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FAÏENCES ARCHITECTURALES

il facilitera la prise sur la face postérieure du carreau terminé. On démoule le carreau quand il a pris de la consistance et on le dépose sur un rondeau uni où il sèche lentement.

Les carreaux d'angles demandent un moule spécial formé de deux parties pour pouvoir opérer le démoulage.

Si l'on désirait faire des poêles ronds au lieu de poêles rectangulaires, on donnerait au moule une forme cintrée.

Les carreaux moulés, ne présentant pas une surface plane, sont mis à sécher après démoulage sur un support approprié à leur forme. L'omission de cette précaution peut amener des déformations. Quand la terre est devenue suffisamment dure, alors seulement on les pose debout.

La dessiccation des carreaux de poêles doit être régulière; on ne peut obtenir ce résultat qu'en opérant lentement. Si les pièces montrent une tendance au gauche on les redresse à la main. Ce travail est possible tant que la pâte a conservé un peu de souplesse.

Pour avoir un bon assemblage il faut que les juxtapositions des carreaux puissent se faire exactement, aussi une retouche consistant dans le raclage des bords des carreaux s'exécute-t-eile avant la cuisson.

Le façonnage à la main n'est pas seul employé. On a cherché à opérer mécaniquement et l'on a construit des presses dans ce but.

La presse à carreaux ressemble à une presse à vis pour tuiles. Elle comprend un moule dans lequel on fait descendre un mandrin. Ce moule reçoit une croûte et un colombin pour faire le rebord. On donne la pression verticalement. Pour avoir de bons carreaux cette seule pressée no suffit pas, aussi l'appareil est-il disposé pour exercer une pression latérale.

Ces presses à carreaux sont peu connues en France; on peut même dire que, dans ce pays, le façonnage par moulage est général. En Allemagne, depuis longtemps déjà, on fait du carreau de poêle à la presse. Nous allons donner quelques détails sur deux appareils récents, exposés en 1904 à Breslau.

Dans la presse Drescher, l'argile arrive dans un récipient quadrangulaire dont la section est un peu plus grande que la

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surface du carreau à obtenir. La charge d'argile renfermée dans ce récipient est suffisante pour 3o carreaux. Une fois le réservoir rempli, on le ferme et, au moyen d'une roue dentée agissant sur une crémaillère, on fait avancer un piston qui presse alors sur l'argile. La masse à la sortie du récipient rencontre un moule formé par plusieurs pièces de plâtre réunies par des bandes de fer. Une fois le moule rempli, un appareil coupeur vient séparer le carreau façonné du reste de la masse.

La machine Dechert est une presse à filière disposée d'une manière spéciale. Devant la filière se trouve une plaque maintenue par une charnière, et sur cette plaque sont fixées deux pièces profilées parallèles qu'un ressort tend à tirer l'une vers l'autre. Le noyau sur lequel va venir s'appliquer la plaque porte aussi deux pièces profilées sur deux côtés. Aussi, grâce aux ressorts, cette pièce est-elle maintenue sur la plaque, les deux profils de ce noyau venant s'emboîter entre les deux profils de la plaque. Pour faire un carreau on rabat la plaque garnie du noyau sur la filière. La pâte chassée par l'appareil vient s'introduire dans ce moule et le remplir. A ce moment on ouvre un peu le levier qui maintenait la plaque contre la filière et l'on fait descendre un fil tendu sur un cadre pour séparer le carreau moulé. La même presse peut faii'C le carreau d'angle (').

Les carreaux secs sont alors enfournés. L'enfournement se fait en charge.

La cuisson des carreaux de poêles se fait en biscuit d'abord, puis en émail. Les appareils utilisés sont variables avec les régions. Les poêliers français ont employé beaucoup le four dit carré servant à cuire la faïence stannifère; en Allemagne on a préféré souvent le four couclié à axe horizontal. Sous le nom de fonr suisse {schweizerojen) on désigne dans les ouvrages allemands un four, employé en Suisse, très analogue au four carré. Ces différents geiu-es de fours sont chauffés au bois. On peut utiliser aussi, et c'est ce que font de grandes usines, des fours comme ceux qui servent à cuire la faïence line.

Le four couché se compose d'une chambre votjtée dont les

(') Toiiindttstiie Zeittuisf, iQo'h P- ij3i, et M. S. I., 1904, p. 724.

FAÏKNGES AKCHITECTURALES. 46 I

dimensions varient de i™,6o à i"%9o de liauleiii- el de i'",75 à 2™,3o de largeur. La longueur présente de plus grands écarts : réduite à a'», 20 dans quelques modèles, elle a été portée parfois à 7™, ce qui est exagéré et peu commode au point de vue de la cuisson. La partie antérieure de la chambre est occupée par la chambre de combustion. Un mur de briques sépare celle partie du four de la région où l'on place les carreaux. En moyenne celte chambre occupe o™,-5 de longueur dans le four. Les gaz de la combustion pénètrent dans le four par des ouvertures ménagées dans le mur de séparation; en général, on dispose trois ouvertures (partant de la sole) dans le mur de séparation. C'est par ces orifices que la majeure partie do la (lamme pénètre dans le four; ces orifices présentent une surface moyenne de 2800'^"'"' environ, ils occupent la moitié inférieure du mur. A la partie supérieure de cette cloison de briques on a laissé aussi quelques vides dans les rangs de briques de manière à ménager un certain nombre de petites entrées ayant comme dimensions

6< m X 5cm ^

A la partie postérieure du four se trouve la porte, faisant face au foyer. La cheminée est construite à l'extrémité el part de la voûte au-dessus de la porte. C'est à peu près le dispositif du four représenté page 4o6.

L'enfournement d'un semblable four présente des particularités inléressantes. Dans la construction du four on a ménagé deux rainures horizontales dans les parois verticales, puis trois rainures longitudinales dans la sole, une dans le milieu et deux sur les côtés. Ce résultat est obtenu en donnant à la sole l'épaisseur d'une brique posée à plat au-dessus du sol du foyer. Au moyen de briques on ménage, dans toute la longueur de la charge, trois conduits. On place de chaque côté des rainures de la sole une file de briques, puis on recouvre le canal, constitué par les briques et les rainures, avec des plaques de terre cuite réfraclaire. Des rainures latérales servent à recevoir les plaques de terre cuite qui recouvrent les canaux latéraux el qui ont besoin d'un autre point d'a|»pui (lue les briques.

Les joints de ces plaques réfraciaires sont faits très larges à dessein. Au lieu de les amener au contact on laisse entre elles

un intervalle de 3"" environ. Entre ces canaux on disposera un rang de supports en terre réfractaire ayant la forme de troncs de cône creux assez hauts pour dépasser un peu les plaques de terre qui recouvrent les conduits. Sur ces supports on place un rang de plaques de terre cuite et l'on dispose, avec le soin voulu, ces plaques de terre de manière à obtenir une banquette bien plane et résistante. Cette banquette sert de support à une cloison que l'on établit en empilant des tuiles ou des plaques de terre de manière à faire un mur qui atteigne le sommet du four à 10'=°^ près environ. Les interstices des tuiles doivent être bouchés de sorte que ce mur constitue une cloison imperméable à la iïamme. Les gaz de la combustion ne peuvent passer qu'à la partie inférieure et à la partie supérieure du mur.

Une grande partie suit les trois canaux longitudinaux et traverse le four.

Dans l'enfournement des carreaux on doit éviter de serrer les pièces trop les unes sur les autres; il faut laisser une libre circulation aux gaz chauds.

La rapidité de la cuisson est liée à la nature de l'argile qui sert à la fabrication. Certains fours demandent un petit feu très lent, pouvant atteindre il\ heures, tandis que d'autres donnent de bons résultats avec une durée moitié moindre (*).

Les poêliers ont utilisé depuis quelque temps les fours servant à cuire la faïence avec le dispositif à flamme renversée. Ce système de fours, malgré ses défauts, est encore plus régulier que le four carré ou le four couché.

La glaçure qui recouvre les poêles est tantôt une glaçure stannifère, tantôt une glaçure plombeuse transparente colorée.

Voici la glaçure stannifère employée par Feilner, poêlier allemand dont les produits sont souvent cités comme exemple dans la littérature céramique :

o,53PbO o,o6CaO o,[oK20 o.3i Na- 0

o,2iAl205.3,43Si02 4- o,79Sn02.

(') BroMSE, Die Ofeii und Glasurfabrikation.

FAÏENCES ARCHITECïUUALES.

Ce qui revient à prendre :

Calcine à (43 pour loo d'étain) Carbonate de soude anhydre. . .

Carbonate de potasse

Craie

Sable quarlzcux

Sel marin

Cette glaçure est modifiable, suivant la nature du support, naturellement. On peut faire des glaçures moins coûteuses en diminuant la quantité d'étain; on peut descendre, dans la formule précédente, jusqu'à o,5SnO^.

L'introduction d'acide borique, l'enlèvement de l'alumine conduisent à des compositions plus fusibles telles que :

0,7 PbO 1

o,iNa20 [ 2,8Si02.o,2B20»+ o,5Sn02 o/iCaO I

Calcine (à 29 pour 100 d'étain)

Borax cristallisé

Craie

Sable siliceux

Sel marin

La préparation de la glaçure est faite plus simplement par beaucoup de poôliers qui se contentent de prendre de la calcine, du sable et du sel pour constituer leur glaçure.

Brômse indique (') :

Calcine (5o de plomb et i5 d'étain) ai

Sable 16

Sel marin '3

Dans d'autres formules il préconise l'addition de tessons, de feldspath et de potasse sous forme de salpêtre. Gomme glaçure stannifère on peut se servir avec succès de la

( 1 ) Loc. cit., p. 63.

composition suivynte quia l'avanlage d'êlre combinée plus logiquemenl que toutes les giaçures où il entre du sel :

Calcine faite avec ini alliage à pour loo d'étain. 4o

La glaçure stannifère n'est pas seule employée, on a recours aussi aux giaçures colorées plombeiises, avec ou sans alcalis.

La glaçure doit être friltée fortement avant Temploi, il faut insolubiliser les matériaux solubles dans Feau. Les faïenciers utilisant le four carré préparent leur mélange sous le four, mais ceux qui cuisent dans d'autres appareils cuisent leur mélange dans nn four coulant ou à sole.

La glaçure est écrasée, broyée, délayée dans l'eau et posée par immersion ou arrosemenl. Avant la pose de la glaçure on a redressé les carreaux, déformés par la première cuisson, en les usant sur une meule borizontaie sablée.

La seconde cuisson est faite à une température plus élevée que la première, l'émail étant dur à fondre. La température varie de la montre oi5 à ci.

On a apporté à cette fabrication des modifications. Au lieu d'émailler les carreaux avec des giaçures opaques blancbes, on a engobé la terre et posé, sur l'engobe, une glaçure transparente.

Enfin pour produire économiquement on a cberché à supprimer la deuxième cuisson et à émailler son cru. Une seule cuisson suffit alors. Cette manière de procéder est employée en Allemagne (').

Sable qiiarlzeux

Minium

Kaolin

Craie

(') T3i!("oisi:, /()(?. cit., p. ii5 et siiiv.

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