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X. — GARNISSAGE ET COLLAGE

Le façonnage ne donne pas toujours la possibilité d'obtenir l'objet que l'on désire d'un seul coup. Les agréments des G. i3

194 CHAPlTRJi VI. — FAÇONNAGE.

pièces, tels que les anses, devront être ajoutés sur le corps principal. Par le coulage on a pu simplifier la fabrication de certaines pièces, mais, pour la plupart des cas, on est obligé de procéder comme nous venons de le dire.

On donne le nom de garnissage à la préparation des pièces de ce genre et à leur application. Le plus souvent on moule les garnitures. Ce moulage des accessoires demande du soin car les inégalités dans la pression donnent des pièces défectueuses. Le démoulage nécessite aussi des précautions pour éviter tout gauchissement.

Certaines garnitures se moulent pleines, d'autres se moulent creuses soit pour diminuer leur poids, soit parce que leur destination l'exige. Les grandes anses et les becs de théières et cafetières sont dans ce cas. On se sert d'un moule en deux coquilles et, dans chacune, on moule avec une croûte de manière à former deux demi-canaux dont on unit bien les bords. On régularise ensuite l'intérieur du canal formé par la réunion des deux pièces et, une fois les garnitures moulées et détachées, on les répare immédiatement.

Il est bon de les placer sur des supports en plâtre de forme appropriée. Pour empêcher la garniture de sécher trop vile, on entretient l'humidité de la pièce; cette manœuvre est parfois nécessaire.

Les ornements qui ne portent pas de saillies peuvent se fabriquer par coulage. Quand il s'agit d'anses on a recours souvent à l'emploi de colombins creux préparés à la filière. On leur donne ensuite la courbure voulue après avoir aplani les extrémités oii doivent être les points d'attache.

Les garnitures une fois réparées on procède à leur application. Il faut pour cela que les deux pièces à réunir soient également sèches ou humides et puissent subir le même retrait.

Après avoir tracé la place des attaches des garnitures, l'ouvrier creuse légèrement des petits sillons croisés sur l'endroit où doit se faire l'application, puis pose avec un pinceau de la barbotine et colle la garniture. C'est ainsi que l'on opère sur des pâtes humides.

Quand les pièces à réunir sont sèches on opère de même.

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mais on se sert de barbotine gommée qui, séchant lentement, permet de faire contracler une adhérence suffisante.

Pour obtenir un bon collage il ne faut pas introduire, à l'endroit de l'attache, un excès de barbotine : celte barbotine, qui n'a pas la même densité que la pâle, par suite de la différence de retrait, amènerait des avaries.

L'application des becs se fait comme celle des anses. On devra, par exemple, entamer la pièce; la soudure s'opère alors sur les bords de la coupure.

Le collage, indépendamment de l'application des garnitures, sert à terminer aussi le façonnage.

Certaines pièces, à cause de leur forme, se font en deux ou plusieurs parties. Il est bon, pour obtenir un résultat satisfaisant, d'opérer rapidement et correctement, car il ne faut pas avoir à déplacer les pièces une fois mises au conlacl. On détermine l'adhérence comme nous venons de l'indiquer, en ayant soin de mettre en regard des surfaces coupées obliquement et non perpendiculairement.

Le garnissage est un travail qui demande de l'habitude et de la réflexion, car, si l'on ne tient pas compte du travail de la pâte pendant la cuisson, on s'expose à des mécomptes. Ainsi une tasse tournée ne doit pas être garnie de son anse, rigoureusement verticalement; il est nécessaire, si l'on désire une anse bien posée, de l'incliner légèrement en avant dans le sens contraire au mouvement du tour, car au feu la pâte continue à tourner et remet les choses en place.

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