‹ La céramique industrielleChapitre 58 sur 182 · I. — SÉCHAGE · texte numérisé non relu

I. — SÉCHAGE

Les produits céramiques une fois façonnés ne peuvent pas être directement portés au four pour être soumis à la cuisson; du moins c'est le cas général. On les soumet d'abord à la dessiccation pour leur faire perdre une grande partie de l'eau en excès qu'ils renferment. Placés immédiatement dans une enceinte à température notablement plus élevée que la température ambiante, ils sont exposés à se fendre et à se briser par suite du départ brusque de l'eau. Le retrait qui accompagne la volatilisation de l'eau amènerait des tractions déterminant des fentes et des ruptures, si le départ de l'eau interposée était trop rapidement amené.

Une dessiccation ménagée laisse l'évaporalion se produire sans accidents. Si, au contraire, l'évaporation est trop vive, la dessiccation est rapide à la surface, faible à l'intérieur, elle amène une contraction externe, alors que le centre est encore humide; de là proviennent les déchirures dont "nous avons parlé.

Si l'on examine ce qui se passe pendant qu'une pâte perd de l'eau, on voit que d'abord il y a diminution de volume pendant le départ de l'eau. Plus lard la pâte cesse de se contracter pendant que l'eau continue de se dégager.

Une pâte renfermant 3 d'argile et i d'eau, soit 76 pour 100 et 25 pour 100, subira un retrait moyen allant jusqu'à 8 pour 100; elle ne renfermera plus alors que 8 pour 100 d'eau. A partir de

198 CHAPITRE Vn. — SÉCHAGE ET ENCASTAGE DES POTKRIKS.

ce moment la contraction augmentera peu jusqu'à la dessiccation complète.

Suivant la nature des pâtes, on observera des différences dans la rapidité de la dessiccation et la valeur du retrait. Les pâtes kaoliniques auront un retrait moindre que les pâtes à base d'argiles plastiques; ce sont ces dernières pâtes qui demanderont le plus de temps pour la dessiccation.

L'évaporalion s'effectuant par la surface, et l'eau ne quittant la masse que par le moyen des canaux capillaires qui se sont formés dans la pâte, le séchage sera d'autant plus rapide que la surface sera plus grande par rapport au volume.

Dans les pièces minces on peut presque admettre que ces vues sont vérifiées; s'il s'agit, au contraire, de pièces épaisses, l'évaporation ne peut se faire que lenlement, puisque les seuls chemins aboutissant à la surface sont les canaux capillaires auxquels nous avons fait allusion.

La rapidité de la dessiccation a son intérêt. Suivant la forme de l'objet, suivant la texture de la pâle, il y aura lieu de prévoir les conséquences du départ de l'eau. On mettra, par exemple, des linges mouillés sur certaines pièces afin d'empêcher une évaporation trop rapide, évaporation qui causerait des désordres préjudiciables.

Pour obtenir la dessiccation des pièces on a recours à divers procédés. En considérant la question au point de vue général, on peut d'abord faire remarquer quelles sont les conditions nécessaires pour que l'évaporation de l'eau ait lieu.

Il faut que la pâte soit placée dans une atmosphère relativement sèche, autrement dit que le milieu ambiant ne soit pas saturé ou presque saturé de vapeur d'eau. Dans ce dernier cas, évidemment, la dessiccation ne peut se produire. C'est la saturation de l'air se chargeant d'humidité qui amène le séchage. Cet air, qui se charge de vapeur d'eau, doit être renouvelé, car, au bout d'un certain temps, il n'est plus apte à agir puisqu'il n'enlève plus d'eau. En outre, il y a à tenir compte de ce fait, c'est que le passage de l'eau liquide à l'état d'eau gaz absorbe de la chaleur, ce qui amène un refroidissement. Ce refroidissement occasionne un abaissement de la tension de la vapeur

Page 1