IX. — RACHEVAGE
§ 1. — TOURNASSAGE.
Sur le tour l'ébauche n'a permis de donner à la pâle qu'une forme grosse et épaisse; il faut, si l'on désire donner à la pièce de la finesse, arrêter ses contours avec un outil tranchant. Cette opération, dont nous avons déjà parlé, ne peut se faire que lorsque la masse ébauchée a acquis assez de consistance pour subir l'action de l'outil sans se déchirer. Les pièces ont parfois, avant le tournassage, une épaisseur telle, qu'une personne non prévenue aurait de la peine à pressentir la forme définitive.
§ 2. — Réparage.
Les pièces moulées laissent voir, après démoulage, la trace des coutures des moules. Le réparage a pour but de les faire
disparaître ainsi que les bulles, les cavités et les gerçures qui peuvent provenir du façonnage. L'enlèvement des coutures doit être effectué avec beaucoup de soin; fait sans attention il ne donne pas les résultats attendus, car la cuisson peut faire reparaître les sutures et coutures. Il faut non pas faire rentrer îes bourrelets de pâte, mais les enlever avec un instrument spéc.al, appelé gradine, et formé d'une lame tranchante barbelée.
Quand il s'agit de boucher des cavités l'ouvrier doit clio sir une pâte de même densité que celle de la pièce.
§ 3. — Découpage.
Le moulage ne permet pas d'obtenir directement des pièses ajourées. 11 faut mouler les surfaces en plein, puis effectier le découpage des parties à enlever. Le moule donnera en creux le contour de la partie à supprimer. Avec un couteau l'on viendra ouvrir tous les jours dès que la pièce sera en état de supporter le travail. C'est surtout lorsque les jours sont de forme allongée, comme les losanges, que la difficulté devient grande. Les 3aguettes peuvent gauchir et entraîner la déformation de la pièce.
Pour donner une idée de ce genre de travail on peut c.ter comme exemple le façonnage des pièces réticulées. Dans ces pièces un réseau de porcelaine enveloppe l'objet et laisse \oir à travers ses mailles la matière qui forme le corps des pièces. La partie extérieure est moulée, puis collée au vase; ce n'est qu'après celte opération que l'on fait le découpage.
M. Marc Larchevêque vient de proposer tout récemment un mode de façonnage assez simple, qui permet de produire facilement le découpage dans les assiettes à jours. Le meule dont il se sert porte une saillie dans chaque endroit où il doit y avoir un jour et le calibre est découpé de manière à présenter un creux à la zone on se trouvent ces saillies du moule. De cette sorte les moules sortent recouverts d'une assiette ornée de reliefs circulaires. Une fois sèche, l'assiette est tournassée, ce qui fait disparaître ces reliefs et détermine les jours, car les saillies du moule sont faites de manière à dépasser la hauteur normale de la pâle.
GARNISSAGE ET COLLAGE.
§ 4. — Estampage et moletage.
Au moyen de la molette, appliquée sur la pâte encore molle, 11 est facile de recouvrir les pièces d'un dessin répété. Un moule permettra de graver des ornements en relief sur des surfaces planes.
Il faut choisir pour ce travail le moment où la pâte est encore assez plastique pour subir facilement l'empreinte sans céder sous la (Pression du moule ou de la molette. Pour empêcher l'adhérence de la pâte à ces instruments et, par suite, l'arrachement, il est bon de graisser soit à l'huile, soit à l'essence, les surfaces en contact avec la pâte.
Quand la pâte n'est pas très plastique, comme c'est le cas de la pâte à porcelaine, on ne doit faire le travail du moletage ou de l'estampage que sur une surface épaisse, si l'on veut éviter la brisure.
Si l'eslampage est fait avec trop d'énergie, il produit des changements de densité dans la pâte, changements qui entraînent des altérations de forme.
§ O. — GuiLLOCHAGE.
Quand une pièce doit recevoir des côtes ou gaudrons ou bien des cannelures on peut recourir au moulage. Dans certains cas, un autre procédé donne le même résultat : c'est le guillochage. Le tour à guillocher ordinaire peut servir pour ce genre de travail; on doit disposer l'appareil de manière qu'il ne produise pas de secousses dangereuses pour la réussite des pièces.
Les poteries qui ont à subir le guillochage reçoivent fatalement des chocs, aussi est-il nécessaire de les ébaucher avec une épaisseur suffisante pour éviter des ruptures.