ainsi une humidité régulière suffisante dans toute la masse. La terre ainsi préparée est abandonnée au repos pendant I ou 2 jours.
La pâle n'a qu'une faible plasticité. On la découpe en tranches de i'^™ à a"^'» d'épaisseur que l'on écrase à la main pour les introduire dans le moule. Ce dernier se compose d'un noyau de bois, formé de plusieurs morceaux d assemblés autour d'une âme centrale a et d'une enveloppe formée de deux parties que l'on peut maintenir solidement à l'aide d'armatures de fer que l'on réunit au moyen de boulons en /. Le noyau et l'enveloppe ont une forme déterminée par celle de la cornue. L'espace qui reste vide entre le noyau et son enveloppe (ô""^ à n"'" ) correspond à l'épaisseur de la cornue. Comme l'enveloppe aurait un poids considérable, si on la formait seulement de deux morceaux, on la compose d'une série de fragments échafaudés les uns sur les autres. L'enveloppe est alors cotistituée par une série de pièces identiques à celles que représente la figure. Leur mode de construction permet facilement de les superposer.
Pour faire une cornue on commence par placer une enveloppe sur une surface unie. On dépose alors une couche de pâte el on la lasse au moyen d'une masse de fonte pesant -i^^'i. Cette masse n'a pas une surface unie, la |)artie qui repose sur la pâte