L — PRÉPARATION DES ARGILES
L'argile ne se présente pas toujours sous une forme qui permette son introduction immédiate dans la pâte. La manière dont on prépare l'argile varie avec les différentes fabrications. Dans certains cas on peut se servir de la terre, pour ainsi dire, telle qu'on la trouve; c'est ce qui se passe dans la fabrication de la brique de campagne. Le traitement à faire subir à la matière ar-
gileuse peut être parfois assez compliqué, comme lorsqu'il s'agil de rendre les terres assez i)ures pour servir à la préparation des pâtes à faïence ou à porcelaine. Les corps étrangers, que l'on se contente souvent d'écraser quand il s'agit de terre>> cuites, doivent être éliminés aussi complètement que possible, car leur présence occasionnerait des accidents fâcheux.
Il y a dans le traitement à faire subir à l'argile deux points à considérer : la préparation physique et la préparation chimique. Pour mettre l'argile en état d'entrer dans les pâtes, de former une masse plastique avec l'eau et de se laisser façonner, il sera nécessaire de diviser la terre en petits fragments se laissant facilement humecter et de donner à la masse une homogénéité physique aussi développée que possible. D'autre part, les matériaux accessoires que l'on rencontre dans les argiles sont souvent nuisibles à la qualité des produits. Les pyrites de fer, par exemple, amènent quelquefois la perte des pièces façonnées avec des terres trop impures. Un traitement chimique direct ne doit pas être employé, mais par lavage et décantation on réalisera la séparation plus ou moins complète de l'argile plastique et de ces impuretés.
Nous allons examiner les différents modes de traitement des argiles, nous réservant de revenir sur ce sujet, si cela est nécessaire, dans l'étude des diverses fabrications.
§ L — Exposition a l'air.
Au sortir de la carrière les argiles contiennent de l'eau d'interposition, qui, lors du dessèchement de la masse, détermine le fendillement et la rupture des mottes. L'évaporation, se produisant d'abord à la surface, détermine un retrait superficiel et, comme le reste de la matière n'y participe pas, il y a séparation de la partie externe qui se détache du massif central. L'action déshydratante se poursuivant, une nouvelle couche se dessèche et se brise à son tour, de telle sorte qu'au bout d'un temps suffisamment long tout le bloc argileux se désagrège de proche en proche et se brise en menus fragments. Avec une évaporation extrêmement lente les fissures se produisent plus